Jeune femme juchée sur les épaules d'un ami, casquette vissée sur la tête et bras levés en signe de paix, au milieu d'une foule de festival en fin de journée

Tenue de festival : quoi porter 3 jours sous la pluie ou la chaleur

La première goutte tombe sur mon épaule gauche. Tiède, lourde, grosse comme une pièce de deux euros. Une deuxième sur l'avant-bras, une troisième dans le cou — et avant même le premier grondement, il y a l'odeur. La poussière de la pelouse boit l'eau d'un coup — et ça sent la terre chaude mouillée, les frites, la crème solaire et la bière renversée, tout à la fois. Un samedi de fin août, 17 h 20, domaine de Saint-Cloud : Rock en Seine, mon festival parisien préféré. Dix minutes plus tôt, je cherchais désespérément un carré d'ombre sous un platane.

Autour de moi, des milliers de gestes en même temps. Des ponchos se déplient avec un bruit de sac de congélation, des sweats se dénouent de la taille, des capuches sortent de nulle part, et des filles en mini-short et débardeur comprennent — en direct — que la soirée va être longue. Et moi ? Short en jean, débardeur blanc, une vieille paire de baskets (la neuve était restée à la maison, pour une fois). Et, noué autour des hanches depuis midi, un sweat gris que j'avais maudit tout l'après-midi parce qu'il me tenait chaud. À 23 h, sur la pelouse détrempée, ce sweat était la meilleure décision de ma vie.

Voilà tout le problème d'une tenue de festival. Elle doit encaisser la chaleur de 15 h, l'averse de 17 h et la fraîcheur d'une heure du matin — parfois le même jour, souvent trois jours d'affilée. Elle doit passer un contrôle de sécurité, marcher des heures sur l'herbe ou la boue, et rester (un minimum) photographiable. Samedi, c'est la Fête de la musique, et la saison des festivals démarre pour de bon. Voici donc la liste, météo par météo et jour par jour : les couches, les chaussures, le sac qui passe les fouilles, ce qui reste à la maison. Pas un mot sur la programmation. Seulement ce que tu portes sur le dos. Pour choisir où aller, tout est dans ma sélection des festivals de musique incontournables de l'été.

Pourquoi s'habiller en couches pour un festival ?

Une tenue de festival ne se pense pas comme un look. C'est un système de trois couches qu'on ajoute ou qu'on retire selon l'heure. La seule règle qui tienne quand la météo change quatre fois entre le premier concert et le dernier.

  • La base — un débardeur, un t-shirt ou un body qui respire, dans une matière que tu supportes mouillée de sueur (le synthétique qui colle à la peau, très peu pour moi).
  • La couche intermédiaire — une chemise ouverte, une surchemise, un sweat ou un gilet. C'est elle qui fait le style. C'est aussi elle qui te sauve à minuit.
  • La couche de pluie — un poncho, un coupe-vent ou une veste imperméable qui se plie au fond du sac.

Les organisateurs, eux, le savent très bien — et depuis longtemps. Dans le starter pack du festivalier publié par Solidays, juste après la casquette, les lunettes et la crème solaire, il y a un sweat. Avec cette précision entre parenthèses : les nuits sont fraîches sur l'Hippodrome. Fin juin, à Paris. Si même eux prennent la peine de le rappeler, crois-les.

Deuxième critère : la matière. Le jean est le pire ami du festivalier sous la pluie. Mouillé, il pèse une tonne, il colle, il frotte — et il met une éternité à sécher (surtout sous une tente, où rien ne sèche jamais vraiment). Par temps sec, je garde le short en jean : peu de tissu, peu d'eau retenue. Dès que la pluie est annoncée, je passe au pantalon fluide ou au jogging léger.

Troisième critère, le plus sous-estimé : chaque pièce doit accepter d'être salie. Pas « un peu ». Pour de vrai. Boue, bière, herbe, poussière, sauce de food truck. Si l'idée de voir ta chemise en lin blanc prendre une tache te fait mal au cœur, elle reste à la maison. Tu t'épargnes trois jours à la surveiller au lieu de regarder la scène.

Jeune femme en débardeur noir et short en jean troué, bras croisés, une chemise à carreaux rouge et noir nouée autour de la taille
La chemise ou le sweat noué à la taille : l'accessoire le moins glamour de la journée, et le plus précieux à minuit.

Quelles chaussures pour trois jours de festival ?

