Avril 2022. Ma fille avait cinq mois et dormait contre moi, dans l'écharpe de portage, quand j'ai ouvert l'enveloppe de la mairie — debout dans l'entrée, les clés encore à la main. Trois lignes. La commission d'attribution s'était réunie. Les places de septembre étaient pourvues, notre demande serait réexaminée à la session suivante. J'avais pré-inscrit ma fille pendant ma grossesse, confirmé la demande après la naissance, rappelé deux fois le service petite enfance. Je découvrais, un peu tard, qu'une pré-inscription ne garantit rien — sinon une ligne dans une liste.
Le lendemain matin — ma fille à peine réveillée — j'ai appelé le relais petite enfance. Trois semaines plus tard, nous avions visité trois assistantes maternelles et signé avec la deuxième — une femme posée, à dix minutes à pied, qui m'avait demandé comment ma fille s'endormait avant de parler d'argent. Ma fille est aujourd'hui en petite section. Je ne regrette pas ce choix. Mais j'aurais aimé, ce printemps-là, avoir sous les yeux une comparaison honnête : ce que coûte chaque mode de garde une fois les aides déduites, ce qu'il couvre (et ce qu'il ne couvre pas), et le bon moment pour s'y prendre.
Si vous cherchez en ce moment, commencez par ces chiffres. Selon l'enquête Modes de garde 2021 de la Drees, reprise dans le rapport 2024 de l'Observatoire national de la petite enfance (Cnaf), 56 % des enfants de moins de 3 ans sont gardés principalement par un parent en semaine. Viennent ensuite l'assistante maternelle (20 %), la crèche (18 %), les grands-parents ou un autre proche (3 %), l'école (2 %) et la garde à domicile (1 %). En face, l'offre reste courte — 60,3 places d'accueil pour 100 enfants de moins de 3 ans en 2022, toutes formules confondues. Ce guide compare les trois options sur quatre critères : le coût après aides, les horaires, la disponibilité et le vécu de l'enfant. Puis il déroule le calendrier des démarches.
Crèche, assistante maternelle, nounou : trois façons d'accueillir un bébé
Les trois grands modes de garde ne se distinguent pas seulement par le lieu. Ils reposent sur trois relations différentes — une structure qui vous facture un service, une professionnelle que vous employez chez elle, une salariée que vous employez chez vous. Ce statut décide de presque tout le reste. Le prix, les aides, la souplesse des horaires. Et ce qui se passe le matin où l'enfant a de la fièvre.
La crèche (le terme officiel est établissement d'accueil du jeune enfant, ou EAJE) recouvre plusieurs formules : le multi-accueil, qui représente 87 % des crèches financées par la prestation de service unique (PSU), la crèche familiale, la crèche parentale et la micro-crèche, limitée à 12 places. Quand l'établissement est financé par la PSU, vous payez selon un barème national. Il tient compte de vos revenus, du nombre d'heures réservées et du nombre d'enfants à charge. Votre enfant vit en groupe, avec une équipe.
L'assistante maternelle accueille votre enfant à son domicile, ou dans une maison d'assistantes maternelles (MAM) où plusieurs professionnelles travaillent ensemble. Elle est agréée par la Protection maternelle et infantile (PMI) de son département. C'est vous qui l'employez : vous signez un contrat, vous déclarez son salaire. En 2023, une assistante maternelle gardait en moyenne 2,4 enfants de moins de 3 ans — c'est le premier mode d'accueil des tout-petits après les parents eux-mêmes.
La garde à domicile — la nounou au sens strict — s'occupe de votre enfant chez vous. Vous pouvez l'employer seule (garde simple) ou la partager avec une autre famille (garde partagée). Là encore, vous êtes l'employeur, sauf si vous passez par une entreprise ou une association prestataire. Dans la conversation courante, « nounou » désigne aussi l'assistante maternelle. La confusion est fréquente — et elle brouille les comparaisons de prix.
| Critère | Crèche (barème PSU) | Assistante maternelle | Garde à domicile |
|---|---|---|---|
| Lieu d'accueil | l'établissement | son domicile ou une MAM | chez vous |
| Votre statut | usager | employeur | employeur (ou client d'un prestataire) |
| Ce que vous payez | un tarif calculé sur vos revenus | un salaire, des indemnités, les repas | un salaire, une partie des cotisations |
| Aides principales | tarif modulé, crédit d'impôt | CMG, crédit d'impôt | CMG, crédit d'impôt emploi à domicile |
| Taille du groupe | collectif | 2,4 enfants de moins de 3 ans en moyenne | votre enfant (deux familles en garde partagée) |
| Mode principal des moins de 3 ans (2021) | 18 % | 20 % | 1 % |
Combien coûte vraiment chaque mode de garde ?
