Demi-coques d'œufs de Pâques en chocolat au lait posées sur une table en bois, qu'une main met en place

Aphrodisiaques naturels : ce que la science confirme (ou pas)

Mardi, 15 h 20, cinq jours avant Pâques. Dans la petite chocolaterie au coin de sa rue, l'air sent le cacao torréfié et le beurre tiède. Derrière le comptoir, la vendeuse casse une plaque de chocolat noir — le craquement sec s'entend jusqu'à la porte. Coline — 27 ans, cheffe de rang dans une brasserie, en coupure entre les deux services — attend son tour pour les œufs de ses neveux. Sur une étagère, un coffret rouge l'arrête : des bouchées « aphrodisiaques » (chocolat noir, gingembre confit, une pincée de maca) et une étiquette calligraphiée qui promet de « réveiller le désir ». Elle goûte le carré de dégustation. Amer, puis fondant. Puis ce picotement du gingembre au fond de la gorge. « Ça marche, vous verrez », sourit la vendeuse. Coline achète le coffret, un peu pour rire, un peu pour voir — et passe le trajet du retour à se demander ce qu'il y a de vrai là-dedans.

La question mérite mieux qu'un haussement d'épaules. Sur le chocolat, la recherche la plus citée tient dans une étude italienne de 2006 menée auprès de 163 femmes : celles qui mangeaient du chocolat chaque jour avaient de meilleurs scores de fonction sexuelle… jusqu'à ce que les chercheurs tiennent compte de leur âge. L'écart disparaissait alors. Toute l'histoire des aphrodisiaques naturels ressemble à ce résultat — une piste séduisante, des essais minuscules, un effet qui fond quand on regarde de près. Voici ce que les études mesurent pour le chocolat, la maca, le ginseng et le gingembre. Et pourquoi les compléments « libido » vendus en ligne posent un vrai problème de sécurité.

Coffret rouge de chocolats avec une rose rouge posée en travers, près d'un bougeoir
Un coffret rouge, une rose : à l'approche de Pâques, les chocolats « aphrodisiaques » se glissent entre les œufs et les fritures.

Aphrodisiaque : de quoi parle-t-on, et comment le mesure-t-on ?

Un aphrodisiaque est d'abord une promesse d'étiquette. Pour la FDA (l'agence américaine du médicament), le mot désigne tout produit qui revendique d'éveiller ou d'augmenter le désir sexuel, ou d'améliorer la performance sexuelle. C'est la définition rappelée par une revue de 2015 consacrée aux aphrodisiaques naturels (West et Krychman, Sexual Medicine Reviews). Elle parle de ce que le produit affirme — pas de ce qu'il fait. Un aphrodisiaque n'a donc rien à prouver pour porter ce nom.

Pour savoir si une plante tient sa promesse, les chercheurs ne se fient pas aux impressions. Ils utilisent des questionnaires standardisés. Plusieurs des essais cités ici emploient le FSFI (Female Sexual Function Index), qui découpe la vie sexuelle en domaines — désir, excitation, orgasme, satisfaction, entre autres — et produit un score. Un essai solide compare ensuite deux groupes tirés au sort. L'un reçoit le produit, l'autre un placebo, et personne ne sait qui prend quoi (c'est le « double aveugle »).

Cette précision compte, parce que désir et excitation ne sont pas la même chose. Une plante peut modifier un score d'excitation — la réponse du corps, la lubrification — sans toucher à l'envie elle-même. Quand vous lisez « améliore la libido » sur un emballage, posez-vous trois questions. Quel domaine ? Mesuré comment ? Comparé à quoi ?

L'effet placebo, premier aphrodisiaque mesuré

Dans les essais sur les troubles sexuels féminins, le placebo produit à lui seul environ les deux tiers de l'effet des traitements. C'est ce qu'a calculé, en 2018, une méta-analyse publiée dans Obstetrics & Gynecology, qui a repris huit essais contrôlés sur les troubles sexuels féminins, tous mesurés avec le FSFI. Au total, 1 723 femmes avaient reçu un placebo et 2 236 un traitement actif (flibansérine, bupropion ou ocytocine par voie nasale, par exemple). Sous placebo, le score progressait de 3,62 points. Sous traitement, de 5,35 points. Conclusion des auteurs : 67,7 % de l'effet des traitements s'expliquait par le placebo.

