Petite fille assise dans l'herbe, un bouquet de fleurs sauvages à la main

Tiques et maladie de Lyme : se protéger et repérer les symptômes

Près d'une piqûre de tique sur quatre signalée en France n'a pas lieu en forêt. Elle a lieu dans un jardin. Sur les piqûres humaines déclarées entre 2017 et 2024 via l'application Signalement TIQUE, 49 % sont survenues en forêt, 23 % dans des jardins — et 4 % à l'intérieur même du domicile, selon le bilan du programme de recherche participative CiTIQUE publié par l'INRAE le 15 avril 2025. La pelouse où votre enfant fait des roulades un dimanche de mai fait donc partie du terrain des tiques. Au même titre que le sous-bois.

Le même bilan relève deux signaux qui concernent directement les parents. Dans les projets pilotes menés en Grand Est, les enfants — surtout ceux de 0 à 5 ans — font l'objet de 2 à 3 fois plus de signalements de piqûres que la moyenne nationale. Et de mars à mai, les tiques retirées sont plus souvent gorgées de sang : elles sont probablement restées accrochées plus de 24 heures. L'INRAE précise que ces signalements volontaires dessinent des tendances, pas une mesure exacte. La tendance, elle, est nette. On baisse la garde au moment où les tiques se réveillent.

Rien de tout cela ne doit vous éloigner du jardin ni de la forêt. La maladie de Lyme se prévient bien, s'annonce dans environ 80 % des cas par une rougeur visible et se soigne par antibiotiques. Ce guide s'appuie sur les recommandations actualisées en février 2025 par la Haute Autorité de santé (HAS) et sur l'Assurance maladie.

Petite fille assise dans l'herbe, un bouquet de fleurs sauvages à la main
Herbe haute, jeux au ras du sol : le risque de piqûre de tique est plus important chez les enfants, particulièrement de 0 à 5 ans.

Où et quand se fait-on piquer par une tique ?

La tique est un acarien qui se nourrit de sang. Elle vit dans les zones boisées et humides (feuilles mortes, broussailles), mais aussi dans les herbes hautes et dans les parcs, rappelle l'Assurance maladie. Elle a besoin d'ombre et d'humidité — un coin de jardin en friche, un tas de bois ou une haie touffue lui conviennent donc très bien.

La tique passe par trois stades — larve, nymphe, adulte. Elle peut piquer à chacun d'eux (chez l'adulte, seules les femelles piquent). Le stade le plus souvent en cause chez l'humain est la nymphe. Elle mesure 1 à 3 mm. Gorgée de sang, elle peut atteindre 1 cm — c'est souvent à ce moment-là, le lendemain, qu'on la remarque enfin.

Le calendrier des tiques en France

Les tiques s'activent dès le mois de mars (plus tôt encore dans les régions chaudes), avec un pic en mai-juin. On en parle peu avant ce pic, souligne l'INRAE — d'où la vigilance dès les premiers beaux jours. Les cas de maladie de Lyme, eux, sont surtout diagnostiqués entre juin et octobre — la saison d'activité maximale des tiques, selon Santé publique France.

L'exposition n'a rien d'exceptionnel. D'après le point publié par Santé publique France en mai 2023, environ un quart de la population déclarait en 2016 avoir déjà été piqué par une tique, et près d'un tiers en 2019. Cette année-là, 6 % des personnes interrogées rapportaient une piqûre dans les douze derniers mois.

Le risque au jardin n'a rien de nouveau. Dans un bilan de CiTIQUE publié en avril 2021, 28 % des personnes piquées entre 2017 et 2019 l'avaient été dans un jardin privé — et 47 % en mars-avril 2020, pendant le premier confinement. Les chercheurs parlent de « risque de proximité ». Celui d'un lieu familier, où l'on se protège moins.

Herbes hautes en fleur à la lisière d'un bois, sous une lumière filtrée par les arbres
Herbes hautes et lumière tamisée : une lisière de bois offre aux tiques les mêmes conditions qu'un jardin en friche.

La maladie de Lyme : une bactérie, un risque réel mais limité

La maladie de Lyme (ou borréliose de Lyme) est une infection due à une bactérie du complexe Borrelia burgdorferi sensu lato, transmise par les tiques du genre Ixodes. La tique s'infecte sur un animal porteur — gibier, oiseau ou rongeur, le plus souvent — puis peut transmettre la bactérie à l'humain lors d'un repas suivant.

