Jeune femme en polo blanc et short en jean, chapeau noir et lunettes de soleil, devant la façade d'un café

Tenniscore : comment porter le style tennis en dehors du court

Hier matin, 9 h 12, dans l'ascenseur du bureau. Une collègue de la compta m'a regardée des chaussures jusqu'au col (lentement, très lentement), puis elle a souri : « Tu joues à quelle heure ? » Je portais un polo blanc en piqué de coton, une jupe plissée blanche qui s'arrêtait au-dessus du genou, des chaussettes blanches remontées sur la cheville et mes baskets en cuir blanc. Quatre pièces, une seule couleur, aucune intention sportive. Roland-Garros avait lancé son tableau principal deux jours plus tôt — je trouvais le clin d'œil malin. Dans le miroir de l'ascenseur, j'avais surtout l'air d'attendre qu'on me libère un court.

À midi, j'ai enfilé le blazer marine qui vit sur le dossier de ma chaise (il sert aux réunions imprévues et à la clim réglée sur « banquise »). Même jupe, même polo, mêmes chaussettes — et plus personne ne m'a demandé mon classement. Une seule pièce de ville avait suffi à désamorcer le costume. Pas à en faire une vraie tenue : sous ce blazer, il restait quatre pièces de court.

C'est tout le principe du tenniscore, la tendance qui pioche dans le vestiaire du tennis pour l'emmener en ville : le polo, la jupe plissée, le pull torsadé à col V, les chaussettes blanches. Portées toutes ensemble et en blanc intégral, ces pièces font uniforme de club. Une seule, glissée parmi ce qui dort déjà dans ton placard, suffit à donner le ton. Entre les deux, il y a une poignée de règles simples — et un siècle d'histoire qui explique pourquoi ces vêtements marchent si bien hors du court.

Presque toutes ces pièces ont commencé par une petite insolence.

Jeune femme en jupe plissée brune et pull sans manches à col V bleu clair porté sur une chemise blanche
Une jupe plissée brune et un pull sans manches à col V liseré : deux pièces de club, adoucies par une chemise blanche et une couleur qui n'a rien du court.

Le tenniscore, c'est quoi exactement ?

Le tenniscore désigne une façon de s'habiller qui reprend les codes du tennis — polo ajusté, jupe plissée, pull torsadé à col V, chaussettes blanches, baskets en cuir, casquette ou bandeau — pour les porter au quotidien. Le suffixe « core » vient du vocabulaire des réseaux sociaux, où il accole une esthétique à un univers (le cottagecore et ses robes à fleurs, le normcore et ses baskets de papa). Ici, l'univers, c'est le club de tennis version carte postale : terre battue, gazon tondu, citronnade à l'ombre (et personne ne transpire).

Non, la tendance n'est pas née avec un film. En juin 2023, L'Officiel titrait déjà « Comment adopter la tendance Tenniscore que l'on voit partout ? », avec ce sous-titre : « La dernière obsession athleisure de la mode fait déjà des vagues. » Le mot circulait donc depuis au moins deux saisons quand Challengers est sorti en France (le 24 avril 2024).

Le film de Luca Guadagnino a en revanche servi d'accélérateur. Ses costumes sont signés Jonathan Anderson — alors directeur artistique de Loewe. Pendant la tournée de promotion, Zendaya a enchaîné les tenues inspirées du tennis, stylées par Law Roach — dont une robe argentée Loewe à jupe plissée, portée avec des escarpins dont les talons transperçaient des balles de tennis. « I wanted to be literal, I wanted to have this cultural moment and bring tenniscore back to the masses », expliquait le styliste au Los Angeles Times, cité par Tennis.com. Littéral, c'est le mot (des balles de tennis dans les talons, difficile de faire plus littéral).