Pour un temps plein, la crèche reste le mode de garde le moins cher pour la plupart des familles. L'écart se resserre quand les revenus montent, et il s'inverse quand le nombre d'heures baisse. C'est ce que montrent les cas-types calculés par la Cnaf pour l'Observatoire national de la petite enfance (ONAPE). Le scénario de base : deux parents qui travaillent, un seul enfant de moins de 3 ans, gardé 162 heures par mois (18 journées de 9 heures). Le chiffre retenu est le reste à charge — ce que la famille paie une fois le complément de mode de garde (CMG) et le crédit d'impôt déduits.
| Temps plein (162 h par mois) | Assistante maternelle | Crèche (barème PSU) |
|---|---|---|
| Foyer à 2 Smic : reste à charge mensuel | 306 € | 138 € |
| Foyer à 3 Smic : reste à charge mensuel | 312 € | 268 € |
| Foyer à 3 Smic : part des revenus | 7,4 % | 6,4 % |
| Taux d'effort selon les revenus | de 12,6 % (1 Smic) à 5,2 % (6 Smic) | entre 4,9 % et 7,2 % |
Au-delà de cinq Smic, le rapport s'inverse. L'assistante maternelle devient alors l'option la plus favorable, même si l'écart avec la crèche reste faible. La garde partagée à domicile laisse, elle, un reste à charge de 247 € par mois jusqu'à 1,5 Smic, de 344 € entre deux et trois Smic et de 411 € au-delà. Elle est compétitive pour les hauts revenus — coûteuse pour les autres.
Le nombre d'heures change aussi le classement. Pour 72 heures par mois (9 journées de 8 heures), l'assistante maternelle devient plus avantageuse dès que le foyer dépasse deux Smic. Pour 120 heures, les deux courbes se croisent entre trois et quatre Smic : à trois Smic, 163 € chez l'assistante maternelle, 161 € en crèche.
Pourquoi de tels écarts ? Parce que les deux systèmes ne se calculent pas de la même façon. En crèche, le tarif est proportionnel à vos revenus et au temps d'accueil — d'où un taux d'effort presque constant. Chez l'assistante maternelle, le CMG est une aide forfaitaire et plafonnée, modulée par tranches de revenus. Elle crée des effets de seuil. Et elle ne suit qu'en partie la durée de garde et vos ressources, si bien que les familles modestes y consacrent une part bien plus lourde de leur budget.
Ces cas-types reposent sur des hypothèses précises : 3,88 € nets de l'heure pour l'assistante maternelle (congés payés compris), 3,92 € d'indemnité d'entretien par jour, 3,90 € de frais de repas par jour. L'ONAPE le précise lui-même — ces moyennes gomment de fortes disparités d'un territoire à l'autre. Le tarif de votre quartier peut s'en écarter nettement.
CMG et crédit d'impôt : ce que les aides remboursent
Deux aides réduisent la facture d'une assistante maternelle ou d'une garde à domicile : le complément de libre choix du mode de garde (CMG), versé par la Caf, et un crédit d'impôt. En crèche PSU, l'aide est déjà intégrée au tarif. Seul le crédit d'impôt s'y ajoute.
Le CMG concerne les parents qui travaillent (sauf exceptions) et qui emploient directement une assistante maternelle agréée ou une garde à domicile, pour un enfant de moins de 6 ans. Il prend en charge une partie du salaire, selon vos revenus, ainsi que des cotisations sociales — dans la limite d'un plafond. Une réforme du CMG, votée dans la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2023, doit s'appliquer en 2025. Son objectif : rapprocher les restes à charge entre crèche et assistante maternelle.
