Le 10 janvier 1944, au petit matin, un garçon de six ans est arrêté à Bordeaux par la police française et des militaires allemands. On l'enferme dans la grande synagogue de la ville avec 360 autres juifs. Ses parents ont été déportés deux ans plus tôt. Il se cache dans les toilettes du bâtiment, grimpe le long de la chasse d'eau et se blottit entre elle et le plafond. Puis il s'échappe — un récit qu'il a confié à France 3 Nouvelle-Aquitaine. Ce garçon, Boris Cyrulnik, deviendra le neuropsychiatre qui a consacré une grande partie de son œuvre à la résilience.
Son histoire a tout d'une exception. La recherche dit pourtant l'inverse : après un évènement potentiellement traumatique, deux personnes sur trois en moyenne gardent un fonctionnement psychologique stable (revue d'études de suivi publiée en 2018 dans Clinical Psychology Review). La résilience est la réponse la plus fréquente à ce type d'évènement — ce qui ne veut pas dire la plus facile.
Quand vous traversez un deuil, une séparation ou une maladie, la définition qui compte est plus simple et plus dure que celle des magazines. La résilience, c'est la capacité à construire une vie vivable après l'invivable. Elle prend du temps, souvent bien plus que quelques semaines. C'est la manière dont ce qui vous a brisée finit par faire partie de la personne que vous devenez — sans nier la blessure et sans vous y noyer.
Ce que la résilience veut dire en psychologie
Le terme vient de la physique : un matériau « résilient » retrouve sa forme après une déformation. En psychologie, le mot prend un autre sens. Après un deuil, une rupture, une maladie ou un traumatisme, vous devenez quelqu'un qui a traversé l'épreuve et qui la porte avec elle.
Boris Cyrulnik a introduit le concept en France dans les années 1990. Dans un entretien accordé à la fondation Apprentis d'Auteuil en novembre 2024, il le définit simplement : « C'est la reprise d'un nouveau développement après un traumatisme. » Il insiste aussi sur ce que l'on oublie souvent : « laissé seul, un enfant abandonné ou maltraité, un adulte blessé par la vie, a très peu de chances de se remettre à vivre correctement ». D'où sa notion de « tuteurs de résilience », que la Fondation Action Enfance présente dans son dossier sur ses travaux. Ce sont des personnes qui guident et soutiennent — un adulte, ou au moins un aîné, qui apporte de l'aide, de l'affection ou de l'estime.
Le guide de l'American Psychological Association (APA) sur la résilience la décrit de son côté comme un processus. Il s'agit de bien s'adapter face à l'adversité, à un traumatisme, à une tragédie, à des menaces ou à des sources de stress importantes. Ce processus repose sur des comportements, des pensées et des actions que chacun peut apprendre et développer, précise le guide.
La résilience laisse donc de la place aux larmes. Vous pouvez pleurer, vous effondrer un soir, mettre des mois à vous relever et être résiliente quand même. Le processus tient en quelques gestes — traverser la douleur sans en faire votre identité, trouver à l'épreuve une signification (même sans lui trouver de raison), garder ou reconstruire vos liens. Et continuer à vous projeter dans un avenir, même modeste.
Ce que la science dit de la résilience
Dans leur revue de 54 études sur les trajectoires après un traumatisme (NYU et Columbia University, 2018), Isaac Galatzer-Levy, Shan Huang et George Bonanno trouvent un fonctionnement psychologique stable chez 65,7 % des personnes en moyenne. Viennent ensuite la récupération après une période de détresse (20,8 %), la détresse chronique (10,6 %) et l'apparition différée des symptômes (8,9 %). Ces moyennes sont calculées population par population — d'où un total supérieur à 100 %.
Stable signifie ici que le fonctionnement psychologique tient, même quand la peine est là. Un départ difficile laisse aussi la porte ouverte : dans cette revue, une personne sur cinq environ récupère après une première période de détresse.
Ce que la neuroscience ajoute : le cerveau est « plastique ». Ses réseaux se réorganisent tout au long de la vie, en réponse aux expériences vécues. Le traumatisme laisse des traces réelles — et ces traces peuvent bouger. En janvier 2025, une étude de l'Inserm sur la plasticité cérébrale après les attentats du 13 novembre 2015 a porté sur des personnes remises d'un trouble de stress post-traumatique (TSPT). Chez elles, les mécanismes qui contrôlent la mémoire se refaçonnent avec le temps — jusqu'à ressembler à ceux des personnes qui n'avaient pas été exposées.