Toutes les tiques ne sont pas porteuses. Sur plus de 2 000 tiques ayant piqué des humains en France, CiTIQUE en a trouvé 14,5 % porteuses de la bactérie de Lyme (et 29,9 % d'au moins un agent potentiellement pathogène). Une piqûre infectée ne rend pas non plus malade à coup sûr : le communiqué de la HAS du 18 février 2025 estime ce risque de transmission faible (1 à 4 %). Il dépend de la durée d'attachement de la tique, de la tique elle-même et de la personne piquée.

Un risque faible, mais sur une maladie fréquente. La HAS retient pour 2022 une incidence de 51 cas pour 100 000 habitants — entre 28 158 et 39 876 cas estimés — un taux plutôt stable depuis 2016. Santé publique France compte environ 810 hospitalisations par an, dans plus de la moitié des cas pour des atteintes neurologiques. L'Est et le Centre (Alsace, Lorraine, Limousin) dépassent 100 cas pour 100 000 habitants ; l'Ouest et le Sud-Est méditerranéen restent sous 50. Les plus de 60 ans sont les plus touchés, mais aucune classe d'âge n'est épargnée.

Ce que la maladie de Lyme n'est pas

Elle ne se transmet ni d'une personne à l'autre, ni par le contact avec un animal. Seule la piqûre d'une tique infectée la transmet. Elle n'immunise pas non plus : l'Assurance maladie rappelle qu'on peut être réinfecté. Enfin, la tique transmet d'autres maladies, plus rares — l'encéphalite à tiques, certaines rickettsioses. Il existe un vaccin contre l'encéphalite à tiques. Contre Lyme, aucun : la prévention des piqûres reste le premier levier.

Se protéger des tiques avant de sortir : vêtements, répulsifs, jardin

La prévention repose d'abord sur une protection mécanique, que la HAS classe au plus haut niveau de preuve (grade A). Avant une balade ou une séance de jardinage, voici les gestes recommandés.

  • Portez des vêtements clairs et couvrants, où les tiques se repèrent mieux.
  • Couvrez la tête et le cou, en particulier chez les enfants.
  • Mettez des chaussures fermées et glissez le pantalon dans les chaussettes.
  • Restez sur les chemins, loin des broussailles, fougères et hautes herbes.
  • Pour un pique-nique, étendez un tissu clair plutôt que de vous asseoir à même le sol.
  • Glissez un tire-tique dans votre sac (à défaut, une pince à épiler).

Ces gestes restent peu appliqués. En 2019, parmi les personnes qui se sentaient exposées, 74 % portaient des vêtements longs, mais 17 % seulement utilisaient un répulsif, selon le Baromètre de Santé publique France.

Randonneuse en pantalon long et chaussures fermées sur un chemin forestier dégagé, parmi de grands arbres
Pantalon long, chaussures fermées, chemin dégagé : la protection mécanique reste la base.

Les répulsifs cutanés : lesquels, et pour qui ?

La HAS recommande les répulsifs qui disposent d'une autorisation de mise sur le marché (AMM). C'est le cas de tous les produits au DEET et de la plupart de ceux à l'IR3535. La picaridine et l'huile d'eucalyptus citronné (PMD) ont prouvé leur efficacité — leur AMM était en cours en février 2025. Ces produits restent potentiellement toxiques : suivez la notice, fréquence d'application comprise.

Protection Femme enceinte Jeune enfant Repère
Répulsif au DEET Contre-indiqué. Contre-indiqué avant 2 ans. AMM pour tous les produits.
Répulsif à l'IR3535 Possible, plus faible concentration. Possible dès 6 mois. AMM pour la plupart.
Picaridine, PMD Selon la notice. Selon la notice. AMM en cours.
Vêtements à la perméthrine Non. Non. Plus recommandé (toxicité).
Bracelets insecticides Non. Non. Efficacité non démontrée.

Changement notable : l'imprégnation des vêtements à la perméthrine, longtemps conseillée en cas de forte exposition, n'est plus recommandée par la HAS — sa toxicité, individuelle et environnementale, est désormais documentée. Reste possible : appliquer ponctuellement un répulsif cutané sur les points d'entrée — bas du pantalon, poignets.

