Un cadreur filme une rue avec une caméra sur trépied, face à des passants en imperméable massés sur le trottoir d'en face

Devenir figurante : comment être castée pour un film ou une série

Samedi 8 juillet 2017, 6 h 40, devant la porte d'un gymnase du 20ᵉ arrondissement. J'ai 25 ans. Sur l'épaule, une housse à vêtements avec trois tenues « de couleurs neutres — pas de blanc, pas de rayures, pas de logo ». Dans le sac, un thermos de café (et un paquet de biscuits, on ne sait jamais). Dans la tête, la conviction secrète que quelqu'un — ce jour-là, forcément — allait me remarquer. Personne ne m'a remarquée. J'ai passé cinq heures sur une chaise pliante à finir un roman entier. Puis quarante minutes à une terrasse de café, à tourner une cuillère dans le même crème froid — vingt-trois prises, j'ai compté — pendant que deux acteurs se disputaient à la table d'à côté. L'hiver suivant, le téléfilm est passé à la télé — je tairai le titre (tu irais vérifier). Ma mère a mis sur pause pour montrer mon coude à mon père. Mon coude. Deux secondes, flou, au bord du cadre.

Et pourtant, je garde de cette journée un souvenir de colonie de vacances. Le café du matin dans des gobelets en carton, la cantine du midi où les figurants passent après l'équipe, les blagues des machinistes entre deux prises. Ma voisine de chaise pliante — étudiante en droit, trentième figuration au compteur — qui m'a tout appris en une matinée. Et la fiche de paie, trois semaines plus tard, avec une vraie ligne « cachet » dessus. Pas la gloire (non, vraiment pas). Mais une journée payée pour voir un tournage de l'intérieur, avec ses rituels, son vocabulaire et ses attentes interminables — et ça reste l'une des expériences les plus drôles que je connaisse.

L'été, les tournages sortent dans la rue. Les terrasses, les parcs et les plages deviennent des décors — et il faut des passants, des clients, des vacanciers pour les remplir. Rien qu'à Paris, le bilan des tournages 2024 publié par la Ville de Paris recense 94 longs-métrages totalisant 1 148 jours de tournage, et 40 séries pour 1 021 jours. Le tout sur une année freinée par les Jeux olympiques — bloquer une rue en plein été 2024, bon courage. Voici comment passer de l'autre côté de l'écran sans te faire avoir en route — où trouver les appels à casting, quelles agences fuir, ce que rapporte vraiment un cachet et comment se déroule une journée de tournage.

Terrasse de café parisienne en été, tables de bistrot alignées sur le trottoir et passants
Une terrasse de café, décor préféré des scènes de rue, et poste classique pour une figurante.

Figurant, silhouette, doublure : qui fait quoi sur un tournage ?

La figurante peuple l'image sans jouer de rôle — la cliente au comptoir, la passante qui traverse, la spectatrice dans les gradins. Elle n'a pas de nom dans le scénario, elle ne parle pas (ou alors en silence, les lèvres qui bougent) et elle traverse l'image sans jamais regarder l'objectif. Et surtout, on ne doit pas la remarquer. Tout l'art est là — et ça demande plus de concentration qu'on ne croit.

Le droit du travail la range parmi les artistes du spectacle. L'article L7121-2 du Code du travail cite « l'artiste de complément » dans sa liste — entre le chansonnier et le chef d'orchestre (j'adore cette compagnie). C'est plus qu'un détail de vocabulaire, parce qu'une figurante est une salariée — avec un contrat, un salaire et une fiche de paie, comme le reste de l'équipe du tournage. Sur les tournages, on distingue en pratique plusieurs échelons :

  • La figuration : une présence à l'image, souvent en groupe, sans texte.
  • La silhouette muette : une présence plus visible, avec une action précise (servir le café de l'héroïne, lui tendre un ticket), toujours sans dialogue.
  • La silhouette parlante : une courte réplique, du genre « Votre monnaie, madame ». Quelques mots — mais des mots, et un cachet plus élevé.
  • La doublure lumière : elle remplace une comédienne pendant les longs réglages de lumière et de caméra, avec la même taille, la même carnation et parfois la même coupe de cheveux.