Le crédit d'impôt pour frais de garde hors du domicile vaut pour la crèche, l'assistante maternelle et la garderie. Selon les règles détaillées par Service-Public sur le crédit d'impôt pour frais de garde, il représente 50 % des dépenses, retenues dans la limite de 3 500 € par enfant. Soit un crédit maximal de 1 750 € par an. L'enfant doit avoir moins de 6 ans au 1er janvier de l'année d'imposition. Les frais de nourriture sont exclus, et le CMG comme les aides de votre employeur se déduisent avant de déclarer.
Un exemple : si, CMG déduit, vos frais de garde (hors repas) atteignent 3 000 € sur l'année, le crédit d'impôt s'élève à 1 500 €. Au-delà de 3 500 € de frais, il plafonne à 1 750 €. Une avance de 60 % du crédit de l'année précédente est versée en janvier, le solde l'été. La première année, tout arrive donc d'un coup — à l'été.
Pour une garde à domicile, un autre dispositif s'applique. Selon les règles du crédit d'impôt pour l'emploi d'un salarié à domicile détaillées par Service-Public, il couvre 50 % des dépenses, dans la limite de 12 000 € par an, majorée de 1 500 € par enfant à charge (jusqu'à 15 000 €). La première année où vous employez directement une salariée, le plafond passe à 15 000 € (jusqu'à 18 000 € avec les majorations). Le CMG perçu se déduit, là encore, des dépenses déclarées.
Micro-crèche : un tarif qui ne suit pas le barème
Toutes les micro-crèches ne se valent pas sur le plan financier — et la différence ne se voit pas sur la porte d'entrée. Une minorité est financée par la PSU, comme les autres crèches. Elle applique alors le barème national, calculé sur vos revenus. La très grande majorité — 86 % des quelque 7 100 micro-crèches — relève d'un autre système. La structure fixe son prix, et c'est vous qui percevez le CMG dit « structure ». On parle de micro-crèche Paje.
Ce secteur grandit vite. En décembre 2023, on comptait 6 145 micro-crèches Paje, 12 % de plus qu'un an plus tôt ; 92 % appartenaient au secteur privé lucratif. Ce mois-là, 82 700 familles y avaient recours, avec en moyenne 142 heures facturées et un CMG moyen de 746 € par famille.
Pour ses cas-types, l'ONAPE retient un coût horaire moyen de 9,42 € en 2023, couches comprises. Un ordre de grandeur : 142 heures à 9,42 € représentent environ 1 340 € par mois. Retirez un CMG de 746 €, il reste près de 590 €. Après crédit d'impôt (1 750 € par an au maximum, soit environ 146 € par mois), le reste à charge avoisine encore 445 €. C'est bien plus que les 138 € à 268 € des cas-types en crèche PSU à deux et trois Smic.
Horaires, vacances, maladie : ce que couvre chaque mode de garde
La garde à domicile offre le plus de souplesse, la crèche le moins : c'est souvent la logistique qui décide si un mode de garde tient sur la durée.
En moyenne, les crèches financées par la PSU ont ouvert 220 jours en 2023, avec une amplitude de 11 heures par jour. C'est proche du nombre de jours travaillés d'un parent à temps plein qui prend ses congés. Mais les dates de fermeture sont celles de la crèche, pas les vôtres.
Chez l'assistante maternelle, les horaires sont fixés dans le contrat que vous signez ensemble. C'est un avantage si vous commencez tôt ou finissez tard — à condition de le négocier dès le départ. En contrepartie, ses congés et ses absences deviennent les vôtres à organiser.
Avec une garde à domicile, vous fixez les horaires en tant qu'employeur, et l'enfant ne quitte pas la maison.
La maladie, justement — c'est le point que l'on sous-estime le plus. Dans ses conseils de prévention de la bronchiolite, l'Assurance Maladie recommande de garder à la maison un enfant atteint de bronchiolite tant qu'il est malade : la fréquentation de la collectivité pendant la phase aiguë favorise la diffusion du virus. Quel que soit votre choix, prévoyez une solution de secours (un grand-parent, un proche, une journée de télétravail). Et vérifiez ce que prévoit votre convention collective pour les absences liées à un enfant malade.
| Situation | Crèche | Assistante maternelle | Garde à domicile |
|---|---|---|---|
| Horaires | fixes, 11 h d'amplitude en moyenne | fixés au contrat, négociables | les vôtres |
| Congés | fermetures de la structure | ses congés, à anticiper | ses congés, planifiés avec elle |
| Enfant malade | selon le règlement de la structure | selon le contrat | l'enfant reste chez lui |
Pourquoi une place en crèche ou chez une assistante maternelle est si difficile à trouver
La France comptait 60,3 places d'accueil formel pour 100 enfants de moins de 3 ans en 2022. Dans le détail : 31,5 places chez les assistantes maternelles, 23,3 en crèche, 3,3 à l'école maternelle et 2,2 en garde à domicile. Le taux progresse légèrement — surtout parce que les naissances baissent et que les micro-crèches se multiplient.
