Main ouverte et avant-bras, un tube gris enroulé autour du poignet, devant du matériel médical sur roulettes

Don du sang : qui peut donner, comment ça se passe, idées reçues

Le coton imbibé d'antiseptique est froid, presque glacé, et son odeur arrive avant lui — piquante, franche, une odeur d'infirmerie de collège. Clémence, 26 ans, développeuse dans une start-up, est allongée dans un fauteuil incliné — manche retroussée au-dessus du coude, un mardi de juin, 12 h 40. Elle a décidé de fixer une dalle du plafond. Le brassard serre juste ce qu'il faut. La piqûre est nette, brève, moins désagréable qu'elle ne l'avait imaginé pendant des années. Ensuite, presque plus rien. Une tiédeur discrète le long du bras, le ronronnement de la ventilation — et, à côté du fauteuil, la poche qui se remplit en oscillant doucement sur sa petite balance.

Dix minutes plus tard, Clémence boit un jus d'orange trop sucré en grignotant un paquet de biscuits, un pansement au creux du coude. Ce qu'elle repoussait depuis ses 18 ans a duré moins longtemps qu'un épisode de série. Et ce geste, l'Établissement français du sang (EFS) en a besoin 10 000 fois par jour. C'est le nombre de dons nécessaires pour soigner un million de malades chaque année, selon la page de l'EFS qui résume l'essentiel du don de sang. Le samedi 14 juin, Journée mondiale du donneur de sang, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) fait campagne autour d'un slogan qui associe le don à l'espoir — l'occasion de faire le point sur les critères, les délais d'attente et le déroulé d'un don.

Bras tendu relié par un tube à un appareil de prélèvement, un autre donneur installé en arrière-plan
Le bras reste relié par un tube à l'appareil de prélèvement pendant tout le don.

Qui peut donner son sang en France ?

En France, vous pouvez donner votre sang si vous avez entre 18 et 70 ans, si vous pesez au moins 50 kg et si l'entretien préalable au don ne révèle pas de contre-indication. Ces critères sont fixés par l'arrêté du 17 décembre 2019 fixant les critères de sélection des donneurs de sang. Ce texte réglementaire transpose une directive européenne commune à tous les États membres (d'où des règles proches d'un pays à l'autre). Sa rédaction est précise : « Une masse minimum de 50 kg est requise pour tout type de don ».

L'âge obéit à plusieurs paliers. De 18 à 65 ans, tous les types de don sont possibles (sang, plasma, plaquettes). Un premier don après 60 ans est soumis à l'appréciation d'un médecin. À partir de 65 ans, seul le don de sang total reste autorisé, et chaque don doit alors être validé par un médecin de l'EFS. Après 70 ans révolus, plus aucun don n'est possible (sauf dérogation). Avant 18 ans, la réponse est simple — c'est non, quel que soit le poids ou l'état de santé.

Le rythme, lui, dépend du sexe. Une femme peut faire au maximum quatre dons de sang total par an, un homme six. Entre deux dons de sang, il faut toujours respecter huit semaines. Le jour du don, votre taux d'hémoglobine (la protéine des globules rouges qui transporte l'oxygène) doit atteindre au minimum 120 g/l si vous êtes une femme (130 g/l pour un homme). Ces seuils garantissent que le prélèvement ne vous fera pas basculer dans l'anémie.

Reste la pièce d'identité « comportant une photo », exigée par le guide de l'EFS (en collecte, la carte de donneur dématérialisée de votre compte EFS peut en tenir lieu, précise le même guide).

Femmes et don du sang : pourquoi quatre dons par an, et pas six

Les femmes donnent moins souvent que les hommes pour une raison physiologique. Leur taux d'hémoglobine est plus bas, et leurs réserves de fer aussi. Le guide du donneur de l'EFS (version d'octobre 2024) le formule ainsi : le taux d'hémoglobine étant inférieur chez la femme, ses réserves de fer le sont aussi, « et il est important de préserver ses réserves de fer ». D'où la limite de quatre dons de sang par an (contre six pour un homme).