Un jardin moins accueillant pour les tiques

Une part des piqûres a lieu près de la maison — le jardin mérite donc quelques aménagements. L'Assurance maladie conseille de créer des zones dégagées et ensoleillées (les tiques ont besoin d'ombre et d'humidité), de tondre court et d'éviter les tas de bois. Les animaux de compagnie peuvent ramener des tiques : un traitement antiparasitaire — ou, a minima, un brossage — limite leur prolifération.

L'inspection au retour : où chercher une tique sur le corps

Une piqûre de tique passe facilement inaperçue. Une nymphe, à peine plus grosse qu'une tête d'épingle, se confond avec un grain de beauté. L'examen du corps après chaque sortie reste donc un geste central. La HAS recommande de vérifier l'absence de tique pendant la sortie, puis de faire un examen minutieux au retour, le plus vite possible.

Les tiques s'installent là où la peau est fine, chaude et humide. Regardez en priorité ces zones.

  • Les aisselles et les plis du genou.
  • Les organes génitaux et le nombril.
  • Les conduits auditifs et l'arrière des oreilles.
  • Le cou et le cuir chevelu, chez l'enfant en priorité.
  • La taille, là où l'élastique serre.

Vérifiez aussi les vêtements, dessus et dessous. Puis recommencez le lendemain. Une tique qui a passé la nuit accrochée sera gorgée de sang, donc plus visible. Ce second contrôle n'a rien de superflu — en 2019, 53 % seulement des personnes exposées déclaraient s'inspecter le corps après une sortie (Santé publique France).

Main d'adulte qui écarte doucement les cheveux d'une petite fille près du sommet du crâne
Cuir chevelu, arrière des oreilles, nuque : chez l'enfant, l'inspection commence par la tête.

Retirer une tique correctement, étape par étape

Plus une tique infectée reste accrochée, plus le risque de transmission augmente. La fiche de l'Assurance maladie sur les morsures de tique va jusqu'à écrire qu'un retrait dans les 12 à 24 heures empêche la transmission de la bactérie. Et ce n'est pas un geste médical : la HAS le dit accessible à tous, sans formation.

  1. N'appliquez aucun produit. Ni éther, ni alcool, ni huile — la tique pourrait régurgiter les bactéries de sa salive.
  2. Prenez un tire-tique. Il existe en deux tailles, pour les larves et nymphes et pour les adultes (à défaut, une pince à épiler fine).
  3. Glissez le crochet sous la tique, au plus près de la peau, sans l'écraser.
  4. Tournez en tirant doucement. Un mouvement de « vissage-dévissage », perpendiculaire à la peau, détache la tique entière.
  5. Désinfectez la zone avec un antiseptique, ou à l'eau et au savon.
  6. Lavez-vous les mains à l'eau et au savon.

Et si la tête reste dans la peau ? Pour la HAS, les « pièces piqueuses » restées sous la peau n'augmentent pas le risque de maladie. Elles peuvent laisser une petite papule persistante (un granulome), sans conséquence. Ne creusez pas pour les extraire — demandez plutôt conseil au pharmacien ou au médecin.

Tique adulte au corps brun-rouge et à l'écusson noir, posée sur le pétale d'une fleur blanche
Une tique adulte, ici sur une fleur. Adulte ou nymphe, elle se retire entière, au plus près de la peau, sans l'écraser.

Après une piqûre de tique : noter, photographier, surveiller

La tique est retirée ? L'essentiel est fait. Reste à garder une trace, parce que les premiers signes de Lyme peuvent apparaître jusqu'à un mois plus tard — quand on a oublié la piqûre. La HAS recommande de noter la date et l'endroit du corps dans le dossier médical et, pour un enfant, dans son carnet de santé. Elle suggère aussi de photographier la tique, puis la zone en cas de rougeur.

Vous pouvez signaler la piqûre dans l'application Signalement TIQUE, voire envoyer la tique au laboratoire de Nancy qui héberge CiTIQUE. Ces signalements nourrissent la recherche — ce sont eux qui ont révélé la part des jardins.

