Dimanche, 9 h 40. Jade, 23 ans, étudiante en master d'urbanisme, pousse la porte de la seule pharmacie de garde du quartier. Odeur de gel hydroalcoolique, néon un peu trop blanc, une file de trois personnes devant elle. Le préservatif a glissé vendredi soir, vers 23 heures. Samedi, elle a laissé filer la journée ; le soir venu, elle s'est persuadée qu'il était trop tard — « pilule du lendemain », le nom disait bien le lendemain, et le lendemain s'achevait. C'est une amie qui l'a secouée ce matin. Au comptoir, la pharmacienne l'écoute et lui pose deux questions (la date de ses dernières règles, l'heure du rapport). Puis elle lui explique qu'il lui reste jusqu'à lundi soir pour une première molécule — et jusqu'à mercredi soir pour l'autre. Jade ressort avec un comprimé, un verre d'eau avalé sur place et une question qui la travaille : pourquoi personne ne le lui avait jamais dit ?
Jade n'a rien d'une exception. Dans le Baromètre santé 2016 étudié par Santé publique France, sur les 3 395 femmes de l'échantillon analysé, 1 783 situaient la limite d'efficacité de la contraception d'urgence à moins de 24 heures. Ce malentendu a un coût : une femme qui croit la fenêtre fermée ne va pas en pharmacie. Ce guide reprend ce qui compte — les deux molécules et leurs délais, l'effet du poids, l'accès gratuit en pharmacie depuis 2023 et l'option que l'on oublie presque toujours, le stérilet au cuivre.
Pilule du lendemain : deux molécules, deux délais différents
La pilule du lendemain n'est pas un médicament unique. En France, deux types de comprimés sont disponibles — et ils ne jouent pas dans la même catégorie de délai. Le premier contient du lévonorgestrel (1,5 mg, en un seul comprimé) — c'est le Norlevo et ses génériques. Le second contient de l'ulipristal acétate (30 mg) — c'est l'ellaOne. Dans les deux cas, on avale un seul comprimé, le plus tôt possible.
La différence tient au calendrier. Le comprimé au lévonorgestrel se prend au plus tard dans les trois jours (72 heures) qui suivent le rapport. Celui à l'ulipristal acétate reste utilisable jusqu'à cinq jours (120 heures). L'Assurance Maladie, dans sa page sur la prise de la pilule du lendemain, ajoute une consigne commune aux deux : si possible dans les douze heures après le rapport. Au-delà des délais, l'efficacité « diminue fortement ».
| Critère | Lévonorgestrel (Norlevo, génériques) | Ulipristal acétate (ellaOne) |
|---|---|---|
| Dose | 1,5 mg, un comprimé | 30 mg, un comprimé |
| Délai maximal | 72 heures (3 jours) | 120 heures (5 jours) |
| Idéalement | dans les 12 heures | dans les 12 heures |
| Sans ordonnance en pharmacie | depuis 1999 | depuis 2015 |
| Reprise d'une pilule habituelle | possible tout de suite, avec préservatif | à discuter avec le pharmacien (interaction possible) |
Comment agissent-elles ? Les deux molécules retardent l'ovulation. Les spermatozoïdes survivent jusqu'à cinq jours dans l'appareil génital — si l'ovule n'est pas libéré pendant cette période, la rencontre n'a pas lieu. C'est aussi pour cela que la pilule du lendemain n'est pas une méthode abortive — elle agit avant la fécondation, pas après. Et c'est pour cela qu'elle échoue quand l'ovulation a déjà eu lieu : elle n'a plus rien à retarder.
Les vrais délais de la pilule du lendemain : 12, 72 et 120 heures
Trois chiffres comptent : 12 heures idéalement, 72 heures pour le lévonorgestrel, 120 heures pour l'ulipristal. Le nom « pilule du lendemain » les masque, et l'étude de Santé publique France en montre l'enjeu : les femmes qui situaient correctement la limite (entre 24 et 120 heures) avaient eu recours à la contraception d'urgence plus souvent dans l'année (9,8 %) que celles qui la plaçaient sous 24 heures (3,9 %). L'étude ne tranche pas le sens du lien : mal connaître le délai freine peut-être le recours, ou c'est le recours qui apprend le bon délai.