Les bonnes chaussures de festival sont des chaussures que tu as déjà portées, qui tiennent le pied et qui supportent l'eau. Trois jours de festival, ce sont des heures de piétinement, de marche entre les scènes et d'attente dans les files. Tes pieds font tout le travail — et ce sont eux qui décident, vers 23 h, si tu profites du dernier concert debout ou si tu le regardes assise sur un trottoir.

Le piège classique ? La paire neuve achetée exprès. Sur sa page consacrée à la prévention des ampoules, l'Assurance Maladie conseille d'éviter de porter trop longtemps des chaussures neuves. Elle recommande aussi de garder les pieds au sec, parce que « les ampoules se développent plus facilement sur une peau humide ». Traduction festival : baskets neuves plus averse, c'est la recette exacte d'un dimanche en boitant.

ChaussuresPluie et boueChaleurMon verdict
Bottes de pluie.Imbattables.Étouffantes.Dans le sac dès qu'un orage est possible.
Chaussures de randonnée.Très bonnes si imperméables.Correctes avec des chaussettes fines.Le meilleur compromis au camping.
Baskets en toile ou en cuir.Trempées en dix minutes.Confortables.Parfaites en ville par temps sec.
Sandales, tongs, mules.À oublier.Agréables (jusqu'au premier orteil écrasé).Pour la douche, pas pour la fosse.

La botte de pluie mérite qu'on s'y arrête. C'est la seule chaussure qui te laisse traverser une flaque de boue jusqu'au mollet sans y penser. Pas un hasard si Solidays la range avec le poncho et le petit parapluie pliant, juste à côté des chaussettes de rechange. Mais en pleine chaleur, c'est une étuve (oui, même les jolies). Mon avis : si la météo annonce un orage — même un seul —, les bottes viennent. Quitte à les laisser sous la tente et à ne les enfiler que le jour où le terrain devient marécage.

Pour les journées sèches, des baskets que tu connais par cœur. Ma paire du quotidien, elle, reste à Paris. J'emmène l'ancienne — celle qui a déjà tout vécu et que je peux abandonner sans pleurer. Si tu hésites encore sur le modèle, mon guide des sneakers femme, entre tendances et modèles cultes t'aidera à trier. Pour un festival, la règle tient en trois points : semelle épaisse, bout fermé, déjà faites à ton pied.

Les chaussettes, justement. C'est l'objet le plus bête et le plus important de ta valise. Compte une paire par jour. Ajoute une paire de rechange par jour de pluie annoncée, plus une paire réservée à la nuit (celle-là ne touche jamais le sol du camping). Elles pèsent trois fois rien. Et changer de chaussettes à midi quand tes pieds baignent dans l'eau depuis deux heures — crois-moi —, c'est comme changer de vie.

Bottes de pluie jaunes portées dans l'herbe humide, à côté d'un parapluie fermé, après une averse de festival
Après un gros orage, la pelouse d'un festival reste détrempée bien après le retour du soleil : les bottes ont leur place dans le sac.

Quel sac pour passer les contrôles à l'entrée d'un festival ?

Le bon sac de festival est petit, souple et s'ouvre en une seconde. Une banane, une besace portée en travers ou un petit sac à dos. Tout le reste ralentit la file, risque d'être refusé à l'entrée — et finit par te scier l'épaule vers 21 h.

À l'entrée, ton sac sera inspecté. Ce n'est pas une lubie d'organisateur. La fiche Service Public sur les palpations et les fouilles rappelle la règle pour tout évènement de plus de 300 personnes. Un agent de sécurité privée agréé peut y inspecter ou fouiller les bagages, sous le contrôle d'un officier de police judiciaire — la fouille est faite par un agent du même sexe que toi, et seulement avec ton accord. Mais si tu refuses, l'accès peut t'être refusé. Résultat : plus ton sac s'ouvre facilement, plus tu entres vite.

Chaque festival fixe ensuite ses propres règles, écrites noir sur blanc sur son site. Exemple parisien : les infos pratiques de We Love Green, qui s'est tenu du 6 au 8 juin au bois de Vincennes. Interdits : les sacs dépassant 50 cm de haut, 30 cm de large et 25 cm de profondeur, les valises et les parapluies à bout pointu. Autorisés, en revanche : le sac à main, le tote-bag, le petit sac à dos, les pochettes et les bananes. La même page refuse aussi les aérosols (parfum, brumisateur et déodorant compris) et tout contenant en verre.