Ce qu'il ne faut pas faire après une piqûre

Trois réflexes fréquents sont déconseillés par la HAS pour tout le monde — enfants, femmes enceintes et personnes immunodéprimées compris.

  • Une prise de sang juste après la piqûre. La sérologie de Lyme n'est pas recommandée à ce stade.
  • Un autotest. Ceux vendus en libre accès, y compris en pharmacie, ne sont pas recommandés.
  • Des antibiotiques « par précaution ». L'infection est rare, les effets indésirables sont réels, et un traitement préventif peut rassurer à tort puis retarder le diagnostic.

Un petit bouton rouge qui démange, apparu tout de suite ou dans les 24 heures, est une réaction normale à la salive de la tique. Il ne signifie pas que la bactérie a été transmise. Ce qui doit alerter, c'est une rougeur plus tardive. Et qui s'étend.

Reconnaître l'érythème migrant, le premier signe de Lyme

L'érythème migrant est la forme la plus fréquente de la maladie de Lyme : il est présent dans 80 % des cas en Europe, selon les recommandations actualisées de la HAS. Il apparaît entre 3 et 30 jours après la piqûre, autour de son point d'impact. Son diagnostic est uniquement clinique — votre médecin le pose à l'œil.

  • C'est une plaque rose à rouge, ronde ou ovale, souvent centrée sur la trace de la piqûre.
  • Elle s'étend peu à peu vers l'extérieur et dépasse souvent 5 cm au diagnostic.
  • Sa bordure, en anneau, est plus rouge qu'un centre souvent plus clair.
  • Elle ne fait pas mal et, en général, ne démange pas.
  • Elle s'accompagne parfois (10 à 30 % des cas) de fatigue, d'une petite fièvre ou de courbatures.
Critère Réaction locale à la piqûre Érythème migrant
Apparition Tout de suite ou sous 24 heures. Entre 3 et 30 jours.
Démangeaisons Fréquentes. Généralement absentes.
Évolution Reste petite, puis s'estompe. S'étend jour après jour.
Taille Un bouton, une petite plaque. Souvent plus de 5 cm.
Que faire ? Désinfecter, surveiller. Consulter.

Devant un érythème migrant typique, aucun examen n'est justifié : la sérologie n'est pas recommandée (grade A). En cas de doute, la HAS conseille au médecin de mesurer la lésion et de vous revoir une semaine plus tard. Une plaque indolore qui continue de grandir suffit alors pour traiter.

Deux pièges existent. L'érythème peut passer inaperçu sur le cuir chevelu ou dans le dos — d'où la surveillance pendant quatre semaines. Et plusieurs plaques à distance de la piqûre (un érythème migrant multiple, plus souvent décrit chez l'enfant) justifient elles aussi une consultation rapide.

Main qui tient une loupe au-dessus de l'avant-bras pour observer de près un grain de beauté
Pendant quatre semaines après une piqûre, regardez la peau de près, à la même lumière, tous les deux ou trois jours.

Quand consulter après une piqûre de tique ?

Consultez votre médecin traitant si, dans les semaines qui suivent une piqûre (même oubliée), l'un de ces signes apparaît.

  • Une plaque rouge qui ne gratte pas et s'étend autour d'une piqûre vieille de plus de 3 jours.
  • Une rougeur semblable ailleurs sur le corps.
  • Une croûte noire au point de piqûre.
  • Une fièvre, une fatigue ou des douleurs inexpliquées.
  • Des douleurs articulaires ou des signes neurologiques — paralysie d'un côté du visage, douleurs le long d'un nerf, maux de tête inhabituels.

L'Assurance maladie demande aussi une vigilance particulière dans cinq situations : si vous êtes enceinte, si votre enfant de moins de 8 ans a été piqué, si vous êtes immunodéprimée, si la tique est restée plus de 36 heures (ou n'a pas pu être retirée), et si elle était gorgée de sang sans que vous sachiez depuis quand. Dans ces situations, surveillez la zone de très près pendant quatre semaines et, au moindre doute, parlez-en à votre médecin.

Sans traitement, la maladie peut se disséminer dans les six mois (atteintes articulaires, neurologiques, cardiaques ou oculaires), puis plus rarement évoluer au-delà vers des formes tardives, plus difficiles à diagnostiquer. Pour les cas complexes, le médecin traitant peut orienter vers un centre de compétence ou de référence des maladies vectorielles à tiques (CC-MVT, CR-MVT).