La catégorie fixe le cachet minimum, et elle se joue parfois sur le plateau, au détour d'une prise, quand la mise en scène a besoin d'une réplique de plus. Une figurante à qui l'on demande à 15 h de lancer une phrase fait, en principe, un travail de silhouette parlante. Si ça t'arrive, vérifie que ta fiche de paie suit — poliment, mais vérifie.

Où trouver les appels à figuration ?

Les appels à figuration se trouvent là où les directeurs de casting les publient — Facebook, Instagram, fichiers d'agences spécialisées. Le mécanisme ne change jamais. Une annonce décrit un profil (« femmes 20-30 ans, style étudiant, disponibles le 24 juin à Lyon ») et tu réponds dans l'heure avec tes photos et tes infos. Si ton profil colle, tu reçois une convocation — et c'est parti.

Concrètement, tu as trois portes d'entrée :

  1. Les groupes Facebook régionaux. Tape « figuration » ou « casting figurants » suivi de ta ville dans la recherche de groupes. C'est là que passent les appels urgents — « il nous manque quinze personnes pour demain matin ». C'est souvent par là qu'une débutante décroche sa première journée (c'était mon cas en 2017).
  2. Les agences et fichiers de figuration. Tu crées un profil avec photos, mensurations et disponibilités, et l'agence te propose quand un tournage cherche quelqu'un comme toi — et une bonne agence ne te demande rien d'autre que ces informations.
  3. Le bouche-à-oreille. Une fois sur un plateau, tu croises des habituées qui connaissent les castings de ta région. Ma voisine du matin avait un carnet entier de contacts (et elle me l'a montré avec la fierté d'une collectionneuse de timbres).

Les appels tombent toute l'année, souvent quelques jours seulement avant la date, parfois la veille au soir, quand un figurant s'est désisté et qu'il faut le remplacer avant l'aube. L'étudiante en droit me l'avait résumé en une phrase. La figurante qui travaille le plus n'est pas la plus photogénique — c'est la plus disponible. Celle qui répond en dix minutes, qui arrive à l'heure et qui ne se désiste jamais la veille.

Jeune femme assise sur un canapé qui fait défiler des annonces sur son téléphone
Les appels urgents se jouent sur le téléphone : ceux qui répondent vite, photos prêtes, passent devant.

Agences de figuration : ce qu'on a le droit de te facturer

Une agence sérieuse gagne sa vie sur les tournages, pas sur ton inscription. Quand elle se présente comme ton agent, le Code du travail encadre sa rémunération — c'est un pourcentage de ce que tu perçois. L'article D7121-7 du Code du travail précise que ces sommes « ne peuvent excéder un plafond de 10 % du montant brut des rémunérations » (15 % pour des missions particulières de développement de carrière).

Traduction : un agent se paie quand tu es payée, en prenant sa part sur tes cachets, et il n'a donc aucune raison de te faire payer quoi que ce soit avant ton premier tournage. Une « inscription » à régler avant le moindre tournage ? Un « book obligatoire » dans le studio maison ? Un « abonnement premium » pour être vue en priorité ? Rien de tout ça ne ressemble à ce modèle. Ce tableau résume ce qui est normal et ce qui ne l'est pas.

SituationNormal ?
Envoyer photos, mensurations et disponibilitésOui, c'est la base de toute candidature
Commission de ton agent prélevée sur tes cachetsOui, plafonnée à 10 % du brut (15 % pour des missions particulières)
Payer une inscription avant tout tournageNon, un agent se rémunère en pourcentage de tes cachets
Séance photo payante imposée pour être inscriteNon, des photos nettes prises chez toi suffisent
Journée payée en espèces, sans contrat ni fiche de paieNon, l'artiste de complément est salariée

La candidature qui décroche une convocation

Une candidature de figuration se lit en dix secondes. La personne qui fait le casting cherche un profil qui colle à la scène — pas une future star. Ton travail : lui faciliter le tri. Tu n'as pas besoin d'un CV d'actrice (ni d'expérience, ni d'agent).