L'effet s'est vu jusque dans les caisses. Juste avant l'édition 2024 de Wimbledon, le quotidien économique londonien City A.M. rapportait que les ventes de produits dérivés du tournoi avaient bondi de 54 % en volume sur un an, un boom attribué au tenniscore et à Challengers. Et cette semaine, la tendance a retrouvé son décor naturel : le tableau principal de Roland-Garros a démarré le dimanche 25 mai, et les finales de simple se jouent les 7 et 8 juin. Deux semaines pendant lesquelles Paris vit à l'heure de la terre battue — et où les polos sortent des placards.

D'où vient le blanc du tennis ?

Le blanc du tennis est plus vieux que le tennis lui-même. L'exposition « Mode et sport, d'un podium à l'autre », présentée par le musée des Arts décoratifs de Paris du 20 septembre 2023 au 7 avril 2024, le faisait remonter au jeu de paume — l'ancêtre du tennis. On y découvrait que « la couleur blanche, encore associée au tennis aujourd'hui, trouve déjà ses racines dans cette pratique ancienne ».

Un tournoi a transformé cette habitude en règlement : Wimbledon. Le code vestimentaire publié par Wimbledon exige une tenue « almost entirely white » (presque entièrement blanche) dès l'entrée dans l'enceinte du court. Il précise, noir sur blanc (pardon), que le blanc n'inclut ni le blanc cassé ni le crème. Un liseré de couleur est toléré autour du col et des poignets, sur un centimètre de large au maximum (oui, le règlement parle bien de mesurer). Casquettes, bandeaux, poignets éponge et chaussettes doivent être entièrement blancs, à ce même liseré près. Seul assouplissement notable, depuis l'édition 2023 : les joueuses peuvent porter un sous-short uni de couleur moyenne ou foncée. Une condition, tout de même — qu'il ne dépasse pas de la jupe ou du short.

Pourquoi ça te concerne, toi qui ne joues pas ? Parce que ce règlement décrit à la lettre ce qui fait « tenue de match » : du blanc optique partout, de la casquette aux lacets. En ville, le raisonnement s'inverse. Le crème et l'écru, bannis du gazon, deviennent tes meilleurs alliés — ils gardent la fraîcheur du blanc sans l'effet uniforme. Et le liseré marine ou bordeaux, toléré au millimètre près à Wimbledon, peut s'élargir chez toi en rayure franche.

Gros plan sur la terre battue ocre d'un court de tennis, traversée par une ligne blanche
La terre battue de fin mai : le décor rêvé du tenniscore, mais pas une raison de s'habiller comme sur le court.

Le polo : la chemise aux manches coupées de René Lacoste

Le polo est né d'un geste simple : couper des manches. Dans les années 1920, les joueurs disputaient leurs matchs en chemise à manches longues — peu pratiques, forcément. René Lacoste, champion français surnommé « le Crocodile », les raccourcit — une révolution à l'époque, parce qu'un homme en bras de chemise était alors associé aux ouvriers ou aux agriculteurs. En 1926, il adopte pour cette chemise courte un jersey de coton — la maille que portaient les officiers britanniques pour jouer au polo en Inde. D'où le nom.

En 1933, René Lacoste s'associe à André Gillier (un industriel de la bonneterie) pour fonder l'entreprise qui commercialise cette chemise. Le modèle, taillé dans un « jersey petit piqué (tissu léger et aéré) », porte le nom de code L.12.12 : L pour Lacoste, 1 pour le coton petit piqué, 2 pour les manches courtes, 12 pour le nombre de versions. Son col en maille côtelée tient droit et protège la nuque du soleil. Un petit crocodile brodé s'affiche sur la poitrine — pour la première fois, une marque se voit ostensiblement sur un vêtement.

Le musée des Arts décoratifs range ce polo parmi les tout premiers vêtements conçus spécialement pour le sport, « tel l'incontournable polo Lacoste ». Outre-Manche, Fred Perry — triple vainqueur de Wimbledon de 1934 à 1936 — lance le sien pendant le tournoi de 1952, avec une couronne de laurier à la place du crocodile. Le crocodile et le laurier sont restés ; le court, lui, est loin.