La biologie du stress apporte une dimension supplémentaire. Selon l'Inserm, des facteurs génétiques et épigénétiques (qui modifient l'expression des gènes sans toucher à l'ADN lui-même) seraient aussi impliqués dans la vulnérabilité de chacun. Le trouble s'accompagne en outre d'une perturbation de l'axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien, le système qui orchestre la réponse au stress. Rien de tout cela ne fait de la résilience un destin : c'est un terrain, pas un verdict.
Les facteurs qui favorisent la résilience
Trois séries de facteurs pèsent sur la résilience : ce que vous portez en vous, ce qui vous entoure et ce qui vous fragilise. Toutes évoluent avec le temps — chacune peut se développer, se renforcer ou s'atrophier.
Ce que vous portez en vous. La régulation émotionnelle en est le socle : savoir identifier une émotion, la nommer, la traverser sans être submergée. Le sociologue Aaron Antonovsky parlait de « sentiment de cohérence » — la conviction que la vie reste compréhensible, gérable et porteuse de sens. Le psychologue Albert Bandura a décrit l'auto-efficacité — cette croyance en votre capacité à peser sur les évènements. S'y ajoutent la flexibilité cognitive (envisager plusieurs lectures d'une même situation) et l'humour — une façon de prendre du recul.
Ce qui vous entoure. Le soutien social arrive en tête — avoir au moins une personne qui tient à vous sans condition. Le guide de l'APA en fait son premier conseil. S'entourer de personnes empathiques et compréhensives, explique-t-il, rappelle qu'on n'est pas seule au milieu des difficultés. Un environnement sécurisant complète ce socle extérieur. L'accès à des ressources compte aussi — une thérapie, un groupe de soutien, mais également un emploi, un logement, des aides sociales. Tout comme un cadre culturel ou spirituel qui donne du sens à l'expérience.
Ce qui vous fragilise :
- Des traumatismes antérieurs non traités (l'épreuve « rouvre » des blessures plus anciennes).
- L'isolement social.
- La précarité économique : un niveau socio-économique ou d'éducation faible figure parmi les facteurs de risque de stress post-traumatique (Inserm).
- Un style d'attachement anxieux ou désorganisé.
- La tendance à ruminer plutôt qu'à chercher des solutions.
Le dossier de l'Inserm sur le stress post-traumatique le résume ainsi : face à un même évènement, le risque de développer des troubles dépend de facteurs préexistants propres à chacun. Il dépend aussi du contexte dans lequel se déroulent les suites de l'évènement. Autrement dit, ce qui se passe après compte aussi.
Le corps dans la résilience : ce qu'on oublie souvent
Votre corps participe à chaque étape de la résilience, et en prendre soin fait partie du travail de reconstruction. On présente volontiers la résilience comme une affaire purement psychologique. Le premier signal d'une épreuve est pourtant souvent physique — un sommeil qui se dérègle, une fatigue qui ne passe pas.
Le traumatisme s'inscrit dans le corps. Le psychiatre américain Bessel van der Kolk en a fait le sujet de son livre The Body Keeps the Score (2014), traduit en français sous le titre Le corps n'oublie rien. Selon l'Inserm, le trouble de stress post-traumatique se traduit par une souffrance morale et des complications physiques. Parmi ses signes figurent des troubles du sommeil, une irritabilité et des difficultés de concentration.
Ce dont votre corps a besoin reste simple. Selon le guide de l'APA, une alimentation correcte, un sommeil suffisant, une bonne hydratation et une activité physique régulière l'aident à s'adapter au stress. Rien de spectaculaire — et c'est justement ce qui saute en premier quand tout s'effondre.
Le sommeil. Les nuits hachées après un choc pèsent sur tout le reste, de votre patience à votre concentration. Si votre sommeil reste très perturbé pendant plusieurs semaines, c'est une raison valable de consulter votre médecin.