Les photos, d'abord. Deux ou trois suffisent : un portrait (visage et épaules) et une photo en pied, récentes, en lumière du jour, sans filtre, avec tes cheveux coiffés comme tous les jours et des vêtements unis. Maquillage léger. Oublie le selfie en contre-plongée, les lunettes de soleil et la photo de groupe recadrée (on voit toujours le bras de ta copine qui dépasse dans un coin de l'image). Pour la couleur du haut, prends celle qui te va vraiment — si tu hésites, le test de colorimétrie à faire chez soi te donne ta palette en une soirée. Moi, depuis ce test, le moutarde reste au placard (paix à mon pull).

Les informations, ensuite — dans le corps du message, pas en pièce jointe illisible.

  • Prénom, nom, âge, ville, téléphone.
  • Taille, mensurations, taille de vêtements, pointure.
  • Couleur et longueur de cheveux, couleur des yeux.
  • Tatouages visibles et piercings (un film d'époque te demandera de les cacher).
  • Permis, voiture, compétences utiles.
  • Tes disponibilités réelles — pas celles que tu espères avoir.

Et si ton apparence change ? Préviens. Une frange coupée entre la photo et la convocation, des cheveux teints en roux la veille — sur un tournage, c'est un problème de raccord. Et une surprise de ce genre peut te coûter la journée (sans rancune, mais sans cachet).

Portrait d'une jeune femme souriante en tee-shirt blanc uni, devant une fenêtre lumineuse
Un haut uni, la lumière du jour : la photo de casting n'a pas besoin d'un studio.

Combien gagne une figurante ? Le cachet, grille par grille

Une figurante touche un cachet : un salaire à la journée, versé avec une fiche de paie. Le montant minimum dépend de la convention collective qui s'applique au tournage, cinéma ou télévision, et de ton échelon.

Pour un film, la grille de la convention collective du cinéma, sur Légifrance, fixe à 107 € brut la journée de figuration — majoration de 10 % comprise. Engagée à la semaine, sur cinq jours et 40 heures, une figurante touche au minimum 501,60 €, tandis que la silhouette muette démarre à 150 € la journée et la silhouette parlante à 250 €.

Côté télé et séries, l'avenant n° 20 à la convention collective de l'audiovisuel s'applique depuis le 1er janvier 2025. Il fixe le cachet minimum journalier d'un figurant à 98 € dans un ensemble de moins de 30 personnes — et à 96 € au-delà.

PosteSecteurMinimum brut par jour
FigurationCinéma107 € (majoration de 10 % comprise)
Silhouette muetteCinéma150 €
Silhouette parlanteCinéma250 €
Figurant, ensemble de moins de 30 personnesTélévision98 €
Figurant, ensemble de 30 personnes ou plusTélévision96 €

Pour situer ces chiffres, le Smic horaire brut est de 11,88 € depuis le 1er novembre 2024, et huit heures au Smic font donc 95,04 € brut. Sur une journée de huit heures, le cachet cinéma revient à un peu plus de 13 € brut de l'heure. Correct pour un job d'un jour — sans plus. Le cachet télé, lui, dépasse à peine huit heures au Smic (98 € contre 95,04 €). Ce sont des minimums — rien n'interdit à une production de payer davantage. Et les heures au-delà de la journée prévue se paient en plus.

Soyons honnêtes : personne (personne) ne fait de la figuration pour devenir riche. On en fait pour arrondir un mois d'été (de quoi financer un bout de pass pour l'un des festivals de musique incontournables de l'été). Pour voir un tournage de près. Et pour raconter pendant dix ans qu'on a croisé telle actrice à la cantine (en vrai, de dos). Et c'est très bien comme ça.