Côté coupe, deux détails trahissent encore un polo de sport : le pan arrière plus long que le devant (pensé pour ne pas sortir du short pendant un service) et les manches bord-côte serrées sur le bras. Rien de rédhibitoire. Tu hésites entre deux tailles ? Prends celle qui tombe juste aux épaules, pas celle qui moule. Et si tu cherches un polo « ville », vise un ourlet droit et des manches un peu plus amples — ou carrément la version à manches longues en maille côtelée, qui se porte jusqu'en octobre.

Homme portant un polo blanc à col en maille côtelée et boutons apparents
Le piqué de coton et le col en maille côtelée : les deux signatures du polo depuis les années 1930.

La jupe plissée : l'héritage de Suzanne Lenglen

La jupe plissée doit presque tout à une Française : Suzanne Lenglen. En finale de Wimbledon, en 1919, elle joue sans corset, en chemisier à manches courtes et jupe plissée à mi-mollet, face à une adversaire en manches longues et jupe sous le mollet. Au début des années 1920, le couturier Jean Patou se met à l'habiller, et tout bascule. Le Musée national du sport décrit la silhouette qui en sort : « robe plissée de soie blanche au-dessus des genoux, bas blancs, cardigan sans manches, foulard chatoyant nouant ses cheveux, chaussures de toile ».

Au-dessus des genoux. Dans les années 1920. Sur un court. Il faut mesurer l'audace. Lenglen joue aussi maquillée (en pleine partie, oui), avec un bandeau noué autour de la tête qui devient sa signature. Et tu croises peut-être son nom cette semaine sans y penser : le deuxième grand court de Roland-Garros — le court Suzanne-Lenglen — porte son nom depuis 1997.

La jupe courte a continué à faire des vagues. En 1949, l'Américaine Gussie Moran se présente à Wimbledon dans une robe dessinée par Ted Tinling — assez courte pour laisser voir une culotte bordée de dentelle. Les photographes se battent pour les angles bas, la presse la baptise « Gorgeous Gussie », l'affaire remonte jusqu'au Parlement britannique — et Tinling, qui était l'hôte officiel des joueurs, est tenu à l'écart du tournoi pendant trente-trois ans. Tout ça pour un volant de dentelle.

En ville, la jupe plissée a gardé ce petit parfum d'insolence, pourvu que tu choisisses la bonne version. La mini plissée blanche, c'est la version court. Elle marche avec un pull épais ou une chemise d'homme (chinée ou empruntée), beaucoup moins avec un polo et des baskets. La plissée midi — en satin, en laine fine, en mousseline — est la vraie pièce de ville. Portée avec un débardeur côtelé ou une chemise en popeline, elle ne rappelle le tennis que par le mouvement de ses plis quand tu marches.

Le pull torsadé à col V, cousin du pull de cricket

Le pull blanc torsadé à col V porte un autre nom, le pull de cricket. La tenue traditionnelle des joueurs de cricket (les « whites ») comprend un pantalon, une chemise et un pull — traditionnellement tricoté en torsades. Son point de départ reste flou : le site spécialisé Gentleman's Gazette avance trois hypothèses, les stations de ski, les parcours de golf et les terrains de cricket. Une chose est sûre, d'après le même article : les joueurs de tennis portaient déjà au début des années 1930 des « tennis sweaters » tels qu'on les connaît aujourd'hui — et ces pulls ont connu leur heure de gloire au milieu de la décennie.

Le détail qui fait tout, c'est le liseré. Une ou deux rayures marine, vertes ou bordeaux autour du V et aux poignets : voilà ce qui distingue le pull de club d'un simple pull blanc. Le prince de Galles (le prescripteur de la mode masculine de l'époque) portait pour le golf, raconte le même article, un modèle sans manches à col V et torsades, parfois bordé d'une touche de couleur le long du V. Le pull sans manches qu'on revoit partout depuis quelques étés ? Même famille.

En ville, oublie le pull noué sur les épaules façon affiche de club-house (sauf si c'est l'effet recherché — auquel cas, assume). Porte-le vraiment : seul sur une jupe en satin, par-dessus une chemise rayée dont le col dépasse, ou un peu grand avec un jean droit et des mocassins. En coton, il tient de mai à septembre. En laine ou en cachemire, il fait toute la mi-saison.