Le mouvement. Une activité physique modérée et régulière — marche rapide, natation, yoga, danse — vous reconnecte à la sensation d'habiter votre corps. Elle arrive à un moment où vous avez peut-être l'impression de le subir.
L'alimentation. Dans les semaines difficiles, l'enjeu est surtout de continuer à manger régulièrement et de façon variée — quitte à accepter que quelqu'un cuisine pour vous. Les régimes miracles et les super-aliments anti-stress peuvent attendre.
Combien de temps pour rebondir : les repères de la recherche
Personne ne peut vous donner de date — la résilience suit rarement un chemin rectiligne. Les modèles par étapes (comme les étapes du deuil d'Elisabeth Kübler-Ross) aident à nommer ce que vous traversez. Gardez-les comme des repères, sans en faire des injonctions : dans la vraie vie, les étapes se chevauchent et reviennent.
L'image qui me paraît la plus juste est celle d'une spirale. Vous revenez sur des émotions que vous pensiez traversées — mais à chaque passage avec un peu plus de distance. C'est ma lecture personnelle ; les repères de temps solides, eux, viennent des études sur le stress post-traumatique.
Les premières semaines. Juste après l'évènement, les signes de choc (cauchemars, état d'alerte, sommeil haché, difficultés de concentration) relèvent de ce qu'on appelle un état de stress aigu. D'après le dossier de l'Inserm sur les troubles du stress post-traumatique, on parle de TSPT seulement lorsque ces signes persistent au-delà de 4 semaines.
Les trois premiers mois. La plupart des personnes guérissent de ces troubles dans les 3 mois qui suivent l'évènement. Environ 20 % évoluent vers une forme chronique — celle-ci relève d'un traitement. Les psychothérapies (par exemple cognitivo-comportementales ou EMDR) sont recommandées en première intention.
Plus tard, parfois. Chez certaines personnes, les troubles s'installent progressivement — après plusieurs semaines, plusieurs mois, voire des années. Le même dossier de l'Inserm le signale, et la revue des trajectoires publiée en 2018 chiffre cette apparition différée à 8,9 % en moyenne. Si c'est votre cas, votre rebond suit simplement une trajectoire connue — et elle se soigne.
Après un deuil, une séparation ou une maladie : ce qui change selon l'épreuve
Les leviers restent les mêmes — le lien, le corps, le sens —, mais un deuil, une rupture et une maladie les sollicitent chacun à leur manière. Voici ce qui change, et vers qui vous tourner.
Après un deuil
Chaque deuil a son rythme. La fiche de Santé.fr sur le deuil, proposée par le Centre national des soins palliatifs et de la fin de vie, rappelle que chaque deuil suit son propre cheminement et qu'il n'existe pas d'étapes incontournables. Elle précise qu'il est normal d'être déprimé pendant quelques mois après une perte grave. Si cet état devient chronique, mieux vaut demander l'aide d'un médecin ou d'un psychologue. L'acceptation, enfin, ressemble à une adaptation progressive à une nouvelle réalité — même si la tristesse liée au manque ne disparaît jamais complètement. Pour parler, l'association Empreintes propose une écoute gratuite au 01 42 38 08 08, assurée par des bénévoles formés (horaires variables, vous pouvez laisser un message pour être rappelée).
Après une séparation
Une séparation cumule deux pertes : celle d'une relation et celle d'une vie organisée autour d'elle — le logement, l'argent, parfois le quotidien des enfants. La personne est toujours vivante, ce qui rend le deuil plus ambigu. Psycom, le site d'information sur la santé mentale, cite la séparation parmi les épreuves qui fragilisent, au même titre qu'un deuil ou une perte d'emploi. Le site oriente vers l'association Astrée : un accompagnement gratuit par un bénévole formé à l'écoute, avec une rencontre ou un appel par semaine. Si la rupture bouscule vos finances, reprendre la main sur votre budget fait partie du rebond — notre guide sur l'indépendance financière des femmes part justement d'une séparation.