Derrière la moyenne, la géographie pèse lourd. La couverture va de 12 places pour 100 enfants en Guyane à 85 en Vendée. La Bretagne et les Pays de la Loire offrent environ 7 places pour 10 enfants ; la Seine-Saint-Denis, la Corse-du-Sud et La Réunion, moins de 4.
Le vivier d'assistantes maternelles, lui, se réduit — on en comptait 237 100 en activité en 2023, 4,3 % de moins qu'en 2022. La baisse dure depuis 2013. Leur âge moyen est passé de 44,6 ans en 2006 à 48,6 ans en 2023 — une profession qui vieillit, et dont les départs à la retraite pèseront sur l'offre. Le nombre de places en crèche PSU, lui, stagne autour de 420 400.
Résultat : 71 % des parents obtiennent le mode de garde qu'ils souhaitaient en premier. Si tous les premiers choix étaient satisfaits, 35 % des enfants de moins de 3 ans seraient accueillis principalement en crèche. Contre 18 % aujourd'hui.
Le vécu de l'enfant : ce que disent les études
Pour le vécu de l'enfant, aucune formule n'est mauvaise en soi, et les écarts mesurés par la recherche restent faibles. Ce qui compte d'abord, c'est la qualité de la relation entre l'enfant et les adultes qui s'occupent de lui.
En 2024, une méta-analyse de six cohortes de naissance publiée dans The Lancet Regional Health – Europe a rassemblé 87 208 couples parent-enfant dans cinq pays, dont les cohortes françaises EDEN et ELFE. Comparés aux enfants gardés exclusivement par leurs parents avant l'école, ceux qui ont fréquenté une crèche présentent un peu moins de symptômes dits intériorisés (anxiété, tristesse, repli sur soi) pendant l'enfance.
Trois nuances s'imposent. L'effet est qualifié de faible par les auteurs eux-mêmes. L'étude est observationnelle — elle constate une association, sans prouver que la crèche en soit la cause. Enfin, l'accueil dit informel (une catégorie qui mélange grands-parents, amis, nounous et assistantes maternelles) était associé, à l'inverse, à un peu plus de symptômes intériorisés entre 7 et 13 ans, et à un peu plus de symptômes extériorisés — difficultés d'attention, comportements agressifs. Les auteurs soulignent eux-mêmes l'hétérogénéité de ce groupe. L'étude ne permet donc pas de conclure sur une assistante maternelle agréée.
Du côté des parents, la satisfaction est élevée partout. D'après l'enquête de la Drees, 81 % se déclarent pleinement satisfaits du mode de garde principal de leur enfant. C'est le cas de 86 % des parents qui passent par une assistante maternelle, contre 74 % pour la crèche. Avoir obtenu son premier choix compte beaucoup — 87 % de satisfaction dans ce cas, 67 % sinon.
Chaque formule offre une expérience différente. La crèche propose des journées rythmées, en groupe, avec plusieurs adultes. L'assistante maternelle, un petit groupe et une figure de référence unique, dans une maison. La garde à domicile, les repères de l'enfant et un seul adulte. Pour nourrir ces journées, où qu'elles se passent, vous trouverez des idées dans notre guide des activités d'éveil adaptées à chaque âge.
Reste l'âge d'entrée. L'Assurance Maladie conseille, dans la mesure du possible, d'éviter l'entrée en collectivité avant 3 mois pour limiter le risque de bronchiolite. Un point à croiser avec la durée de votre congé maternité.
Le calendrier des démarches, de la grossesse à la rentrée
La recherche d'un mode de garde commence pendant la grossesse. Bien avant que l'on ait envie d'y penser. La contrainte de départ est connue. Selon Service-Public, pour un premier ou un deuxième enfant, le congé maternité dure 16 semaines — 6 avant la naissance et 10 après. Si vous reprenez le travail à l'issue de ce congé, votre bébé aura à peine dix semaines — avant les 3 mois conseillés pour l'entrée en collectivité. D'où l'intérêt d'y accoler des congés payés ou un congé parental, si votre situation le permet.