- 12 heures — le délai idéal, quelle que soit la molécule. Plus la prise est rapide, moins l'ovulation a de chances d'être déjà en route.
- 72 heures — la limite officielle du lévonorgestrel. Les recommandations britanniques de la Faculty of Sexual and Reproductive Healthcare (FSRH) précisent qu'au-delà de 96 heures, les données suggèrent que cette molécule devient inefficace.
- 120 heures — la limite de l'ulipristal acétate. Selon ces mêmes recommandations, son efficacité ne baisse pas de façon significative entre la première et la cent-vingtième heure.
Ce troisième point compte pour les situations « limites » : un rapport le vendredi soir, une prise de conscience le lundi, un week-end prolongé sans pharmacie ouverte à proximité. Dans ces cas-là, l'ulipristal reste une option — et le stérilet au cuivre aussi (on y revient plus bas). Attendre n'est jamais une bonne idée, mais avoir dépassé 24 heures ne signifie pas qu'il est trop tard.
Quelle est l'efficacité de la pilule du lendemain ?
La pilule du lendemain n'est pas efficace à 100 %, même prise correctement — l'Assurance Maladie l'écrit en toutes lettres. Les recommandations de la FSRH donnent un ordre de grandeur pour l'ulipristal : environ 1 à 2 % des femmes qui la prennent après un rapport à risque sont malgré tout enceintes. Ce chiffre ne veut pas dire qu'une femme a « 98 % de chances » — tout dépend du moment du cycle. Prise juste avant l'ovulation, la pilule a beaucoup moins de marge qu'au début du cycle.
Les données comparatives vont dans le même sens — l'ulipristal acétate s'est montré plus efficace que le lévonorgestrel dans les essais retenus par la FSRH. Et les deux restent nettement moins fiables qu'une contraception régulière, raison pour laquelle la Haute Autorité de santé parle d'une méthode de « rattrapage » qui doit rester exceptionnelle.
Trois situations peuvent faire baisser l'efficacité d'un comprimé déjà avalé :
- Des vomissements dans les trois heures qui suivent la prise (ou de fortes diarrhées, précise le site public QuestionsSexualité) : il faut reprendre un comprimé.
- Certains médicaments, notamment ceux qui traitent l'épilepsie, la tuberculose ou le VIH. Beaucoup sont des « inducteurs enzymatiques » — ils accélèrent l'élimination des hormones par le foie.
- Un rapport non protégé après la prise : le comprimé ne couvre que le rapport qui a eu lieu avant.
Le poids change-t-il l'efficacité de la pilule du lendemain ?
Le poids peut réduire l'efficacité du lévonorgestrel, mais les études se contredisent, et les autorités européennes autorisent les deux pilules quel que soit le poids. C'est pourtant la question que beaucoup de femmes n'osent pas poser au comptoir.
En novembre 2013, à l'issue d'une procédure nationale et sur la foi de deux études cliniques, la notice du Norlevo a été modifiée : elle le disait moins efficace à partir de 75 kg et inefficace au-delà de 80 kg. La mise en garde a été inscrite dans le résumé des caractéristiques du produit, le document de référence des professionnels de santé. Puis un arbitrage européen a repris toutes les études disponibles, sur le lévonorgestrel comme sur l'ulipristal. Selon l'avis de l'Agence européenne des médicaments publié en juillet 2014, les données étaient trop limitées et pas assez solides pour conclure avec certitude à une baisse d'efficacité avec le poids.
Les chiffres expliquent ce flottement. Une méta-analyse de deux études — menées surtout auprès de femmes caucasiennes — trouvait un taux de grossesse sous lévonorgestrel de 0,96 % pour un indice de masse corporelle (IMC) entre 18,5 et 25, de 2,36 % entre 25 et 30, et de 5,19 % à partir de 30. Une autre méta-analyse, portant sur trois études de l'Organisation mondiale de la santé (surtout des femmes africaines et asiatiques), ne montrait aucune tendance : 0,99 %, 0,57 % et 1,17 % pour les mêmes tranches. Pour l'ulipristal, une possible baisse d'efficacité apparaissait (de 1,23 % à 2,57 % selon l'IMC), mais les intervalles de confiance se chevauchaient.