Autrement dit, participer à un essai — penser à sa sexualité, en parler, attendre un changement — améliore déjà les scores. Ce n'est pas de l'imagination au sens péjoratif. C'est un effet réel, et il se mesure. Mais il change la lecture de toutes les études qui suivent : une plante qui « améliore la fonction sexuelle » sans groupe placebo ne prouve rien.

Un essai sur le ginseng rouge l'illustre presque trop bien. En 2015, des chercheurs ont donné du ginseng rouge ou un placebo à 41 femmes non ménopausées pendant huit semaines, avant d'inverser les groupes. Les 23 femmes allées au bout ont vu leur score grimper… dans les deux cas. De 20,13 à 23,98 avec le ginseng, de 20,06 à 23,78 avec le placebo. Aucune différence. Les auteurs parlent eux-mêmes d'un effet placebo substantiel.

Le chocolat augmente-t-il le désir féminin ?

Le chocolat n'a pas d'effet démontré sur le désir des femmes. L'étude qui revient partout a été publiée en 2006 dans le Journal of Sexual Medicine. Ses auteurs ont interrogé 163 femmes du nord de l'Italie, recrutées par annonce (35 ans en moyenne) ; les données étaient complètes pour 153 d'entre elles. Parmi elles, 120 mangeaient du chocolat tous les jours et 33 n'en mangeaient pas. Les amatrices quotidiennes avaient un meilleur score global — et un meilleur score de désir. Aucune différence, en revanche, pour l'excitation, la satisfaction ou la détresse sexuelle.

Ce résultat en dit plus sur l'âge que sur le cacao. Les mangeuses quotidiennes avaient en moyenne 33,9 ans, contre 40,4 ans pour les autres. Une fois cette différence neutralisée, les scores devenaient comparables. C'est une étude d'observation : elle décrit des habitudes, elle ne donne de chocolat à personne. Elle ne peut donc établir aucune cause.

Tablette de chocolat noir et carrés détachés sur une surface blanche
Caféine, théobromine, composés proches des cannabinoïdes : le chocolat procure un bien-être passager, pas un désir mesurable.

Et les molécules du chocolat ? Une revue de 2019 consacrée au cacao (International Journal of Environmental Research and Public Health) rappelle qu'il contient de la caféine, de la théobromine et trois composés qui imitent les cannabinoïdes. Ils pourraient activer les récepteurs cannabinoïdes ou augmenter le taux d'anandamide (un cannabinoïde produit naturellement par le cerveau). L'ensemble procure un bien-être passager. Mais sur la sexualité, la donnée qu'elle cite pour l'anandamide vient de rats mâles. Rien ne permet de transposer ce résultat à une femme.

La même revue fait une remarque qui vaut pour tous les rayons « santé ». Beaucoup d'études portent sur le cacao, pas sur le chocolat — et la transformation en tablette fait perdre au cacao une partie de ses polyphénols. Ce qu'on mesure en laboratoire ne se retrouve donc pas forcément dans un œuf de Pâques.

La maca améliore-t-elle la libido ? Un signal modeste, surtout après la ménopause

Chez les femmes, la maca n'a montré qu'un effet modeste, le plus net après la ménopause, dans une poignée de petits essais. Cette racine d'une plante des Andes — de la famille de la moutarde — se vend en poudre ou en gélules, et sa réputation dépasse de loin ses preuves. Une revue systématique de 2010 sur la maca a fouillé 17 bases de données. Elle n'a retenu que quatre essais contrôlés contre placebo. Deux suggéraient un effet positif — l'un chez des femmes ménopausées, l'autre sur le désir d'hommes adultes. Le troisième ne montrait rien chez des cyclistes ; le quatrième, chez des hommes souffrant de troubles de l'érection, rapportait un effet.

Le verdict des auteurs : des preuves limitées. Les essais sont trop peu nombreux, et leurs effectifs comme leur qualité méthodologique trop limités pour conclure.