Pour la crèche, l'inscription se fait en mairie, selon des règles propres à chaque commune. La Ville de Paris, par exemple, indique sur sa page consacrée aux crèches que la demande se dépose « en général à partir du 6e mois de grossesse ». Elle « doit être confirmée après la naissance de l'enfant puis renouvelée régulièrement », et les places sont attribuées en commission. Renseignez-vous en mairie sur la date de la commission d'attribution — c'est à la rentrée de septembre, quand les plus grands partent à l'école maternelle, que se libèrent la plupart des places.
| Moment | Ce que vous faites |
|---|---|
| 4e et 5e mois de grossesse | estimer votre besoin en heures, lister crèches, micro-crèches et MAM, contacter la mairie et le relais petite enfance |
| 6e mois de grossesse | déposer la pré-inscription en crèche, demander la liste des assistantes maternelles agréées |
| 7e et 8e mois | visiter une ou deux micro-crèches, prendre de premiers contacts avec des assistantes maternelles |
| Naissance | confirmer la demande de crèche, déclarer la naissance à la Caf |
| Réponse de la commission | accepter la place, ou activer aussitôt votre plan B |
| Un mois avant la reprise | signer le contrat, planifier l'adaptation, prévoir une solution de secours |
Les relais petite enfance sont vos alliés de cette période. Ce sont des lieux de proximité, selon la définition reprise par l'ONAPE, qui informent à la fois les parents et les professionnelles de l'accueil individuel. On y obtient la liste des assistantes maternelles agréées du secteur — et, souvent, de l'aide pour comprendre le contrat. Pour caler ces démarches entre les rendez-vous de suivi, notre guide de la grossesse semaine par semaine vous donne les repères mois par mois.
Choisir une assistante maternelle ou une nounou
Recruter une assistante maternelle ou une garde à domicile, c'est choisir la personne avec qui votre enfant passera l'essentiel de ses journées. L'entretien mérite plus qu'une liste de tarifs. Pour une assistante maternelle, commencez par l'agrément délivré par la PMI. Il précise le nombre d'enfants qu'elle peut accueillir, et leur âge. Visitez le lieu d'accueil aux heures où les enfants sont là — pas seulement un samedi matin au calme.
Quelques questions ouvrent vraiment la conversation. Comment se déroule une journée type ? Où dorment les enfants, et comment respectez-vous le rythme de chacun ? Quelles sorties proposez-vous ? Comment me raconterez-vous la journée de mon enfant, le soir ? Que se passe-t-il pendant vos congés ou si vous êtes malade ? Les réponses disent beaucoup de la place accordée aux enfants.
Pour une garde à domicile, les mêmes questions valent — avec quelques ajouts : l'expérience auprès de bébés, les références d'anciennes familles, la réaction face à un imprévu. En garde partagée, organisez un entretien à trois (votre famille, l'autre famille, la candidate) et mettez par écrit la répartition des heures, des frais et des domiciles.
Dans les deux cas, vous devenez employeur. Le contrat de travail fixe les horaires, le nombre de semaines d'accueil par an, le salaire, les indemnités et les congés. Les salaires se déclarent via le service Pajemploi de l'Urssaf. Lisez chaque clause — c'est ce document qui fera foi le jour d'un désaccord.
Comment choisir son mode de garde : la grille de décision
Le bon mode de garde est celui que votre budget et vos horaires peuvent tenir sur la durée, pas celui qui a la meilleure réputation. Quatre questions suffisent souvent à trancher.
De combien d'heures avez-vous besoin ? Pour un temps plein, la crèche est la moins chère pour la plupart des revenus jusqu'à cinq Smic. Pour un petit temps partiel (72 heures par mois), l'assistante maternelle devient plus avantageuse dès deux Smic. Vos horaires sont-ils atypiques ? Départs très matinaux, retours tardifs, plannings variables : l'accueil individuel s'adapte mieux qu'une structure aux horaires fixes. Que propose votre territoire ? Avec moins de 4 places pour 10 enfants dans certains départements, la carte réelle des places compte plus que vos préférences. Qu'est-ce qui vous rassure ? Un collectif avec une équipe, une figure de référence unique ou votre propre maison : écrivez ce qui vous rassure, et organisez vos visites en fonction de cela.