Ce dernier point piège beaucoup de monde en été. Le brumisateur, c'est LE réflexe canicule — et typiquement l'objet qui reste au contrôle. Avant de fermer ton sac, fais le tri.

  • Un déodorant en stick ou en bille, pas en spray.
  • Une crème solaire en tube, pas en brume.
  • Une gourde en plastique ou en métal, vide au contrôle (We Love Green accepte les gourdes vidées, Solidays limite la sienne à 500 ml et refuse le verre).
  • Côté parfum, un échantillon en plastique ou rien du tout (ça me coûte de l'écrire).

Dans ma banane, sans exception : téléphone, carte bancaire, un billet de secours, pièce d'identité, bouchons d'oreilles, baume à lèvres avec protection solaire, deux pansements, un élastique à cheveux. Le mode de paiement varie d'un festival à l'autre. Solidays, par exemple, précise qu'il n'a pas de système cashless (espèces ou carte, donc). Vérifie avant de partir.

Jeune femme en crop top noir portant un sac banane rouge en bandoulière par-dessus un short en jean
Porté en bandoulière contre le buste, un petit sac passe la fouille en quelques secondes et reste sous la main toute la journée.

Tenue de festival sous la chaleur : couvrir plutôt que découvrir

Par forte chaleur, la tenue de festival la plus fraîche n'est pas la plus courte. C'est la plus ample. Une chemise légère ouverte, un pantalon fluide ou une jupe mi-longue et un chapeau te protègent mieux du soleil qu'un crop top et un mini-short — tout en laissant l'air circuler.

Je sais — ce n'est pas le look qu'on voit défiler sur les réseaux. Et pourtant, c'est exactement ce que disent les autorités sanitaires. Santé publique France a publié avec l'Institut national du cancer un communiqué sur les risques solaires qui résume la prévention en quelques gestes. Porter un chapeau, des lunettes de soleil et des vêtements légers couvrants. Appliquer de la crème régulièrement. Éviter de s'exposer entre 12 h et 16 h. En festival, ce créneau tombe pile sur les concerts de l'après-midi (et sur les files d'attente pour l'eau). D'où l'intérêt de laisser le tissu faire une partie du travail.

En cas de canicule, les consignes vont plus loin. Dans ses précautions à prendre en cas de canicule, Santé publique France écrit : « Portez des vêtements amples, légers et de couleurs claires et si vous sortez, protégez-vous du soleil (lunettes, chapeau, crème solaire) ». Elle recommande aussi de boire régulièrement de l'eau sans attendre d'avoir soif. De se mouiller le corps plusieurs fois par jour (au moins le visage et les avant-bras). Et de ne pas boire d'alcool, festival ou pas. Je te laisse gérer ce dernier point, mais alterne au minimum chaque verre avec ta gourde.

Concrètement, ma tenue « canicule » ressemble à ça.

  • En haut — un débardeur en coton et, par-dessus, une chemise d'homme en lin, taille XL, manches retroussées, jamais boutonnée jusqu'en haut.
  • En bas — un short ample ou une jupe mi-longue fluide (avec un cycliste en dessous si tes cuisses frottent quand tu marches).
  • Sur la tête — un bob ou un chapeau de paille souple qui se plie dans le sac. La casquette laisse la nuque et les oreilles au soleil.
  • Autour du cou — un bandana en coton que tu trempes à chaque point d'eau.
  • Aux pieds — des baskets en toile et des chaussettes fines.

Côté couleurs, le clair reste ton allié en plein soleil (c'est même écrit dans la consigne officielle). Si tu tiens au noir — je te comprends, c'est mon uniforme d'octobre à mars —, garde-le pour la soirée.

Deux jeunes femmes dans une foule de festival en plein soleil, l'une en lunettes de soleil, l'autre en chapeau à large bord
Chapeau à large bord et lunettes de soleil : sous le soleil de l'après-midi, le tissu protège mieux que la peau nue.

Tenue de festival sous la pluie : poncho, veste ou parapluie ?

Sous la pluie, le poncho gagne presque toujours. Il couvre le sac, le buste et le haut des jambes. Il se plie dans une poche. Il ne gêne personne dans la foule. La veste imperméable arrive deuxième, surtout si sa capuche tient vraiment. Le parapluie finit bon dernier — et pas seulement parce qu'il bouche la vue des gens derrière toi.