L'essai mené chez les femmes ménopausées, publié en 2008, mérite qu'on s'y arrête : 14 femmes ont pris 3,5 g de maca en poudre par jour pendant six semaines, puis un placebo (ou l'inverse). Sous maca, leur anxiété, leur humeur dépressive et leurs scores de dysfonction sexuelle ont baissé — par rapport au départ comme au placebo. Leurs hormones (œstradiol, FSH, LH) n'ont pas bougé. Les chercheurs n'ont trouvé aucune activité œstrogénique ou androgénique dans la poudre : l'effet ne passait pas par les hormones.

Un essai publié après cette revue, en 2015, a été mené au Massachusetts General Hospital, à Boston. Il a testé la maca chez 45 femmes (41,5 ans en moyenne). Leur dépression était en rémission — mais leur antidépresseur avait abîmé leur vie sexuelle. Elles ont pris 3 g par jour, ou un placebo, pendant douze semaines. Sur l'évolution moyenne des scores, la maca n'a pas fait mieux que le placebo. Les rémissions ont été un peu plus fréquentes sous maca (30 % contre 20 % sur l'un des critères), sans différence statistiquement établie, et cet écart venait des femmes ménopausées. Sur 42 femmes analysées, seules 12 étaient ménopausées. D'où la prudence des auteurs : la maca pourrait soulager ces troubles après la ménopause.

Cuillère remplie de poudre claire au premier plan, poudres verte et brune en arrière-plan
Dans les essais, les femmes ont pris 3 à 3,5 g de racine de maca par jour, pendant six à douze semaines.

Côté sécurité, la maca a été bien tolérée — dans ces essais, du moins. Une revue de 2024 sur la maca (Frontiers in Pharmacology) la décrit comme généralement sûre, avec des effets indésirables rares. Cette tolérance vaut pour la racine étudiée, aux doses étudiées — pas pour un mélange vendu en ligne dont vous ignorez la composition réelle.

Le ginseng rouge : un effet sur l'excitation après la ménopause, rien de plus net

Le ginseng rouge n'a fait mieux que le placebo que dans un seul essai, chez des femmes ménopausées : l'appréciation globale des participantes y était meilleure, et leur score d'excitation a progressé sous ginseng. C'est la racine de Panax ginseng, cuite à la vapeur puis séchée. Parmi les essais consultés, deux essais croisés l'ont testé chez des femmes, avec la même dose : trois gélules d'un gramme par jour. Le premier (Journal of Sexual Medicine, 2010) portait sur 32 femmes ménopausées, 51 ans en moyenne ; 28 ont terminé l'étude. Le score d'excitation est passé de 3,10 à 3,50 sous ginseng.

Le second essai, en 2015, portait sur des femmes non ménopausées. Chez elles, le ginseng n'a pas fait mieux que le placebo. Bilan : deux essais, quelques dizaines de femmes, et un bénéfice modeste dans un seul. Une revue de 2010 sur les aphrodisiaques naturels (Shamloul, Journal of Sexual Medicine) voyait déjà une tendance favorable au ginseng — mais des études trop petites, et des données chez les femmes limitées. Sa conclusion générale est nette : les preuves disponibles ne soutiennent l'usage d'aucun aphrodisiaque naturel pour traiter les troubles sexuels, féminins ou masculins.

Femme d'une cinquantaine d'années assise en tailleur sur un canapé, une tasse entre les mains
Après la ménopause, un essai a vu l'excitation progresser un peu sous ginseng rouge ; avant, rien de plus qu'avec le placebo.

Le ginseng n'est pas anodin pour autant. Dans l'essai de 2010, aucun effet grave n'a été signalé, mais deux femmes ont eu des saignements vaginaux pendant la prise. Le centre américain de santé complémentaire et intégrative (NCCIH) précise — dans sa fiche mise à jour en février 2025 — que l'insomnie est l'effet indésirable le plus fréquent. Le ginseng asiatique peut aussi gêner la coagulation, faire baisser la glycémie et interagir avec certains médicaments. Et il pourrait être dangereux pendant la grossesse.