Le 30 septembre 2014, la Commission européenne a suivi l'avis — les deux pilules peuvent être utilisées quel que soit le poids. L'ANSM a relayé cette décision dans un point d'information, en rappelant l'essentiel : prendre la contraception d'urgence le plus vite possible.
Le Royaume-Uni a fait un choix plus nuancé. La FSRH recommande de proposer le stérilet au cuivre en premier à toute femme qui a besoin d'une contraception d'urgence, et y insiste au-delà de 70 kg ou d'un IMC de 26 : son efficacité n'est pas connue pour varier avec le poids. Viennent ensuite l'ulipristal, puis le lévonorgestrel, éventuellement à double dose (3 mg). Cette double dose a été testée depuis. Dans un essai commenté par la FSRH en août 2022, 70 femmes dont l'IMC dépassait 30 et le poids 80 kg ont pris le comprimé juste avant l'ovulation (follicule de plus de 15 mm, pic hormonal imminent). Le follicule s'est rompu dans les cinq jours chez 49 % d'entre elles sous 1,5 mg, contre 31 % sous 3 mg : une différence non significative. Ce chiffre décrit ce moment précis du cycle, pas l'efficacité globale de la pilule. La FSRH maintient donc son ordre de préférence, sans promettre de miracle au doublement.
Concrètement, qu'en retenir ? Le poids n'est jamais une raison de renoncer à la pilule du lendemain. Mais si vous pesez plus de 70 kg, il est légitime de demander au pharmacien si l'ulipristal ou un stérilet au cuivre serait plus adapté à votre situation. N'avalez pas deux comprimés de votre propre initiative — la décision d'une double dose se prend avec un professionnel.
Pilule du lendemain en pharmacie : gratuite, sans ordonnance, sans avance de frais
Depuis le 1er janvier 2023, la contraception d'urgence hormonale est délivrée en pharmacie de ville « gratuitement, sans prescription médicale et sans avance de frais », à toute personne — mineure ou majeure. C'est ce que détaille la page de l'Assurance Maladie consacrée à la contraception d'urgence gratuite. Vous choisissez votre pharmacie, vous n'avez besoin d'aucune ordonnance — et vous ne payez rien.
La mesure a mis fin à une situation à deux vitesses. En mars 2020, la Haute Autorité de santé rappelait encore que la pilule du lendemain était gratuite pour les mineures, mais remboursée à 65 % seulement pour les majeures — et à condition d'avoir une prescription. Une étudiante de 20 ans qui l'achetait sans ordonnance payait donc de sa poche.
Comment se passe la délivrance aujourd'hui ?
- Vous êtes majeure : la gratuité passe par votre carte Vitale, votre carte d'aide médicale de l'État (AME) ou une attestation de droits.
- Vous êtes mineure : la délivrance est anonyme et gratuite. Vous n'avez à montrer ni carte Vitale ni pièce d'identité. Comme l'écrit le site public QuestionsSexualité : « Une simple déclaration orale au pharmacien suffit. »
- Dans tous les cas : le pharmacien vous reçoit dans un espace qui permet la confidentialité, vérifie que la contraception d'urgence convient à votre situation et vous donne des informations sur les méthodes de contraception régulière.
Un dimanche ou un jour férié, la pharmacie de garde se trouve en appelant le 3237 (ou via l'affichette de la pharmacie la plus proche).
Infirmerie, centre de santé sexuelle, CeGIDD : les autres adresses de la pilule du lendemain
La pharmacie n'est pas la seule porte d'entrée — et pour une étudiante, ce n'est pas toujours la plus proche. L'Assurance Maladie liste plusieurs lieux où la contraception d'urgence hormonale est délivrée gratuitement :
- Les centres de santé sexuelle (anciens centres de planification) : délivrance gratuite et sans ordonnance, anonyme pour les mineures et pour les majeures sans couverture sociale.
- Les CeGIDD — centres gratuits d'information, de dépistage et de diagnostic du VIH, des hépatites et des infections sexuellement transmissibles — où la délivrance est anonyme et gratuite pour toute personne.
- L'infirmerie scolaire des collèges et lycées, pour les élèves mineures comme majeures.