Pull en maille torsadée écrue, plié dans une pile de pulls en laine
Le pull torsadé, qu'on vend aussi sous le nom de pull de cricket : sa maille en relief évoque le club, sans raquette.

La règle d'or du tenniscore : une pièce de tennis, le reste de ville

Une seule pièce tennis par tenue, et le reste vient de la ville. C'est LA règle, celle que j'ai oubliée hier dans l'ascenseur. Un polo avec un pantalon à pinces, c'est une tenue de bureau. Un polo avec une jupe plissée courte, des chaussettes blanches et des baskets, c'est une inscription au tournoi du club (catégorie double mixte).

Tu peux monter à deux pièces tennis si la troisième tire franchement vers la ville. Une jupe plissée et un pull torsadé, oui, mais avec des mocassins en cuir et un sac structuré, pas avec des baskets. Au-delà de deux, le costume l'emporte sur le style, sauf dans les tribunes d'un tournoi.

Pièce tennisÀ associer (ville)À éviter (effet match)
Polo en maillePantalon à pinces, jupe midi en satin, jean brutJupe plissée courte, chaussettes hautes, baskets
Jupe plisséeDébardeur côtelé, chemise en popeline, pull finPolo respirant, visière, poignets éponge
Pull torsadé col VJean droit, jupe en cuir, robe nuisetteShort blanc, chaussettes blanches
Chaussettes blanchesMocassins, ballerines, Mary JaneBaskets avec jupe plissée et polo
CasquetteTrench, chemise ample, jeanTout le reste en blanc

Cette règle vaut pour toutes les tendances qui viennent d'un univers précis (le western, le marin, le workwear). Je la détaillais déjà dans ma méthode pour adapter les tendances des défilés au quotidien : l'idée est d'emprunter un code à cet univers, pas son costume entier.

Matière, couleur, chaussures : ce qui fait basculer vers la ville

Trois leviers font passer une pièce tennis du court au trottoir : la matière, la couleur et la chaussure. Joue au moins sur l'un des trois — idéalement sur deux.

La matière

Le polyester respirant, le mesh et les tissus brillants crient « vestiaire ». Le coton piqué, la maille de laine, le cachemire, la popeline, le lin et le satin disent « ville ». Une jupe plissée en satin champagne n'a plus rien de sportif, alors que la jupe-short en polyester des clubs (avec son short intégré) garde son air de match. Pour le polo, une maille fine le range du côté des pulls d'été.

La couleur

Le blanc optique est la couleur du règlement, pas forcément la tienne. Décale-le avec de l'écru, du crème, du beige sable — précisément les nuances refusées sur le gazon de Wimbledon. Ajoute ensuite les couleurs des liserés de club (marine, vert bouteille, bordeaux, bleu ciel). Une couleur forte par tenue suffit — posée sur une base neutre.

La chaussure

C'est souvent elle qui tranche. Des mocassins en cuir, des ballerines, des Mary Jane, des sandales plates ou des derbies font passer n'importe quelle tenue tennis du côté de la ville. La basket en cuir blanc reste possible (je ne vais pas te l'interdire, j'en porte presque tous les jours), si tout le reste est citadin. Le modèle emblème du genre, la Stan Smith d'Adidas, est d'ailleurs un pur produit du court. Lancée en 1965 sous le nom du joueur français Robert Haillet, elle a été rebaptisée en 1978 du nom de l'Américain Stan Smith. Tu la reconnais à ses trois rangées de perforations — à la place des trois bandes.

Pieds chaussés de mocassins en cuir tressé, sortis par la vitre d'une voiture sur une route de campagne
Des mocassins en cuir plutôt que des baskets : c'est souvent la chaussure qui fait basculer une tenue vers la ville.

Cinq tenues tenniscore pour une vraie semaine

Cinq tenues qui marchent dans la vraie vie (la mienne, et celle de mon placard), de la plus sage à la plus appuyée.