Face à une maladie grave
Une maladie grave impose un traumatisme d'un autre genre : la menace reste devant vous et dure, avec des traitements, des examens, des incertitudes. En cas de cancer, vous pouvez vous appuyer sur les soins de support. L'Institut national du cancer (INCa) rappelle qu'ils font partie intégrante du parcours de soins et ne sont ni secondaires, ni optionnels. Ils comprennent notamment un accompagnement psychologique, un soutien social et l'aide à une activité physique adaptée — et ils concernent aussi vos proches. Parlez-en à votre équipe soignante : ils doivent vous être proposés si vous en avez besoin. La Ligue contre le cancer propose par ailleurs une écoute anonyme et gratuite assurée par des psychologues, au 0 800 940 939 (puis touche 1), du lundi au vendredi de 9 h à 19 h.
Ce qui bloque la résilience
Honte, silence imposé, isolement, pression à « aller bien » : ces quatre freins reviennent souvent quand la résilience piétine.
La honte. « Je devrais être guérie depuis le temps. » « Je n'aurais pas dû laisser faire ça. » La honte isole et empêche de chercher de l'aide. Elle est particulièrement présente après certains traumatismes — violences, abus, dépression post-partum.
La mise sous silence forcée. « On n'en parle plus, c'est dans le passé. » Pouvoir mettre des mots sur ce que vous avez traversé — avec une personne de confiance, un thérapeute, ou par l'écriture — est une partie essentielle de l'intégration. Le but est de donner à l'épreuve une place dans votre histoire.
L'isolement choisi ou imposé. Se couper du monde peut sembler protecteur à court terme. La résilience se construit pourtant dans le lien. Si le sujet vous concerne de près, notre état des lieux de la santé mentale des femmes et des solutions concrètes recense les appuis qui existent.
La pression à « aller bien ». Elle vient de l'entourage, du milieu professionnel, de vous-même. « Je ne veux pas me plaindre. » « Il y en a qui ont vécu bien pire. » Cette minimisation est une forme d'abandon de soi.
Comment cultiver sa résilience avant les épreuves
Vous n'attendez pas une fracture pour vous intéresser à la solidité de vos os. La résilience se cultive, elle aussi, en dehors des crises — dans le quotidien, dans les petites adversités, dans les habitudes qui renforcent vos ressources.
Développez votre conscience émotionnelle. Savoir nommer précisément ce que vous ressentez (« j'ai honte parce que j'étais sûre de réussir », plutôt qu'un vague « je suis stressée ») est un muscle qui se travaille. La thérapie, le journaling, la pleine conscience sont autant d'outils. Pour l'entraîner au jour le jour, ces exercices quotidiens pour reprendre confiance en soi sont un bon point de départ.
Construisez des liens qui comptent. Quelques relations profondes — où vous pouvez être vulnérable sans être jugée — comptent plus qu'un large réseau. Ces liens sont votre « filet » en cas de chute.
Acceptez l'impermanence des petites choses. Les adversités du quotidien — une déception, un projet raté, une dispute — sont des occasions de vous exercer à traverser des émotions difficiles. Chaque petite épreuve surmontée renforce un peu votre confiance dans votre propre capacité à traverser.
Clarifiez ce qui compte pour vous. Des valeurs claires, des engagements, une idée de ce qui vous importe indépendamment des circonstances. C'est l'intuition centrale de Viktor Frankl — psychiatre viennois rescapé des camps nazis, il a bâti son œuvre sur la recherche de sens.
Pratiques concrètes pour reconstruire après une épreuve
L'écriture expressive ouvre cette liste parce qu'elle est la mieux documentée des cinq pratiques. La recherche de sens la ferme, parce qu'elle est la plus personnelle.
L'écriture expressive. Le protocole a peu changé depuis la première étude de James Pennebaker et Sandra Beall, en 1986. Il consiste à écrire sur un évènement difficile pendant 15 à 20 minutes, 3 à 5 fois (souvent sur des jours consécutifs), sans chercher à bien écrire. Selon la synthèse de Karen Baikie et Kay Wilhelm sur les bienfaits de l'écriture expressive, les personnes qui s'y prêtent ont en général une meilleure santé physique et psychologique que celles qui écrivent sur des sujets neutres. Les autrices signalent aussi une hausse passagère de la détresse juste après l'écriture — vous pouvez vous arrêter à tout moment.