D'abord, il est souvent limité à l'entrée. Solidays accepte le petit parapluie pliant mais interdit les modèles cloche et canne ; We Love Green refuse ceux à bout pointu. Ensuite, et surtout, il devient dangereux dès que la pluie tourne à l'orage. Les conseils du ministère de l'Intérieur pour se protéger en cas d'orage sont sans ambiguïté pour les espaces ouverts, comme un champ ou un pré. « Surtout ne jamais s'abriter sous un parapluie ouvert. » Le même texte rappelle de ne jamais s'abriter sous un arbre (surtout isolé), et que le corps mouillé, comme l'eau, conduit bien l'électricité.

Pour la tenue de pluie elle-même, trois règles.

  • Un poncho long, avec capuche et manches, assez large pour couvrir ta banane. Emporte-en deux : un poncho finit toujours déchiré, prêté ou envolé.
  • Un bas qui sèche vite — legging, jogging léger ou short. Pas de jean.
  • Une tenue sèche réservée au soir, qui ne sort du sac étanche qu'une fois la pluie passée.

Le soir, quand l'air se rafraîchit après l'averse, mon combo préféré reste le même. Un short en jean sur des collants noirs semi-opaques, un gros sweat, le poncho par-dessus. Ça ressemble à une tenue de rentrée des classes, c'est vrai. C'est aussi la seule qui m'a tenue au chaud un soir d'orage sans me donner l'impression de porter une serpillière. Pour choisir l'opacité sans faire « uniforme », tout est dans mon guide pour porter des collants avec style toute l'année.

Groupe de festivaliers riant sous des ponchos de pluie transparents, devant des tentes colorées, sous l'averse
Le poncho couvre le sac et les épaules sans gêner personne : sous l'averse, c'est lui qui gagne.

Que mettre dans sa valise pour trois jours de festival ?

Pour trois jours de festival, compte trois hauts, deux bas, une couche chaude, une couche de pluie, deux paires de chaussures et une tenue de nuit. Tout le reste dépend de la météo annoncée — et c'est là que les valises débordent.

Voici ma liste de base, à ajuster la veille du départ, quand les prévisions se précisent.

PièceChaleur annoncéePluie annoncéeMétéo instable
Hauts (trois).Débardeurs, t-shirts en coton.T-shirts qui sèchent vite.Un de chaque.
Bas (deux).Short ample, jupe fluide.Legging, jogging léger.Short et legging.
Couche intermédiaire.Chemise à manches longues.Sweat à capuche.Chemise et sweat.
Couche de pluie.Un poncho au fond du sac.Deux ponchos ou une veste.Un poncho dans la banane.
Chaussures.Baskets en toile (sandales pour la douche).Bottes, chaussures de rando.Rando, bottes en réserve.
Chaussettes.Une paire par jour, plus la nuit.Deux paires par jour, plus la nuit.Deux par jour (arrondis au-dessus).
Tête.Bob, lunettes de soleil.Casquette sous la capuche.Bob et capuche.
Nuit.T-shirt ample, short.Legging, sweat, grosses chaussettes.La tenue « pluie ».

Jour par jour, la logique est simple. Le premier jour, tu arrives avec la tenue la plus confortable : tu vas porter, marcher, monter la tente (ou traverser la ville) avant le premier concert. Le deuxième jour, tu es installée — c'est celui où tu peux oser la pièce qui fait le look, la chemise imprimée, la jupe longue ou le gilet brodé que tu gardais pour l'occasion. Le troisième jour, tu remets ce qui a survécu, et tu gardes une tenue propre pour le retour, dans un sac à part. Personne n'a envie de s'asseoir à côté de toi dans le train avec la boue de la veille (toi non plus, d'ailleurs).

Avant de fermer la valise, étale tout sur ton lit et retire une pièce par catégorie. En une trentaine de festivals, je n'ai jamais regretté un t-shirt laissé à la maison. J'ai souvent regretté un sac trop lourd, porté sur deux kilomètres de chemin de terre entre la navette et le camping.

Festival en ville ou trois nuits au camping : qu'est-ce qui change ?

Un festival en ville et un festival avec camping ne se préparent pas de la même façon. En ville, tu dors dans ton lit et tu rentres chaque soir en métro ou en RER — tu n'emportes donc que la tenue du jour et un sac de la taille autorisée. Au camping, ta tente devient ton dressing, ta salle de bains et ta chambre pendant trois nuits. Tout ce que tu as oublié le restera jusqu'au dimanche.