1. Au bureau : le polo rentré

Tu as une journée chargée et pas envie de réfléchir le matin ? Un polo en maille fine marine, rentré dans une jupe plissée midi crème, une ceinture fine en cuir, des mocassins. Le blazer reste sur la chaise (prêt pour la réunion de 16 h). C'est la version la plus discrète — personne ne pense au tennis, tout le monde trouve la tenue nette.

2. Le dimanche : le pull torsadé et le jean

Un pull torsadé écru à col V un peu grand, un jean droit brut, des ballerines ou des baskets en cuir blanc, des lunettes de soleil. La tenue qui va du marché à la terrasse — sans que tu aies à y réfléchir.

3. En terrasse le soir : la robe polo

Une robe polo en maille, longueur genou, avec des sandales plates et une veste en jean sur les épaules. Le col donne de la tenue, la maille reste souple — et la robe fait tout le travail (une seule pièce, zéro effort).

4. Le week-end à vélo : le short et le polo rayé

Un short en lin ou en coton taille haute, un polo rayé, des chaussettes blanches basses et des mocassins en daim. Deux pièces tennis (le polo et les chaussettes), et deux pièces qui tirent la tenue vers la ville : le lin et les mocassins.

5. À Roland-Garros (ou devant l'écran d'une terrasse)

Le seul endroit où tu peux aller plus loin. Jupe plissée blanche, chemise en popeline ample, casquette, lunettes de soleil et baskets. Dans les tribunes, tout le monde a eu la même idée que toi — et pour une fois, c'est parfait.

Blazer sombre ouvert sur une chemise blanche à col volanté, un gilet en maille écru boutonné et un pantalon crème
Un blazer sombre sur une tenue claire : la pièce de bureau qui fait oublier le court.

Bandeau, casquette, chaussettes : les accessoires à doser

Les accessoires sont le raccourci le plus rapide vers le tenniscore… et vers le déguisement. Un seul par tenue, pas plus.

  • Le bandeau : l'héritage direct de Suzanne Lenglen. En tissu épais ou en velours, il accompagne une tenue de ville ; en éponge, il reste un accessoire de sport.
  • La casquette : en coton lavé plutôt qu'en tissu technique, blanche, crème ou dans une couleur de club (marine, vert bouteille). À Wimbledon, elle doit être entièrement blanche, y compris sous la visière. Toi, tu as droit à la couleur et à un logo brodé.
  • Les chaussettes blanches : côtelées, remontées sur la cheville, avec des mocassins ou des ballerines. C'est l'accessoire le plus malin de la tendance, parce qu'il ne coûte presque rien et qu'il change toute une silhouette.
  • Le sac : un cabas en toile, un sac bowling ou un petit sac porté à l'épaule. Le vrai sac de raquette (le thermobag à compartiments), laisse-le à celles qui jouent vraiment.
  • Les bijoux : une chaîne fine dans l'ouverture du polo, des petites créoles, une montre à bracelet en cuir.
Jeune femme en casquette en coton vert foncé brodée, écharpe en laine grise et trench beige, dans un parc
Une casquette en coton vert bouteille sur un trench beige : l'accessoire vient du sport, tout le reste vient de la ville.

Les erreurs qui transforment le tenniscore en tenue de match

Quand le tenniscore rate, c'est presque toujours par accumulation. Cinq pièges reviennent plus souvent que les autres.

  1. Le blanc optique de la tête aux pieds. C'est mot pour mot le règlement de Wimbledon. Casse-le avec une nuance (écru, crème) ou une matière (lin, maille épaisse).
  2. Les matières techniques. Un polo respirant brillant ou une jupe-short en polyester restent des vêtements de sport — quelle que soit la façon de les porter.
  3. Le kit complet. Visière, poignets éponge, chaussettes montantes et baskets de court en même temps : même Zendaya a réservé les balles de tennis à ses talons.
  4. Les logos en cascade. Un crocodile sur un polo, c'est de l'histoire. Trois logos de marques de sport sur la même silhouette, c'est un catalogue. (Le musée des Arts décoratifs exposait un polo Lacoste imaginé par les frères Campana, entièrement composé de crocodiles cousus les uns aux autres — une œuvre, pas une idée de tenue.)
  5. La mauvaise longueur. Une mini plissée pensée pour courir après une balle n'est pas faite pour une journée de réunions. Choisis la longueur selon ta journée, pas selon la photo du vendeur.