- Les services de santé étudiante des universités, où la délivrance est anonyme et gratuite.
Ce maillage n'est pas récent. D'après l'article du Bulletin épidémiologique hebdomadaire de 2018, le lévonorgestrel est vendu sans ordonnance en pharmacie depuis 1999, les infirmières scolaires peuvent le délivrer depuis 2000, et les services de médecine universitaire depuis 2012. La loi impose aux pharmacies une délivrance gratuite et anonyme aux mineures depuis 2002. L'ulipristal, lui, n'est accessible sans ordonnance que depuis 2015.
Ce sont aussi ces lieux qui permettent de faire la suite — un dépistage des infections sexuellement transmissibles (la pilule du lendemain n'en protège pas) et une consultation pour choisir une contraception régulière. Avant 26 ans, la consultation, les examens de biologie et la contraception sont gratuits. Pour faire le tour des options, notre guide complet des méthodes de contraception compare la pilule, l'implant, l'anneau, le patch et les stérilets.
Si vous avez une question et personne à qui la poser, deux lignes répondent gratuitement et anonymement : Fil santé jeunes au 0 800 235 236, et le numéro vert « Sexualités, contraception, IVG » au 0800 08 11 11.
Le stérilet au cuivre, la contraception d'urgence la plus efficace
La méthode de contraception d'urgence la plus efficace n'est pas un comprimé. C'est le dispositif intra-utérin (DIU) au cuivre, que la Haute Autorité de santé décrit comme la méthode « de loin la plus efficace » jusqu'à cinq jours après la date présumée de l'ovulation. La FSRH rapporte un taux de grossesse inférieur à 0,1 % lorsqu'il est posé dans les délais — soit environ dix à vingt fois moins que sous pilule.
Pourquoi est-il si peu proposé ? Parce qu'il demande plus d'organisation. Il faut une ordonnance (médecin généraliste, gynécologue, sage-femme ou centre de santé sexuelle), aller chercher le dispositif en pharmacie, puis revenir pour la pose. Précisez bien, au moment de prendre rendez-vous, qu'il s'agit d'une contraception d'urgence : les délais sont courts. Avant 26 ans, le DIU au cuivre est gratuit, comme la consultation qui le prescrit.
Son grand avantage, au-delà de l'efficacité — il reste en place. Le rendez-vous d'urgence devient le point de départ d'une contraception de plusieurs années, sans comprimé à penser chaque jour. Son efficacité n'est pas connue pour varier avec le poids : les recommandations britanniques le proposent en premier à chaque femme, et d'autant plus quand l'IMC est élevé. Pour savoir à quoi ressemble la vie avec un stérilet, notre comparatif entre stérilet au cuivre et stérilet hormonal détaille les avantages et les inconvénients de chacun.
Lévonorgestrel ou ulipristal : comment choisir selon votre situation
Le choix se fait avec le pharmacien — mais il n'y a rien de mystérieux dans les critères. Voici ceux qui reviennent dans les recommandations.
| Votre situation | Ce qui est généralement conseillé |
|---|---|
| Rapport il y a moins de 72 heures, pas de contre-indication | Les deux conviennent ; l'ulipristal est un peu plus efficace ; le stérilet au cuivre reste le plus efficace |
| Rapport il y a 72 à 120 heures | Ulipristal ou stérilet au cuivre |
| Poids supérieur à 70 kg ou IMC supérieur à 26 | Stérilet au cuivre en premier, sinon ulipristal (recommandations britanniques) |
| Traitement contre l'épilepsie, la tuberculose ou le VIH | Stérilet au cuivre, ou avis du pharmacien sur la dose |
| Asthme sévère traité par un corticoïde oral | Ulipristal déconseillé : lévonorgestrel ou stérilet au cuivre |
| Vous prenez déjà une pilule, un patch ou un anneau | Les deux sont possibles ; demandez comment reprendre votre contraception |
Ce dernier point est le plus souvent oublié. L'ulipristal agit sur les récepteurs de la progestérone — pris en même temps qu'une hormone de synthèse de la même famille, il peut perdre en efficacité. Les recommandations britanniques demandent d'attendre cinq jours après l'ulipristal avant de démarrer une contraception hormonale, et de ne pas prendre de lévonorgestrel dans les cinq jours qui suivent. Le lévonorgestrel, à l'inverse, permet de reprendre sa pilule tout de suite. Dans tous les cas, le préservatif s'impose jusqu'aux règles suivantes.