Le déroulé d'une journée de tournage, de la convocation au dernier « coupez »

Une journée de figuration commence la veille, avec la convocation. C'est un SMS ou un mail — heure d'arrivée, adresse de la base (un gymnase, une salle des fêtes, une tente dans un parc), tenues à apporter. L'heure est souvent matinale (très). Elle ne se discute pas.

À l'arrivée, tu te présentes à la personne chargée de la figuration. Elle pointe ton nom et récupère ce qu'il faut pour la paie — numéro de sécurité sociale, RIB, adresse. Puis vient l'étape que les équipes appellent HMC — habillage, maquillage, coiffure. La costumière choisit parmi tes tenues, ou te fournit un costume. En 2017, elle a pris ma robe bleu marine sans même regarder les deux autres (vexée, moi ? à peine). Au maquillage, on unifie le teint, on matifie ce qui brille et on recoiffe ce que le vent du matin a défait, en quelques minutes chrono pour les figurants. Même un visage « naturel » à l'écran est travaillé — c'est tout le paradoxe du « no-makeup makeup » des stars.

Loge de maquillage avec deux miroirs entourés d'ampoules et un plan de travail
Le passage par la loge maquillage : quelques minutes pour les figurants, parfois une heure pour les rôles principaux.

Après le maquillage, tu attends (beaucoup). Le vrai métier de figurante, c'est l'attente. Les scènes se tournent dans un ordre qui n'a rien à voir avec le scénario. Un réglage de lumière peut prendre une heure, une rue peut devenir indisponible — et ta scène glisse de 10 h à 16 h. Moi, j'ai lu un roman entier (un polar de 400 pages, fini avant le déjeuner). D'autres dorment, tricotent, jouent aux cartes ou révisent leurs partiels sur un coin de table (ma voisine de chaise surlignait son manuel de droit des contrats avec trois couleurs de fluo).

Quand ton tour arrive, un assistant de mise en scène place chacun et donne les actions. « Toi, tu traverses de gauche à droite quand l'actrice ouvre la porte. Toi, tu regardes la vitrine. » Il y a une ou deux répétitions, puis la séquence que tu connais des making-of : « Silence ! », « Moteur », « Ça tourne », « Action ! »… et « Coupez ». Puis on recommence. Encore. Et encore, en changeant l'angle de la caméra. Vingt-trois fois, dans mon cas.

Le déjeuner se prend à la cantine du tournage ou avec un panier-repas selon la production, et c'est souvent le meilleur moment pour discuter avec les autres figurants. En fin de journée, on te « libère » — tu rends ton costume, tu signes la feuille de présence avec tes horaires. Et tu rentres les pieds en compote, avec l'impression d'avoir vu les coulisses d'un spectacle. Ce qui est exactement le cas.

Jeune femme assise dans l'herbe d'un parc en train de lire un livre, au soleil
Un livre, une batterie externe, un en-cas : l'attente fait partie du métier.

Les tenues à apporter (et celles qui finiront au fond du sac)

La convocation précise presque toujours les tenues attendues. La mienne tenait en une ligne — couleurs neutres, pas de blanc, pas de rayures, pas de logo. Chaque consigne a sa raison. Le blanc pur accroche la lumière et attire l'œil. Les rayures fines peuvent « vibrer » à l'image. Un logo de marque visible pose une question de droits que la production préfère éviter. Et une figurante en rouge vif au fond d'une scène vole la vedette à tout le monde (précisément ce qu'on ne lui demande pas).

Apporte deux ou trois options qui correspondent à la scène annoncée : « tenue de bureau », « tenue de soirée », « style étudiant », rangées de façon à pouvoir les montrer en trente secondes à la costumière. Pense à la saison du film, pas à celle du calendrier. Un tournage de juillet peut raconter une soirée de novembre — et tu passeras l'après-midi en manteau sous 28 degrés. Des chaussures propres et silencieuses (oui, silencieuses), aussi : des semelles qui claquent sur le pavé gâchent une prise quand l'ingénieur du son enregistre les dialogues.