Le gingembre est-il aphrodisiaque ? Aucun essai consulté ne l'a testé seul

Rien ne permet de dire que le gingembre est aphrodisiaque : aucun des essais sur la sexualité féminine réunis pour ce guide ne le teste seul. Malgré sa réputation d'épice qui « réchauffe », il n'y apparaît que dans des mélanges. En 2023, un petit essai publié dans Medicina a suivi 41 femmes atteintes de dépression, traitées par sertraline (un antidépresseur) et souffrant de troubles sexuels. Pendant huit semaines, elles ont pris un complexe baptisé Aphrodite — gingembre, safran, cannelle, chardon et tribulus — ou un placebo. Troubles sexuels, humeur et anxiété se sont davantage améliorés sous Aphrodite.

Impossible, pourtant, de savoir ce que le gingembre y a apporté. Le safran, présent dans le même mélange, a ses propres essais favorables dans cette situation précise. Attribuer l'effet d'un cocktail à l'un de ses cinq ingrédients, c'est exactement le raisonnement qu'un emballage aimerait vous voir faire.

Main qui tient une racine de gingembre frais devant un fond clair
Les études sur le gingembre visent les nausées ; son effet sur le désir n'a pas été isolé dans les essais consultés.

Sur le gingembre, la recherche porte avant tout sur la digestion. D'après la fiche du NCCIH sur le gingembre (février 2025), il a été étudié contre plusieurs types de nausées, et pourrait aider en cas de nausées de grossesse. En complément, il peut provoquer un inconfort abdominal, des brûlures d'estomac, une diarrhée ou une irritation de la bouche et de la gorge. En cuisine, gardez-le pour ce qu'il apporte sans discussion : du piquant, du parfum — et un plat qu'on a envie de partager.

Safran, tribulus, yohimbe : les autres promesses des étiquettes

Parmi les autres ingrédients des compléments « libido », seul le safran s'appuie sur des essais cohérents, et seulement contre les troubles sexuels dus aux antidépresseurs ; le tribulus reste très incertain et la yohimbe est à éviter. Ces compléments associent rarement un seul ingrédient, et ces trois noms reviennent souvent, avec des niveaux de preuve (et de risque) très différents.

Le safran a été étudié dans une indication étroite. Une revue systématique de 2022 (Current Issues in Molecular Biology) a réuni dix essais contrôlés sur les troubles sexuels provoqués par les antidépresseurs. Une forte dose de maca, la SAMe et le safran pourraient les améliorer ; rien n'est ressorti pour le ginkgo ni pour la yohimbine. Aucun de ces essais ne dit que le safran augmente le désir d'une femme qui ne prend pas d'antidépresseur.

Le tribulus (Tribulus terrestris) a eu sa revue systématique en 2020 : cinq essais, 279 participantes, des scores de fonction sexuelle en hausse après un à trois mois. Aucun effet indésirable grave n'a été rapporté. Mais la certitude des preuves est jugée très faible — les prochaines études ont de bonnes chances de changer ces estimations.

La yohimbe, tirée de l'écorce d'un arbre (Pausinystalia johimbe), est à éviter. Sur sept ans (2000-2006), le centre antipoison de Californie a recensé 238 cas d'effets indésirables liés à la yohimbine. Dans 27,7 % des cas, le produit avait été pris dans un but sexuel. Troubles digestifs (46 %), cœur qui s'emballe (43 %), anxiété ou agitation (33 %), hypertension (25 %) figurent parmi les effets relevés. Et le dosage est une loterie. Sur 49 marques de compléments à la yohimbe analysées aux États-Unis (étude publiée en 2016), seules 11 indiquaient une quantité de yohimbine — le plus souvent fausse, de 23 % à 147 % de la dose annoncée.

IngrédientCe que montrent les essais chez les femmesSolidité des preuvesPoints de vigilance
ChocolatAucun effet propre : l'écart disparaît une fois l'âge pris en compteUne étude d'observation (153 femmes)Aucun signal particulier
MacaDysfonction en baisse après la ménopause (un essai de 14 femmes) ; bénéfice non démontré contre les troubles liés aux antidépresseursQuelques petits essais, preuves limitéesBien tolérée ; avis médical si traitement
Ginseng rougeExcitation un peu meilleure après la ménopause ; pas mieux que le placebo avantDeux petits essais croisésInsomnie, coagulation, glycémie, grossesse
GingembreJamais testé seul, présent seulement dans des mélangesAucun essai isolé parmi ceux consultésBrûlures d'estomac, troubles digestifs
SafranAmélioration possible des troubles liés aux antidépresseursQuelques essais contrôlésIndication étroite
TribulusScores en hausse après un à trois moisCertitude très faibleDonnées de sécurité limitées (aucun effet grave rapporté)
YohimbeAucun effet démontré sur les troubles liés aux antidépresseursAucun bénéfice démontré dans les essais consultésTachycardie, anxiété, hypertension ; risques qui pourraient dépasser tout bénéfice