Pour un festival urbain, pense « très longue journée », pas « week-end ». Tu pars en début d'après-midi, tu rentres après minuit : il te faut une tenue qui passe du plein soleil à un trajet de nuit un peu frais (oui, le sweat, encore lui). Les festivals urbains excluent aussi souvent le matériel de camping — We Love Green refuse par exemple les chaises pliantes, les parasols et les glacières. Ton confort tient donc entièrement dans ce que tu portes.

Pour un festival avec camping, ajoute trois choses à ta liste.

  • Une tenue de nuit sacrée, sèche et propre, qui ne sort jamais de la tente. Les vêtements humides de la journée dorment dehors, dans un sac fermé.
  • Des claquettes ou des sandales pour la douche et les allers-retours du matin.
  • Un masque de nuit et des bouchons d'oreilles — Solidays range d'ailleurs le « masque yeux occultant » dans la rubrique des campeurs. Au lever du soleil, sous une toile de tente orange, tu comprends vite pourquoi.

Un détail que personne ne te dit : le matin, une tente en plein soleil devient une étuve en quelques minutes. Prépare ta tenue du jour la veille au soir. Tu t'habilleras dehors, à l'ombre, dès le réveil.

Tentes colorées serrées les unes contre les autres en plein jour dans un camping de festival
Au camping, la tente sert de dressing pendant trois jours : chaque tenue a intérêt à rester sèche et rangée.

Bijoux, lunettes, maquillage : quels accessoires survivent à un festival ?

En festival, un bon accessoire est bon marché, solide et difficile à perdre. Les bijoux précieux, la montre héritée de ta grand-mère et les lunettes de marque restent à la maison. Dans une foule qui saute, un fermoir cède. Une bague glisse d'un doigt mouillé. Une paire de lunettes tombe et disparaît sous les pieds.

Pour les bijoux, joue la quantité plutôt que la valeur : bracelets en tissu ou en perles, colliers fantaisie superposés, bagues à petit prix. Évite les grandes créoles et les boucles pendantes (elles s'accrochent aux cheveux, aux capuches, aux sweats enfilés à la hâte). L'art de superposer sans ressembler à un stand de brocante, je l'ai détaillé dans le guide des bijoux et des règles du layering. En festival, la règle d'or est plus simple : ne porte rien que tu ne supporterais pas de perdre.

Pour les lunettes de soleil — une paire à petit prix avec un cordon, point. Pour le maquillage, trois jours dehors — sueur, pluie, poussière — pardonnent peu. Je mise sur un mascara waterproof, un baume teinté et une touche de fard crème sur les joues — rien de plus. Les paillettes font partie du folklore : si tu en portes, choisis-les en gel, et démaquille-toi chaque soir, même épuisée. À ne pas confondre avec les confettis et la poudre holi, que certains festivals refusent à l'entrée (We Love Green, par exemple).

Dernier accessoire, le plus polyvalent : un foulard ou un bandana noué à la sangle de ton sac. Il protège la nuque au soleil, sert d'élastique de secours pour les cheveux, et transforme n'importe quel t-shirt basique en tenue.

Comment s'habiller pour un festival sans acheter un look entier ?

La meilleure tenue de festival est déjà dans ton placard, à deux ou trois pièces près. Chaque printemps, les rayons « festival » fleurissent — shorts effilochés, chemises à franges, chapeaux de cow-boy. Comme si on ne pouvait pas écouter un concert dans ses propres vêtements. Mon avis : c'est le meilleur moyen de claquer le budget du week-end dans des pièces portées une fois (et retrouvées pleines de boue au fond d'un sac poubelle).

Pars plutôt de ta base. Si tu as déjà construit une garde-robe capsule, minimaliste mais stylée, tu as presque tout. Un jean coupé en short, deux t-shirts basiques, une chemise ample, un sweat, des baskets usées. Le style vient ensuite d'une ou deux pièces fortes : une chemise imprimée chinée, un gilet brodé, un chapeau, une ceinture western.

Pour ces pièces fortes, les friperies et la seconde main sont imbattables — une pièce qui a déjà vécu ne craint plus rien. Tu peux aussi emprunter. Entre copines, il y a toujours un bob, une veste en jean trop grande ou des bottes de pluie qui dorment au fond d'un placard. Et pour customiser, un vieux jean coupé au-dessus du genou ou une chemise d'homme ceinturée font des merveilles (pour zéro euro).