Portant chargé de vêtements aux couleurs neutres, chemises et vestes sur cintres
Couleurs neutres, matières unies : la garde-robe idéale d'une journée de figuration.

Si on te demande d'apporter une tenue particulière (une robe de soirée, un uniforme, un maillot de bain), pose la question au moment de la convocation, parce que ces tenues peuvent donner lieu à un supplément et qu'il vaut mieux le savoir avant qu'après.

Les règles du plateau que personne ne t'explique

Un plateau de tournage fonctionne avec des règles implicites que les habitués connaissent par cœur et que personne ne prend le temps d'expliquer aux nouvelles venues, entre deux prises et trois changements de décor. Les voilà, telles qu'on me les a transmises ce samedi-là — et telles que je les ai vérifiées à mes dépens.

  • Ne regarde jamais la caméra. Jamais (même quand elle passe à trente centimètres de ton nez). Un regard caméra, c'est une prise à refaire pour toute l'équipe.
  • Parle sans le son. Quand tu « discutes » à une terrasse, tu bouges les lèvres sans émettre un bruit : le brouhaha se fabrique au montage.
  • Refais exactement le même geste. Même main, même tasse, même moment. C'est le raccord, et c'est ce qui rend fou (ma cuillère a tourné vingt-trois fois dans le même sens).
  • Ne change rien entre deux prises. Pas de barrette ajoutée, pas de lunettes retirées, pas de veste enlevée parce qu'il fait chaud.
  • Téléphone en mode avion. Une vibration pendant une prise s'entend — et de loin.
  • Ne disparais pas. Si tu t'éloignes de la zone d'attente, préviens : on doit pouvoir te retrouver en trente secondes.
  • Laisse les comédiens travailler. Pas de selfie, pas de demande d'autographe entre deux prises.
Clap de cinéma en gros plan, posé ouvert sur une surface réfléchissante
Le clap marque chaque prise : quand il claque, la figurante est déjà en place et ne regarde surtout pas l'objectif.

Fiche de paie, impôts, intermittence : ce qui se passe après le tournage

Après le tournage, tu reçois une fiche de paie et une attestation employeur. Le contrat peut être un CDD d'usage — un contrat court que le Code du travail autorise dans le spectacle, l'audiovisuel et le cinéma. Les délais de paiement varient selon les productions : pour moi, le cachet est arrivé trois semaines après la journée.

Côté impôts, ton cachet est un salaire comme un autre, à déclarer. Mais si tu es étudiante, une règle peut t'épargner. Selon impots.gouv.fr, les salaires d'un job pendant les études ou les vacances peuvent être exonérés d'impôt, sur option. Condition : avoir 25 ans au plus au 1er janvier de l'année d'imposition. Plafond : trois fois le montant mensuel du Smic sur l'année (de quoi couvrir pas mal de samedis).

Et l'intermittence ? Sur le papier, la figuration peut y mener, puisque l'artiste de complément est une artiste du spectacle. Dans les faits, la marche est haute. Il faut justifier de 507 heures de travail sur les 12 mois qui précèdent la fin de ton dernier contrat. Et le guide des intermittents du spectacle de France Travail indique qu'« un cachet est comptabilisé à hauteur de 12 heures ». Résultat : 43 cachets en douze mois. Pour une figurante qui tourne quelques samedis par an, c'est un horizon lointain. Garde quand même tes attestations — on ne sait jamais où mène une première journée.

Si la figuration te plaît sans devenir un projet, garde-la comme une sortie à part. Pour un samedi qui change du ciné-resto, elle se range très bien à côté de nos idées de sorties originales pour le week-end. Avec une différence de taille — ici, on te paie pour venir.