Après la pilule du lendemain : règles, test de grossesse et contraception
Les heures qui suivent se passent en général sans histoire. Le site QuestionsSexualité liste les effets indésirables possibles : nausées, maux de tête, douleurs abdominales, légers saignements, règles en avance ou en retard, tension dans les seins, troubles de l'humeur. Ils sont le plus souvent modérés et disparaissent en général en 48 heures. La FSRH chiffre les plus fréquents (maux de tête, nausées, règles douloureuses) à environ 10 % des utilisatrices.
L'indicateur à surveiller, ce sont les règles suivantes. Leur date peut bouger de quelques jours dans un sens ou dans l'autre. Dans les essais sur l'ulipristal cités par la FSRH, 75 % des femmes ont eu leurs règles à la date prévue ou à sept jours près, et environ 20 % avec plus de sept jours de retard. Un retard n'est donc pas forcément une grossesse — mais il mérite un test.
Quand faire ce test ? L'Assurance Maladie le recommande si les règles ont plus de cinq jours de retard, ou si elles arrivent à la date prévue mais paraissent anormales (très peu abondantes, anormalement longues, accompagnées de douleurs inhabituelles). QuestionsSexualité conseille un test deux à trois semaines après la prise, même si des saignements sont apparus entre-temps. Un test urinaire de pharmacie suffit dans un premier temps.
Et si une grossesse survient malgré tout ? Les recommandations de la FSRH indiquent que ni le lévonorgestrel ni l'ulipristal n'interrompent une grossesse déjà en place, et qu'ils ne sont pas associés à des malformations. Vous gardez donc toutes les options — et le temps d'y réfléchir avec un professionnel.
Reste la suite. La pilule du lendemain ne protège pas des rapports suivants — QuestionsSexualité recommande de poursuivre votre contraception habituelle et d'utiliser des préservatifs jusqu'aux prochaines règles. Si vous n'aviez pas de contraception régulière, c'est le bon moment pour en parler. Et si vous envisagez d'arrêter celle que vous avez, ce qui se passe dans le corps à l'arrêt de la pilule vaut d'être lu avant de décider.
Cinq idées reçues sur la pilule du lendemain
« Elle ne marche que le lendemain. » Non. C'est le malentendu de Jade, et celui de 1 783 des 3 395 femmes de l'échantillon du Baromètre santé 2016. La fenêtre est de trois jours pour le lévonorgestrel et de cinq jours pour l'ulipristal — même si le plus tôt reste le mieux.
« C'est une pilule abortive. » Elle agit avant la fécondation : elle retarde l'ovulation et n'interrompt pas une grossesse installée. Les recommandations de la FSRH notent qu'elle ne provoque pas d'avortement et ne nuit pas à une grossesse très précoce.
« Elle rend stérile si on la prend plusieurs fois. » Non. La Haute Autorité de santé l'écrit sans détour : la contraception d'urgence hormonale « ne rend pas stérile et peut être prise chaque fois qu'il y a un risque de grossesse non prévue ». La FSRH ajoute qu'elle n'affecte pas la fertilité à long terme. Elle reste une méthode de rattrapage parce qu'elle est moins efficace qu'une contraception régulière — pas parce qu'elle serait dangereuse.
« Une fois prise, je suis protégée jusqu'à la fin du cycle. » C'est peut-être l'idée reçue la plus risquée. L'ovulation est retardée, pas supprimée : d'après la FSRH, la plupart des femmes ovulent plus tard dans le cycle après l'ulipristal. Le risque revient alors au moment où l'on se croit à l'abri.
« Les autres vont savoir. » Pour une mineure, la délivrance est anonyme. Pour une majeure, le pharmacien vous reçoit dans un espace confidentiel. Personne n'a à connaître votre histoire — c'est vous qui décidez de ce que vous racontez. Si c'est votre première fois ou presque, notre guide pour vivre sa première fois sans stress aborde aussi la contraception en amont.