Un don prélève beaucoup de fer d'un coup. Les globules rouges en sont riches, et une poche de sang total en contient une grande quantité. L'EFS rappelle que le fer n'est pas fabriqué par l'organisme — c'est l'alimentation qui l'apporte, jour après jour. Pour une femme qui perd aussi du fer chaque mois avec ses règles, les réserves s'entament plus vite. C'est précisément ce que protège l'écart de quatre mois (contre trois pour un homme) que l'EFS conseille entre deux dons quand le fer est bas.

Une mesure de l'hémoglobine est donc faite avant le don dans trois situations, selon le guide de l'EFS — si vous êtes nouvelle donneuse, si votre dernier don date de plus de deux ans, ou si votre taux était bas la fois précédente. Cette mesure se fait sur place, avant le prélèvement. Si le taux est trop bas, on vous demandera de revenir plus tard — c'est un signal utile sur votre propre santé.

Gros plan sur un doigt piqué dont on recueille une goutte de sang pour un test rapide
La mesure de l'hémoglobine se fait avant un premier don, ou après une longue pause.

Vos règles, en elles-mêmes, ne figurent pas dans la liste des délais d'attente du guide du donneur de l'EFS. Ce qui compte, c'est l'état de vos réserves. Si vos règles sont très abondantes, ou si vous vous sentez souvent épuisée (essoufflée dans les escaliers, par exemple), dites-le lors de l'entretien. Un stérilet au cuivre peut rendre les règles plus abondantes et plus longues, surtout les premiers mois, comme l'explique notre comparatif stérilet cuivre ou hormonal. Des règles très douloureuses et une fatigue qui ne passe pas méritent aussi d'en parler à un médecin — ce sont deux des signes détaillés dans notre guide sur l'endométriose, du diagnostic au quotidien. Et si vous voulez comprendre ce qui se joue dans votre corps d'une semaine à l'autre, notre guide complet du cycle menstruel détaille chaque phase.

La grossesse, enfin, est une contre-indication temporaire claire. Pas de don pendant toute la grossesse, ni pendant les six mois qui suivent l'accouchement. Le corps a alors d'autres priorités — reconstituer ce qu'il a perdu à la naissance, et parfois nourrir un bébé.

Tatouage, voyage, dentiste : les délais avant de pouvoir donner

La plupart des refus au don de sang sont temporaires — un délai à respecter, puis vous revenez. Le livret de l'EFS consacré aux contre-indications indique que plus de 80 % des ajournements sont temporaires, et qu'entre 8 et 10 % des donneurs sont ajournés chaque année. Les délais ci-dessous viennent du guide du donneur de l'EFS et de l'arrêté en vigueur.

SituationDélai avant de pouvoir donner votre sang
Tatouage ou piercing (oreilles comprises)4 mois
Séjour dans un pays où sévit le paludisme4 mois après le retour (le don de plasma reste possible)
Soin dentaire simple (carie, détartrage)1 jour (24 heures)
Extraction dentaire, pose de couronne7 jours
Infection ou fièvre de plus de 38 °C14 jours (deux semaines) après la disparition des symptômes
Antibiotiques1 semaine après l'arrêt du traitement, 2 semaines après la fin des symptômes
Intervention chirurgicale (notamment avec plus de 24 heures d'hospitalisation), endoscopie (fibroscopie, coloscopie)4 mois
GrossessePendant toute la grossesse et jusqu'à 6 mois après l'accouchement

Le tatouage mérite un mot de plus. Quatre mois : c'est la durée que le guide de l'EFS retient pour un tatouage comme pour un piercing — « y compris pour les oreilles ». La raison n'a rien d'un jugement sur votre choix. L'EFS range le tatouage et le piercing (avec les voyages et certains actes médicaux) parmi les occasions où l'on peut avoir été en contact avec un agent infectieux — et il faut laisser aux tests le temps de pouvoir le détecter. Maquillage permanent, sourcils au microblading ? Signalez-le aussi à l'entretien, puisque ces techniques passent elles aussi par une aiguille.