Médecin qui ausculte au stéthoscope une jeune patiente lors d'une consultation
En consultation, mentionnez toujours une piqûre de tique, même ancienne ou oubliée.

Tiques et enfants : ce qui change pour les plus petits

Les enfants jouent au ras du sol, se roulent dans l'herbe, s'accroupissent dans les buissons. Et ils ne signalent pas une piqûre qu'ils n'ont pas remarquée. Les signalements de CiTIQUE montrent chez eux un risque plus élevé, en particulier entre 0 et 5 ans. Les gestes restent les mêmes — ils deviennent simplement systématiques.

Protéger et inspecter un enfant

La HAS insiste sur la protection de la tête et du cou chez l'enfant (un chapeau suffit) et sur l'inspection du cuir chevelu, des oreilles, du cou, des aisselles, de l'aine et des genoux. Pour les répulsifs, les repères de l'Assurance maladie sont clairs : pas de DEET avant 2 ans, IR3535 possible dès 6 mois à plus faible concentration. Santé publique France propose aussi des supports pour les enfants — « la tactique anti-tiques » de Prudence — qui leur apprennent les bons réflexes.

Après une piqûre, notez-la dans le carnet de santé (date, localisation). Si votre enfant a moins de 8 ans, surveillez la zone avec une attention particulière et, au moindre doute, parlez-en à votre médecin.

Des signes à connaître chez l'enfant

Chez l'enfant, Lyme peut prendre des formes un peu différentes. Selon la HAS, les paralysies faciales liées à Lyme sont plus fréquentes chez lui (30 %) que chez l'adulte, et les moins de 15 ans sont plus souvent hospitalisés pour une neuroborréliose (une atteinte du système nerveux). Les atteintes méningées se manifestent parfois par de simples maux de tête, notamment chez l'enfant. Autre forme plus fréquente à cet âge : le lymphocytome borrélien, une petite lésion rouge ou violacée, souvent sur le lobe de l'oreille. Un visage qui « tombe » d'un côté, une oreille qui gonfle sans raison, un mal de tête qui ne passe pas après l'été — consultez, en précisant l'exposition aux tiques.

Côté traitement, l'actualisation de février 2025 marque un tournant. La HAS a introduit la doxycycline chez l'enfant de moins de 8 ans, un antibiotique jusque-là écarté à cet âge. Sous 20 kg, l'amoxicilline en sirop reste privilégiée, faute de forme adaptée.

Piqûre de tique pendant la grossesse ou l'allaitement

Être enceinte ne change pas le geste du retrait. Cela change deux choses : le choix du répulsif et le degré de vigilance après une piqûre. L'Assurance maladie contre-indique le DEET pendant la grossesse et admet l'IR3535 à plus faible concentration — les vêtements couvrants restent la base. Après une piqûre, elle range la grossesse parmi les situations de vigilance particulière : signalez-la à la sage-femme ou au médecin qui vous suit lors de votre prochain rendez-vous, et plus tôt si une rougeur ou de la fièvre apparaît.

Les données de la HAS sont plutôt rassurantes. Aucun risque de malformation n'a été démontré. La transmission au fœtus n'a pas été retrouvée dans les cohortes récentes (plusieurs milliers de femmes), même si un cas unique, bien documenté, suggère qu'elle reste possible. En revanche, une maladie de Lyme avérée pendant la grossesse se traite sans délai — une méta-analyse suggère que le traitement réduit le risque de mauvaise évolution, dont la fausse couche. Correctement traitée, la future mère n'a pas de surrisque de complications par rapport à la population générale.

Même enceinte, pas d'antibiotique « préventif » après une simple piqûre, ni de prise de sang systématique. Si un érythème migrant apparaît, la doxycycline est désormais le traitement de première intention, y compris pendant la grossesse et l'allaitement (depuis l'actualisation de 2025). L'amoxicilline reste l'alternative.

Mentionnez enfin la piqûre et le traitement reçu à l'équipe qui vous suivra jusqu'à l'accouchement. Et si une grossesse est possible sans être confirmée, dites-le au médecin avant toute prescription ; notre guide complet des méthodes de contraception passe chaque option en revue.