Figuration avant 16 ans : l'autorisation obligatoire

Avant 16 ans, pas de figuration sans autorisation administrative. L'article L7124-1 du Code du travail pose la règle : « Un enfant de moins de seize ans ne peut, sans autorisation individuelle préalable, accordée par l'autorité administrative, être, à quelque titre que ce soit, engagé ou produit » dans une entreprise de cinéma, de radio, de télévision ou d'enregistrements audiovisuels. C'est la production qui dépose la demande, auprès du préfet. Si ta petite sœur, ta nièce ou l'enfant que tu gardes reçoit une convocation, c'est donc à la production que tu poses la question.

L'argent de l'enfant est protégé aussi. La Caisse des Dépôts explique qu'une commission administrative fixe deux parts du cachet — celle versée aux parents, et celle bloquée jusqu'à la majorité. Cette seconde part, l'employeur la verse directement à la Caisse des Dépôts. Les parents ne peuvent pas y toucher : les revenus se récupèrent à 18 ans.

Ta première convocation ne fera pas de toi une star. Elle te donnera mieux : une journée de l'autre côté de l'écran et des anecdotes pour dix ans. Et, qui sait, un coude flou dans un téléfilm. Prépare ton kit candidature ce soir, rejoins deux groupes de ta région, et réponds au premier appel qui colle à tes dates.

Questions fréquentes

Faut-il de l'expérience pour faire de la figuration ?

Non. La figuration est la porte d'entrée la plus ouverte du tournage : aucune formation, aucun CV d'actrice, aucune expérience ne sont demandés. Ce qui compte, c'est un profil qui correspond à la scène, des photos récentes et une vraie disponibilité le jour dit.

Faut-il un physique particulier pour être figurante ?

Non. Une rue, un café ou un marché crédibles demandent des gens de tous les âges, de toutes les tailles, de toutes les silhouettes et de tous les styles. Certains appels cherchent des profils précis (une époque, un métier, un style), mais la plupart veulent simplement des passants qui ont l'air vrais.

Combien de temps dure une journée de figuration ?

Une journée entière, prévois-la comme telle. La grille cinéma calcule la semaine de figuration sur 40 heures en cinq jours. Mais la présence réelle dépend du plan de travail — arrivée matinale, longues attentes, parfois des heures supplémentaires. Ne cale rien d'important le soir même.

Combien est payée une figurante en 2025 ?

Au cinéma, la grille de la convention collective fixe le salaire journalier minimum de la figuration à 107 € brut, majoration de 10 % comprise. À la télévision, le cachet minimum d'un figurant est de 98 € en 2025 (96 € dans un ensemble de 30 personnes ou plus). Une silhouette muette ou parlante est mieux payée.

Une agence de figuration peut-elle me faire payer mon inscription ?

En principe, non : un agent artistique se rémunère en pourcentage de tes cachets. L'article D7121-7 du Code du travail plafonne sa part à 10 % du brut (15 % pour des missions particulières). Une somme fixe exigée avant le moindre tournage ne correspond pas à ce modèle : méfie-toi.

Peut-on faire de la figuration quand on est étudiante ?

Oui, et c'est même l'un des jobs les plus faciles à caser entre deux partiels, puisque tu choisis toi-même les dates auxquelles tu réponds. Les salaires d'un job pendant les études ou les vacances peuvent être exonérés d'impôt, sur option. Condition : avoir 25 ans au plus au 1er janvier de l'année d'imposition. Plafond : trois fois le Smic mensuel sur l'année.

La figuration peut-elle mener à un rôle ?

Rarement, et il vaut mieux ne pas y aller pour ça. Il arrive qu'une figurante devienne silhouette parlante sur le plateau parce qu'elle est là, fiable, disponible et capable de dire trois mots sans regarder la caméra. Pour jouer vraiment, la voie reste celle des cours de théâtre, des castings d'actrice et d'un agent.

Faut-il être intermittente du spectacle pour faire de la figuration ?

Non. Tu es embauchée pour la journée avec un contrat et une fiche de paie, sans statut particulier. L'intermittence est un régime d'assurance chômage qui demande 507 heures de travail sur 12 mois (un cachet compte pour 12 heures). Il se construit après — pas avant.

Sources