Avant-bras de femme portant un tatouage floral fin à l'encre noire
Un tatouage récent n'empêche pas de donner : il impose seulement quatre mois d'attente.

Pour les voyages, tout dépend de la destination. Un séjour dans une zone où circule le paludisme vous écarte du don de sang pendant quatre mois après le retour — mais pas du don de plasma. D'autres virus (dengue, chikungunya, Zika, West Nile) imposent un délai plus court, de l'ordre de quelques semaines, pendant lequel seul le don de plasma reste possible. La liste des pays concernés évolue avec les épidémies. Le plus simple reste de consulter la rubrique voyages de l'EFS (pays par pays) avant de réserver votre créneau.

Vie sexuelle et don du sang : ce qui compte depuis mars 2022

Depuis le 16 mars 2022, date d'entrée en vigueur de l'arrêté du 11 janvier 2022 modifiant les critères de sélection des donneurs, les questions sur la vie sexuelle portent sur les situations à risque — pas sur l'orientation. Un homme qui a des relations avec des hommes est soumis aux mêmes critères que les autres donneurs. Ce qui compte, c'est le nombre de partenaires au cours des quatre derniers mois (et les éventuelles pratiques à risque de ces partenaires).

Concrètement, si vous avez eu plus d'un partenaire sexuel dans les quatre derniers mois, vous devrez attendre quatre mois avant de donner. Même logique si votre partenaire a lui-même eu plusieurs partenaires sur cette période — le délai de quatre mois court alors à partir de votre dernier rapport avec cette personne. Et ce délai s'applique à partir du rapport le plus récent, qu'il ait été protégé ou non, précise le livret de l'EFS sur les contre-indications.

Ces questions peuvent mettre mal à l'aise. Elles sont posées à chaque personne, en toute confidentialité. Si une situation vous semble floue (un partenaire dont vous ne connaissez pas bien le passé, par exemple), dites-le tel quel : l'entretien existe pour trancher ce genre de cas.

Préparer son don de sang : manger, boire, dormir

La règle la plus importante tient en une phrase — ne venez jamais à jeun. À la question « faut-il être à jeun pour donner son sang ? », l'EFS répond sans détour, dans sa page de conseils sur le don de sang et l'alimentation : « Surtout pas ! Au contraire il est important de bien s'hydrater et de manger avant un don. »

Buvez bien dans les heures qui précèdent le don — de l'eau, pas de l'alcool. Dormez suffisamment la veille. Mangez normalement le matin, et prenez un en-cas si votre rendez-vous tombe loin du dernier repas. Si vous venez à pied ou à vélo, l'EFS conseille de garder un rythme tranquille sur le trajet.

Côté pratique, prévoyez environ une heure sur place pour un don de sang (de l'arrivée au départ). Portez un haut aux manches faciles à remonter au-dessus du coude. Emportez votre pièce d'identité avec photo — et de quoi vous occuper si la salle d'attente est pleine. Les dons se font sur rendez-vous, depuis le site de l'EFS ou l'application Don de sang. Choisissez un créneau où vous n'aurez pas à repartir en courant.

Comment se passe un don de sang, étape par étape

Un don de sang se déroule toujours en quatre étapes — l'accueil, l'entretien, le prélèvement et la pause collation. Le tout dure environ une heure, dont une dizaine de minutes seulement pour le prélèvement lui-même.

1. L'accueil et le questionnaire. À l'arrivée, on vérifie votre identité, on crée ou on met à jour votre dossier, et on vous remet un questionnaire. Il porte sur votre santé, vos traitements, vos voyages, vos soins récents et votre vie sexuelle. Remplissez-le calmement — il prépare l'étape suivante.

2. L'entretien préalable au don. Un médecin ou un infirmier habilité reprend vos réponses avec vous, en toute confidentialité. Son objectif est double : vérifier que le don est sans risque pour vous, et que votre sang sera sans risque pour les patients. C'est à ce moment que se fait, si besoin, la mesure de l'hémoglobine. Si une contre-indication apparaît, on vous explique pourquoi et à partir de quand vous pourrez revenir.