Le traitement de la maladie de Lyme et les suites

Devant un érythème migrant, l'antibiotique est indispensable et doit débuter vite (grade A). Les recommandations de 2025 retiennent la doxycycline en première intention, pendant 10 jours (14 jours si plusieurs plaques). L'amoxicilline, pendant 14 jours, est l'alternative ; l'azithromycine n'arrive qu'en troisième choix, à cause de ses effets indésirables potentiels. Pourquoi la doxycycline ? Une ou deux prises par jour, moins d'effets indésirables et un impact plus faible sur le microbiote intestinal, explique la HAS.

La réponse est excellente dans plus de 90 % des cas : la plaque disparaît en une semaine à un mois. Le suivi se fait à l'examen, sans sérologie. Allez au bout de la prescription, même si la rougeur s'efface avant.

Quand des symptômes persistent après le traitement

Certaines personnes gardent, après un traitement bien conduit, une fatigue invalidante, des douleurs musculaires ou articulaires, des troubles de la mémoire ou de la concentration. Au-delà de six mois après la fin du traitement, on parle de syndrome post-borréliose de Lyme traitée (PTLDS). La HAS en propose désormais une définition précise ; ces symptômes touchent en Europe entre 6 et 20 % des patients traités pour une borréliose de Lyme. Les causes du PTLDS restent mal connues, et aucun test ne le diagnostique. La HAS recommande une prise en charge personnalisée et pluridisciplinaire, de préférence en centre spécialisé — avec, si besoin, un accompagnement psychologique ou une réadaptation physique.

Une maladie de Lyme guérie ne protège pas de la suivante. Au printemps prochain, les mêmes gestes vaudront : vêtements clairs, inspection du soir, tire-tique à portée de main.

Questions fréquentes

Faut-il prendre des antibiotiques après une piqûre de tique ?

Non. La HAS ne recommande pas d'antibiotique préventif après une piqûre, quelle que soit la personne piquée — femme enceinte ou enfant compris. Le risque d'infection est faible, et un traitement « par précaution » pourrait retarder le diagnostic d'une maladie qui se déclarerait quand même. Retirez la tique, désinfectez, notez la date, surveillez.

Faut-il faire une prise de sang après une piqûre de tique ?

Non plus. La sérologie de Lyme n'est recommandée ni après une simple piqûre, ni devant un érythème migrant typique, qui se diagnostique à l'œil. Les autotests ne sont pas recommandés. La sérologie garde sa place dans certaines formes disséminées, sur décision médicale.

La tête de la tique est restée dans la peau : est-ce grave ?

Non. Selon la HAS, les pièces piqueuses restées sous la peau n'augmentent pas le risque de maladie. Elles peuvent laisser une petite papule qui dure un moment, sans conséquence. Ne creusez pas : désinfectez, et demandez conseil au pharmacien si la zone vous inquiète.

Combien de temps faut-il surveiller la zone de la piqûre ?

Environ quatre semaines, car l'érythème migrant apparaît entre 3 et 30 jours après la piqûre. Regardez la zone régulièrement, photographiez-la si une rougeur apparaît et mesurez-la. Une plaque qui s'étend sans gratter justifie une consultation.

Peut-on attraper la maladie de Lyme plusieurs fois ?

Oui. Avoir eu la maladie de Lyme ne donne pas d'immunité, rappelle l'Assurance maladie. Une nouvelle piqûre infectée peut entraîner une nouvelle infection — la prévention reste utile après une maladie de Lyme soignée.

Existe-t-il un vaccin contre la maladie de Lyme ?

Non, pas à ce jour : Santé publique France rappelle qu'il n'existe pas de vaccin contre la borréliose de Lyme. Un vaccin existe en revanche contre l'encéphalite à tiques, plus rare en France — votre médecin peut vous dire s'il vous concerne.

Mon enfant a été piqué : que faire en priorité ?

Retirez la tique au plus vite avec un tire-tique, sans produit, puis désinfectez. Notez la date et l'endroit dans son carnet de santé et surveillez la zone quatre semaines. S'il a moins de 8 ans, ou si la tique était gorgée de sang ou accrochée depuis plus de 36 heures, redoublez de vigilance et, au moindre doute, parlez-en à votre médecin.

Sources