Ce qui mérite un vrai budget, en revanche, ce sont les objets qui te protègent : des chaussures qui tiennent la route, un bon poncho, une gourde, une crème solaire. Le reste ? Du décor. (Et le pull en cachemire de ma mère, que je porte tout l'hiver, n'a jamais vu un festival. Il n'en verra jamais.)

Portant de vêtements et bijoux de seconde main dans une boutique vintage, avec une robe à carreaux et des lunettes de soleil en vitrine
Robe à motifs, bijoux, lunettes de soleil : les pièces fortes d'une tenue de festival se chinent très bien.

Après le festival : comment sauver ses bottes, ses baskets et ses pieds ?

Le retour se prépare dès l'aller. Un sac poubelle pour les vêtements sales, un autre pour les chaussures boueuses — et ta valise (comme ta salle de bains) ne se transforme pas en champ de bataille.

Les bottes de pluie se rincent dehors, à la brosse, avant que la boue sèche et durcisse — puis elles sèchent tranquillement à l'air libre, loin du radiateur. Les baskets en toile se lavent souvent très bien à la main, à l'eau savonneuse et à la vieille brosse à dents (c'est comme ça que je lave mes Converse). Bourre-les ensuite de papier journal : elles gardent leur forme et sèchent plus vite. Les vêtements boueux, eux, méritent un rinçage à l'eau froide avant la machine.

Et tes pieds, qui ont tout encaissé ? Lave-les, sèche-les bien entre les orteils, et laisse les chaussures du festival au placard quelques jours. Moi, je vis en sandales ouvertes toute la semaine qui suit.

Dernier geste, le plus utile de tous : avant de ranger ton sac, note sur ton téléphone ce qui t'a servi et ce qui n'a jamais quitté la valise. L'an prochain, tu partiras avec la moitié du poids — et exactement ce qu'il te faut.

Questions fréquentes

Peut-on aller en festival en sandales ?

En ville, par temps sec et sur un site en dur, oui, à condition qu'elles tiennent bien le pied (avec une bride arrière). Sur l'herbe, au camping ou dans une fosse dense, non. Les orteils se font écraser, la boue passe partout, et une averse suffit à rendre la marche glissante. Garde tes sandales pour la douche.

Faut-il vraiment des bottes de pluie si la météo annonce du soleil ?

Si les prévisions n'annoncent ni pluie ni orage sur tout le week-end, des chaussures de randonnée ou des baskets solides suffisent. Dès qu'un orage est possible, emporte les bottes, quitte à les laisser sous la tente. Une pelouse détrempée met souvent bien plus longtemps à sécher que la pluie n'a mis à tomber.

Quelle taille de sac est autorisée à l'entrée d'un festival ?

Chaque festival fixe sa propre limite. À We Love Green, par exemple, les sacs dépassant 50 × 30 × 25 cm sont refusés, alors que la banane, la pochette, le tote-bag et le petit sac à dos passent. La page « infos pratiques » de ton festival donne la règle exacte : lis-la avant de partir.

Le parapluie est-il interdit en festival ?

Pas toujours, mais il est souvent limité. Solidays accepte les petits parapluies pliants et interdit les modèles cloche et canne ; We Love Green refuse ceux à bout pointu. Par temps d'orage, le ministère de l'Intérieur recommande de ne jamais s'abriter sous un parapluie ouvert en espace découvert. Le poncho reste le meilleur choix.

Que mettre pour dormir sous la tente ?

Une tenue réservée à la nuit, sèche et propre : legging ou jogging, sweat à capuche, grosses chaussettes. Même en plein été, les nuits peuvent être fraîches, surtout après une journée de pluie. Ajoute un masque de nuit et des bouchons d'oreilles si tu veux dormir après le lever du soleil.

Comment rester stylée trois jours de suite avec une petite valise ?

Mise sur une base neutre (short, jean coupé, t-shirts unis) et fais tourner deux ou trois pièces fortes. En changeant de pièce forte chaque jour, tu obtiens trois tenues différentes avec une seule valise.

Faut-il emporter de l'argent liquide en festival ?

Ça dépend du festival. Certains fonctionnent en cashless, d'autres acceptent la carte et les espèces — c'est le cas de Solidays, qui précise sur sa liste qu'il n'a pas de système cashless. Vérifie le mode de paiement sur le site de ton festival, et garde un petit billet de secours dans ta banane.

Sources