Rien ne vous oblige à choisir une seule formule — c'est même rarement le cas. D'après la Drees, la moitié des enfants de moins de 3 ans combinent garde parentale et mode d'accueil payant, à titre principal ou complémentaire — une assistante maternelle quatre jours et le mercredi avec un parent, par exemple. Commencez par écrire vos trois chiffres : heures par mois, revenus du foyer, date de reprise. Puis confrontez-les aux cas-types de ce guide.
Questions fréquentes
À partir de quel âge un bébé peut-il aller en crèche ?
Il n'existe pas d'âge minimal unique : chaque établissement fixe le sien dans son règlement. L'Assurance Maladie conseille, dans la mesure du possible, d'éviter l'entrée en collectivité avant 3 mois, pour limiter le risque de bronchiolite. Avec un congé postnatal de 10 semaines pour un premier ou un deuxième enfant, beaucoup de familles ajoutent des congés pour atteindre cet âge.
Quand faut-il inscrire son enfant en crèche ?
Pendant la grossesse, le plus souvent. À Paris, la demande se dépose en général à partir du sixième mois de grossesse, puis doit être confirmée après la naissance et renouvelée régulièrement. Chaque commune fixe ses propres règles : renseignez-vous en mairie dès le quatrième ou le cinquième mois.
Crèche ou assistante maternelle : laquelle coûte le moins cher ?
Pour un temps plein, la crèche au barème PSU l'emporte pour la plupart des familles : 138 € de reste à charge mensuel contre 306 € chez une assistante maternelle pour un foyer à deux Smic, selon les cas-types de la Cnaf. Au-delà de cinq Smic, ou pour un temps partiel, l'assistante maternelle peut devenir plus avantageuse.
Le crédit d'impôt s'ajoute-t-il au CMG ?
Oui, mais il se calcule sur les frais restant à votre charge une fois le CMG déduit. Pour une crèche ou une assistante maternelle, il représente 50 % de ces frais, dans la limite de 3 500 € par enfant de moins de 6 ans, soit 1 750 € au maximum par an. Pour une garde à domicile, c'est le crédit d'impôt pour l'emploi d'un salarié à domicile qui s'applique.
Qu'est-ce qu'une maison d'assistantes maternelles (MAM) ?
Une MAM regroupe plusieurs assistantes maternelles agréées qui accueillent les enfants dans un local commun plutôt qu'à leur domicile. En 2021, 1 % des enfants de moins de 3 ans y étaient accueillis à titre principal.
Qu'est-ce que la garde partagée, et combien coûte-t-elle ?
Deux familles emploient ensemble une même garde à domicile, qui s'occupe de leurs enfants en même temps. Selon les cas-types de l'ONAPE, le reste à charge mensuel pour un temps plein est de 247 € jusqu'à 1,5 Smic, de 344 € entre deux et trois Smic et de 411 € au-delà. La formule devient intéressante pour les revenus élevés.
Que faire si mon enfant est malade un jour de garde ?
Pour la bronchiolite, l'Assurance Maladie recommande de garder l'enfant à la maison tant qu'il est malade, car la fréquentation de la collectivité à la phase aiguë favorise la diffusion du virus. Pour les autres maladies, c'est le règlement de la crèche ou le contrat de l'assistante maternelle qui fixe les conditions d'accueil. Prévoyez une solution de secours avant la reprise : un proche disponible, une journée de télétravail, ou ce que prévoit votre convention collective.
Sources
- Cnaf, Observatoire national de la petite enfance — L'accueil des jeunes enfants, édition 2024
- Service-Public — Frais de garde des enfants de moins de 6 ans : crédit d'impôt
- Service-Public — Impôt sur le revenu : crédit d'impôt pour l'emploi d'un salarié à domicile
- Ville de Paris — Crèches collectives : inscription et attribution des places
- Assurance Maladie (ameli.fr) — Prévenir la survenue de la bronchiolite
- The Lancet Regional Health – Europe (2024) — Early childcare arrangements and children's internalizing and externalizing symptoms: an individual participant data meta-analysis of six prospective birth cohorts in Europe