La gratitude ciblée. Notez chaque soir 1 à 3 moments précis où quelque chose ou quelqu'un vous a soutenue, même modestement. Le guide de l'APA suggère lui aussi de vous rappeler ce pour quoi vous êtes reconnaissante, y compris dans l'épreuve. Cette pratique laisse la douleur en place, mais elle élargit le champ de ce que vous voyez.
Les rituels de transition. Créez-vous de petits rituels qui marquent les passages de la journée (le matin, avant de dormir, après une séance de thérapie). Un thé préparé avec attention, une promenade de 10 minutes, quelques pages d'un livre : ces rituels sont des ancres.
Limitez la rumination. La rumination — tourner en boucle autour des mêmes pensées douloureuses — est l'un des principaux obstacles à la résilience. Elle diffère du travail émotionnel sain : elle amplifie la détresse sans rien résoudre. Pour ces pensées qui reviennent sans cesse, les fiches d'auto-assistance du NHS inspirées des thérapies cognitivo-comportementales (TCC) décrivent le « worry time ». Il s'agit de réserver chaque jour un moment court (10 ou 15 minutes, par exemple avant le coucher) pour écrire vos inquiétudes et chercher des solutions. Quand une inquiétude surgit dans la journée, vous la mettez de côté pour ce moment-là.
Cherchez du sens, sans forcer. Trouver du sens peut vouloir dire : « Cette épreuve m'a appris quelque chose sur mes limites, sur ce qui compte vraiment pour moi, sur les gens sur qui je peux compter. » Personne ne vous demande de conclure que « c'était bien que ça arrive ». Le sens se construit progressivement, rarement dans l'urgence.
Quand et comment se faire aider après une épreuve
Votre résilience peut se construire avec de l'aide — et savoir quand la demander est une compétence en soi.
Les signaux qui indiquent qu'un accompagnement est nécessaire :
- Les symptômes (détresse, troubles du sommeil, anxiété intense) persistent au-delà d'un mois sans amélioration — c'est à partir de 4 semaines que l'on parle de trouble de stress post-traumatique.
- Vos activités quotidiennes sont fortement perturbées (travail, alimentation, hygiène).
- Des pensées suicidaires ou d'automutilation apparaissent.
- Vous utilisez des substances (alcool, médicaments) pour gérer la détresse.
- L'isolement social est total et dure.
Les ressources disponibles :
- Votre médecin traitant — premier interlocuteur, il peut vous orienter et prescrire si nécessaire.
- Les psychologues partenaires de Mon soutien psy. Depuis le 15 juin 2024, comme l'explique le communiqué de l'Assurance Maladie sur Mon soutien psy, vous pouvez les consulter directement, sans passer par un médecin. Le nombre de séances prises en charge est passé de 8 à 12 par an, à 50 € la séance.
- Les CMPP (centres médico-psycho-pédagogiques) pour les enfants.
- France Victimes, au 116 006 (gratuit, 7 jours sur 7), pour les victimes de violences, d'accidents ou d'autres faits qui leur ont porté préjudice.
- Le 3114, numéro national de prévention du suicide (gratuit, 24 h/24 et 7 j/7) : un professionnel du soin formé à la prévention du suicide vous répond.
Si l'épreuve se joue dans le couple (une crise, une séparation qui se profile), un accompagnement à deux peut aussi aider : voici quand et comment consulter en thérapie de couple.
Questions fréquentes
Est-ce que tout le monde peut développer la résilience ?
La recherche suggère que oui, dans des proportions variables selon les histoires personnelles et les ressources disponibles. L'American Psychological Association décrit la résilience comme un ensemble de comportements, de pensées et d'actions que chacun peut apprendre et développer. Elle se situe sur un continuum, loin du tout ou rien. Les facteurs qui la soutiennent (soutien social, sens, régulation émotionnelle) peuvent tous se travailler.
La résilience signifie-t-elle qu'on ne pleure plus, qu'on n'est plus triste ?
Non. La tristesse, le deuil et la nostalgie demeurent ; la résilience change leur place dans votre vie. Ces émotions restent accessibles, mais elles ne gouvernent plus le quotidien. L'image de la cicatrice est la plus juste : elle est là, visible parfois, et elle laisse vivre. Une personne résiliente pleure encore.
Peut-on être résiliente après un traumatisme très grave, comme un viol ou une guerre ?