Compléments « libido » achetés en ligne : le risque que l'étiquette ne dit pas

Le principal danger d'un complément pour le désir n'est pas la plante affichée. C'est ce qu'il contient sans le dire. Une analyse publiée en 2018 dans JAMA Network Open a passé en revue dix ans d'alertes de la FDA : entre 2007 et 2016, 776 compléments contenaient des substances pharmaceutiques non déclarées. Près de la moitié (353, soit 45,5 %) étaient vendus pour la sexualité. Dans 47 % de ces derniers, l'ingrédient caché était du sildénafil — la molécule du Viagra.

Ces chiffres viennent des États-Unis, et une partie de ces produits circulait par Internet : entre 2014 et 2016, 38,6 % des échantillons frauduleux avaient été repérés par des achats en ligne. Un produit sur cinq (20,2 %) contenait même plusieurs substances non autorisées. Les auteurs rappellent les risques : mauvais usage, surdosage, interaction avec d'autres médicaments ou avec une maladie existante. Dès 2010, la revue de Shamloul mettait en garde contre l'ajout frauduleux d'analogues du sildénafil aux aphrodisiaques « naturels ».

Comprimés blancs échappés d'un flacon couché sur un tissu vert sapin
Un complément « 100 % naturel » peut contenir une molécule de médicament que l'étiquette ne mentionne pas.

En France, l'Anses rappelle dans sa page sur la consommation des compléments alimentaires qu'un complément n'est pas un médicament. Il n'a pas besoin d'autorisation de mise sur le marché, il est simplement déclaré à l'administration, et il ne peut revendiquer aucun effet thérapeutique. Les compléments s'achètent principalement en pharmacie — mais l'achat sur Internet « s’est fortement développé chez les adultes depuis 2015, passant de 1 % à 11 % ». Pour limiter les risques, l'agence donne cinq conseils :

  • demander conseil à un professionnel de santé ;
  • éviter les prises prolongées, répétées ou multiples ;
  • respecter les conditions d'emploi ;
  • être vigilant quant aux produits présentés comme miraculeux ;
  • privilégier les produits vendus dans les circuits les mieux contrôlés.

Avant d'acheter : cinq questions à poser à une étiquette

Lire une étiquette de complément prend deux minutes.

  1. Où est-il vendu ? L'Anses conseille les circuits les mieux contrôlés. Dans son avis sur les compléments pour sportifs (2016), elle notait déjà que l'achat sur Internet expose davantage aux produits frauduleux ou adultérés.
  2. La dose de chaque ingrédient est-elle écrite ? Un « complexe exclusif » sans quantités ne vous dit pas ce que vous avalez — et pour la yohimbe, même les quantités affichées sont souvent fausses.
  3. Que promet-il ? Un complément n'a pas le droit de revendiquer un effet thérapeutique. « Traite », « guérit », « remplace un médicament » : autant de signaux d'alerte.
  4. Prenez-vous un traitement ? Anticoagulant, antidiabétique, antidépresseur, traitement du cœur : parlez-en à votre médecin ou à votre pharmacien avant tout ajout.
  5. Êtes-vous enceinte ou allaitez-vous ? Le ginseng pourrait être dangereux pendant la grossesse. Et l'on sait peu de chose de la sécurité du ginseng ou du gingembre en complément pendant l'allaitement.

Ce qui nourrit vraiment le désir : les causes avant les plantes

Une baisse de désir a des raisons, et elles se trouvent rarement dans le placard à épices. Le service de santé britannique (NHS), dans sa fiche sur la baisse de libido, cite les principales. Des difficultés de couple. Le stress, l'anxiété ou la dépression. Une sécheresse vaginale. La grossesse et l'arrivée d'un bébé. La baisse hormonale avec l'âge, en particulier à la ménopause. Certains médicaments (antihypertenseurs, antidépresseurs), la contraception hormonale, l'alcool en excès — et des maladies au long cours comme le diabète ou une hypothyroïdie. Sa logique tient en une idée : traiter la cause devrait aider le désir à revenir.