Où trouver les pièces tenniscore sans se ruiner

Le tenniscore a un avantage énorme : ses pièces sont des classiques, donc elles se trouvent partout en seconde main. Les polos en piqué, les pulls de cricket et les jupes plissées sortent par dizaines des friperies et des sites de revente (souvent bien moins chers qu'en boutique). Cherche « pull cricket », « pull torsadé col V » ou « jupe plissée midi » plutôt que « tenniscore » — d'expérience, les annonces rédigées avec les mots d'avant la tendance sont les moins chères.

Pour le neuf, mets ton argent là où la matière compte : le pull (laine, cachemire ou coton épais) et le polo en maille. Ce sont les deux pièces qui vieillissent le mieux quand elles sont bien faites — j'en parle plus longuement dans mon guide des pièces mode dans lesquelles investir pour la durée. La jupe plissée et la casquette, en revanche, peuvent venir d'une enseigne accessible sans que personne ne voie la différence.

Essaie ce soir, devant ton placard. Sors une seule pièce qui pourrait aller sur un court — le polo, la jupe plissée, le pull à col V ou les chaussettes blanches — et habille-la avec ce que tu mettrais pour aller travailler. Si tu te reconnais dans le miroir, c'est gagné. Si tu te surprends à chercher ta raquette, enlève une pièce.

Questions fréquentes

Peut-on porter une jupe plissée au bureau ?

Oui, en version midi ou au genou, dans une matière fluide (satin, laine fine, mousseline). Associe-la à une maille fine ou à une chemise, avec des mocassins ou des ballerines. La mini plissée blanche est plus délicate au bureau : vérifie sa longueur une fois assise.

Faut-il forcément porter du blanc pour faire tenniscore ?

Non. Le blanc intégral est justement ce qui transforme une tenue en tenue de match. Le crème et l'écru, avec les couleurs des liserés de club (marine, vert bouteille, bordeaux), évoquent le tennis sans uniforme.

Quelles chaussures porter avec une tenue tenniscore ?

Des mocassins, des ballerines, des Mary Jane, des sandales plates ou des derbies pour la ville. Des baskets en cuir blanc si le reste de la tenue est franchement citadin : un blazer, un pantalon à pinces, un sac rigide.

Le polo, ce n'est pas un peu démodé ?

Sorti d'un pantalon de survêtement, peut-être. En maille fine, rentré dans une jupe midi ou un pantalon taille haute, c'est une pièce de bureau qui traverse les décennies depuis les années 1930. Tout se joue sur la matière et sur la façon de le porter.

Que porter pour aller voir un match à Roland-Garros ?

C'est le seul endroit où une tenue plus démonstrative passe très bien : jupe plissée ou short clair, chemise ou polo, casquette et lunettes de soleil. Prévois des chaussures confortables pour les allées du stade et une couche légère pour les sessions du soir.

Le tenniscore va-t-il à toutes les silhouettes ?

Oui, en adaptant les coupes. La jupe plissée midi donne du mouvement sans marquer la taille ; le polo en maille fine se choisit ajusté aux épaules, pas moulant. Pour trouver les longueurs qui te vont, le guide pour s'habiller selon sa morphologie reste la meilleure base.

Comment entretenir un pull ou un polo blanc ?

Lave-les à l'envers, à basse température et uniquement avec d'autres blancs. Fais sécher le pull à plat pour qu'il ne s'allonge pas, le polo sur un cintre avec le col bien remis en place. Un col côtelé qui roule se remet en forme à la vapeur.

Sources