Oui, même si le chemin est long. Boris Cyrulnik, rescapé à six ans de la rafle de Bordeaux en 1944, le résume d'une phrase dans son entretien à la fondation Apprentis d'Auteuil : « Personne n'est condamné à jamais parce qu'il a vécu un malheur. » Ces traversées restent difficiles et se font rarement seule : elles demandent souvent un accompagnement professionnel, parfois des années de travail. La reconstruction est possible. Pour les violences sexuelles, Viols Femmes Informations répond de façon anonyme et gratuite au 0 800 05 95 95, du lundi au vendredi de 10 h à 19 h.
Y a-t-il une différence entre hommes et femmes face aux épreuves ?
L'Inserm identifie les femmes, ainsi que les personnes dont le niveau socio-économique ou d'éducation est faible, comme plus à risque de développer un trouble de stress post-traumatique. Ce risque plus élevé invite surtout à repérer les symptômes tôt et à demander de l'aide sans attendre. Les injonctions culturelles (« un homme, ça ne pleure pas ») pèsent sans doute aussi sur la façon dont les hommes osent parler de ce qu'ils traversent.
Peut-on grandir à travers l'épreuve ?
La croissance post-traumatique, un concept développé par les psychologues Richard Tedeschi et Lawrence Calhoun dans les années 1990, décrit ce phénomène. Certaines personnes, après des épreuves majeures, rapportent une appréciation accrue de la vie, des relations plus profondes, un sentiment de force personnelle. Cette croissance varie d'une personne à l'autre — et elle coexiste avec la souffrance subie.
Comment aider quelqu'un qui traverse une épreuve sans « bien faire » à sa place ?
La meilleure chose à faire est souvent la plus simple : être présente sans chercher à réparer. Évitez les phrases comme « tu vas t'en sortir », « tout arrive pour une raison », « au moins tu as la santé » — aussi bien intentionnées soient-elles, elles minimisent. Demandez plutôt : « qu'est-ce qui t'aiderait maintenant ? » Puis proposez des aides concrètes (un repas déposé sans rien demander, une démarche, une présence silencieuse). Acceptez qu'il y ait des moments où vous ne pouvez rien faire, et que votre présence suffit.
Les enfants sont-ils plus résilients que les adultes ?
Les enfants sont vulnérables autrement, et aidés autrement. Ils ont moins de ressources pour comprendre et mettre en mots ce qu'ils traversent, et ils dépendent des adultes qui les entourent. C'est tout le sens des « tuteurs de résilience » décrits par Boris Cyrulnik : un adulte ou un aîné fiable, qui apporte de l'aide, de l'affection ou de l'estime. Cette personne peut être imparfaite — il lui suffit d'être là.
Sources
- France 3 Nouvelle-Aquitaine — Boris Cyrulnik raconte la rafle des juifs de Bordeaux (janvier 2024)
- Apprentis d'Auteuil — Boris Cyrulnik : la résilience ou l'espoir d'un autre chemin après un trauma (novembre 2024)
- Fondation Action Enfance — Boris Cyrulnik entre concept de résilience et théorie de l'attachement
- American Psychological Association — Building your resilience
- Galatzer-Levy, Huang et Bonanno (2018) — Trajectories of resilience and dysfunction following potential trauma, Clinical Psychology Review
- Inserm — Troubles du stress post-traumatique
- Inserm — Stress post-traumatique : la plasticité cérébrale, un mécanisme clé de la résilience au trauma (janvier 2025)
- Santé.fr — Après la mort, le deuil (Centre national des soins palliatifs et de la fin de vie)
- Psycom — S'aider soi-même, des outils pour tous
- Psycom — Les lignes d'écoute
- Institut national du cancer — Les soins de support
- Baikie et Wilhelm (2005) — Emotional and physical health benefits of expressive writing, Advances in Psychiatric Treatment
- NHS Every Mind Matters — Tackling your worries (techniques d'auto-assistance inspirées des TCC)
- Assurance Maladie — Mon soutien psy : le nombre de psychologues conventionnés progresse (octobre 2024)
- 3114 — Numéro national de prévention du suicide
- France Victimes — 116 006, numéro d'aide aux victimes