La contraception montre bien qu'une cause se discute. QuestionsSexualité, le site de Santé publique France, souligne que les études sur la pilule et le désir ne sont pas unanimes. Certains contraceptifs peuvent diminuer le taux de testostérone ; d'autres, faiblement dosés en œstrogènes, peuvent provoquer une sécheresse vaginale (un lubrifiant peut alors aider). Pour d'autres femmes encore, la pilule soulage des règles douloureuses — et libère de la place pour le désir. Sa consigne est simple : « En cas de baisse de libido, parlez-en à un professionnel de santé, des solutions existent. »

Couple en tablier qui cuisine côte à côte en souriant
Du temps partagé et de la complicité : ce que le rayon des compléments ne vend pas.

Chaque cause a ses solutions, détaillées dans notre guide sur la baisse de libido chez la femme, ses causes et ses solutions. Si le désir s'est émoussé avec les années plutôt qu'après un événement précis, les pistes pour raviver le désir dans un couple de longue durée vous seront plus utiles qu'une gélule. Et si l'envie est là mais que la routine a pris le dessus, des idées de préliminaires à essayer à deux changent souvent plus de choses qu'un coffret de bouchées.

Rien de tout cela n'interdit le chocolat, la maca dans un smoothie ou le gingembre dans un wok. Simplement, ils ne remplacent ni une conversation — ni une consultation. Vous attendez d'une plante qu'elle règle un problème qui dure depuis des mois ? C'est souvent le signe qu'il est temps d'en parler à quelqu'un.

Questions fréquentes

Existe-t-il un aphrodisiaque naturel scientifiquement prouvé ?

Non. Une revue de 2010 (Journal of Sexual Medicine) conclut que les preuves disponibles ne soutiennent l'usage d'aucun aphrodisiaque naturel pour traiter les troubles sexuels. La maca, le ginseng rouge et le tribulus ont quelques petits essais encourageants — trop peu, et trop fragiles, pour parler de preuve.

Le chocolat noir est-il plus aphrodisiaque que le chocolat au lait ?

Aucun des deux n'a montré d'effet sur le désir. L'étude italienne de 2006 observait une différence qui disparaissait une fois l'âge des femmes pris en compte. Choisissez votre chocolat pour son goût : c'est le seul critère que les études ne contredisent pas.

Combien de temps faut-il prendre de la maca pour voir un effet ?

Dans les essais, les femmes ont pris 3 à 3,5 g de maca par jour pendant six à douze semaines. Les effets restaient modestes, et observés après la ménopause. Aucun effet immédiat n'a été décrit. Si vous prenez un traitement, parlez-en d'abord à votre médecin.

Peut-on prendre du ginseng avec un traitement ?

Pas sans avis médical. Selon le NCCIH, le ginseng asiatique peut gêner la coagulation, faire baisser la glycémie et interagir avec certains médicaments. Certains experts le déconseillent pendant la grossesse et l'allaitement.

Pourquoi certains compléments « naturels » font-ils un effet si rapide ?

Parce qu'ils contiennent parfois un médicament caché. Sur 353 compléments « sexuels » épinglés par la FDA entre 2007 et 2016, 47 % contenaient du sildénafil (la molécule du Viagra) sans le déclarer. Un effet spectaculaire et immédiat est un signal d'alerte, pas un gage de qualité.

Un verre d'alcool aide-t-il le désir ?

L'alcool peut détendre sur le moment. Mais le NHS range l'alcool en excès parmi les causes de baisse du désir. Si l'envie ne vient plus qu'avec un verre, c'est une piste à explorer — seule ou avec un professionnel.

Quand faut-il consulter pour une baisse de désir ?

Dès qu'elle vous préoccupe, qu'elle dure, ou qu'elle a commencé avec un nouveau médicament ou une nouvelle contraception. Médecin généraliste, gynécologue, sage-femme ou sexologue peuvent chercher la cause avec vous. Comme le rappelle Santé publique France, des solutions existent.

Sources