Questions fréquentes
Jusqu'à quand peut-on prendre la pilule du lendemain ?
Jusqu'à 72 heures (trois jours) après le rapport pour le lévonorgestrel, et jusqu'à 120 heures (cinq jours) pour l'ulipristal acétate. Dans les deux cas, l'idéal est de la prendre dans les douze heures, car l'efficacité dépend surtout du moment de l'ovulation. Le stérilet au cuivre peut être posé jusqu'à cinq jours après le rapport.
La pilule du lendemain est-elle vraiment gratuite pour les majeures ?
Oui. Depuis le 1er janvier 2023, elle est délivrée gratuitement en pharmacie, sans ordonnance et sans avance de frais, à toute personne mineure ou majeure. Les majeures présentent leur carte Vitale, leur carte AME ou une attestation de droits. Les mineures n'ont rien à présenter : la délivrance est anonyme.
Peut-on prendre la pilule du lendemain plusieurs fois dans le même cycle ?
La Haute Autorité de santé indique qu'elle peut être prise chaque fois qu'il y a un risque de grossesse non prévue. Les recommandations britanniques précisent qu'on peut reprendre la même molécule après un nouveau rapport à risque dans le même cycle, mais qu'il ne faut pas prendre de lévonorgestrel dans les cinq jours qui suivent l'ulipristal. Le site QuestionsSexualité précise toutefois qu'une deuxième prise dans le même cycle peut être moins efficace : raison de plus pour faire le point sur votre contraception habituelle.
Mon poids peut-il rendre la pilule du lendemain inefficace ?
Les études se contredisent. En 2014, l'Agence européenne des médicaments a conclu que les données étaient trop limitées pour affirmer une baisse d'efficacité, et que les deux pilules restaient utilisables quel que soit le poids. Les recommandations britanniques proposent le stérilet au cuivre en premier, à chaque femme ; au-delà de 70 kg ou d'un IMC de 26, s'il ne vous convient pas, l'ulipristal passe avant le lévonorgestrel. Parlez-en au pharmacien.
Un homme peut-il acheter la pilule du lendemain pour sa partenaire ?
Oui. Le site QuestionsSexualité précise que la contraception d'urgence hormonale est accessible à toutes et à tous, y compris à un homme qui souhaite se la procurer pour sa partenaire. Le pharmacien posera des questions sur la date du rapport et le cycle : mieux vaut donc avoir ces informations sous la main.
La pilule du lendemain protège-t-elle des infections sexuellement transmissibles ?
Non. Elle agit uniquement sur l'ovulation. Seul le préservatif, masculin ou féminin, protège des IST. Après un rapport non protégé avec un partenaire dont vous ne connaissez pas le statut, un dépistage est possible gratuitement dans un CeGIDD ou un centre de santé sexuelle.
Faut-il faire un test de grossesse si les règles arrivent normalement ?
QuestionsSexualité conseille un test deux à trois semaines après la prise, même si des saignements sont apparus. Ils peuvent en effet être dus au comprimé lui-même. Un test est indispensable si les règles ont plus de cinq jours de retard ou si elles paraissent anormales.
Sources
- Assurance Maladie (ameli.fr) — Contraception d'urgence hormonale gratuite en pharmacie
- Assurance Maladie (ameli.fr) — Contraception d'urgence : quand est-elle nécessaire et où la trouver ?
- Haute Autorité de santé — Contraception d'urgence : pilule du lendemain ou DIU au cuivre (2020)
- QuestionsSexualité (Santé publique France) — Contraception d'urgence : comment ça marche ?
- Santé publique France, BEH n° 29 (2018) — L'utilisation de la contraception d'urgence en France métropolitaine en 2016
- ANSM — Contraception d'urgence hormonale : rapport bénéfice/risque jugé favorable quel que soit le poids de la femme (2014)
- Agence européenne des médicaments — Levonorgestrel and ulipristal remain suitable emergency contraceptives for all women, regardless of bodyweight (2014)
- Faculty of Sexual and Reproductive Healthcare — Emergency Contraception guideline (2017, amendée)
- FSRH Clinical Effectiveness Unit — Déclaration sur la double dose de lévonorgestrel et l'IMC élevé (août 2022)