3. Le prélèvement. Vous vous allongez, on pose un garrot, on désinfecte le pli du coude, puis l'aiguille est posée. Le matériel est stérile et à usage unique. Le volume prélevé est encadré par l'arrêté — il ne peut dépasser 13 % de votre volume sanguin estimé, ni 500 ml au total (hors tubes d'échantillons). Pendant ce temps, l'infirmier vous propose quelques exercices simples pour favoriser la circulation. Respiration abdominale, orteils serrés trois secondes « comme pour attraper un objet », flexions des chevilles : rien de sportif.

4. La pause collation. Une fois l'aiguille retirée et le pansement posé, vous passez à la collation, que l'EFS appelle la « Pause A+ ». Elle n'est pas facultative — une pause d'au moins vingt minutes est obligatoire, sous le regard de l'équipe. Buvez, mangez, restez assise. Si un malaise doit survenir, autant qu'il arrive là, entourée de gens formés à le prendre en charge.

Poche de sang posée dans un dispositif de pesée et d'agitation, avec au premier plan une main portant la marque d'un prélèvement récent
Le volume prélevé ne dépasse jamais 500 ml, et reste limité à 13 % du volume sanguin estimé.

Malaise, bleu, fatigue : ce qui peut arriver pendant et après le don

Le don de sang est un acte sûr, mais il n'est pas anodin, et les effets indésirables existent. Dans son rapport d'hémovigilance de l'année 2023, l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) indique que « 7 723 effets indésirables fortement imputables au don ont été déclarés au système d'hémovigilance pour 1 547 679 donneurs ». Ces effets sont sans conséquence pour le donneur dans près de 96 % des cas. Le malaise vagal, lui, représente à lui seul 87 % des déclarations.

Rapporté au nombre de donneurs, cela fait environ un effet indésirable déclaré pour 200 donneurs (c'est notre calcul, à partir des deux chiffres de l'ANSM). Un détail du rapport concerne directement les primo-donneuses. L'ANSM note que ces effets sont plus fréquents chez les plus jeunes et chez les personnes qui donnent pour la première fois. Raison de plus pour bien manger, bien boire et respecter la pause.

Le malaise vagal lui-même est bien décrit par la page de l'Assurance Maladie consacrée à la perte de connaissance : il peut être précédé de « sueurs, nausées, étourdissement, faiblesse dans les jambes ou troubles de la vision ». Parmi les circonstances qui le favorisent, l'Assurance Maladie cite une atmosphère chaude et confinée, le fait de rester debout trop longtemps et une émotion — « la vue du sang, par exemple ». Le plus souvent, précise-t-elle, il est sans gravité (en dehors du risque de chute).

Deuxième effet par ordre de fréquence selon l'ANSM : les réactions locales, dont l'hématome (le bleu au pli du coude). Il se résorbe en quelques jours — en passant par toutes les nuances du violet au jaune.

Après le don de sang : récupérer et reconstituer son fer

Les 24 heures qui suivent le don demandent un peu de ménagement. D'après le mode d'emploi de l'EFS pour l'avant et l'après-don, il faut éviter toute activité physique intense au cours des 24 heures et bien s'hydrater, pour aider l'organisme à reconstituer le volume sanguin. Évitez aussi de fumer pendant deux heures, « pour que le sang reste suffisamment oxygéné ». Et gardez le pansement le temps que l'équipe vous indique.

Le volume de liquide se reconstitue vite, à condition de boire. Le fer, beaucoup plus lentement — c'est là que l'alimentation des semaines suivantes compte. L'EFS rappelle que le fer d'origine animale est généralement deux à quatre fois mieux absorbé que celui d'origine végétale (viande rouge, volaille, poisson, fruits de mer). Côté végétal, les légumineuses (lentilles, pois chiches, haricots), le tofu, les fruits à coque et les légumes verts à feuilles apportent aussi du fer, à condition d'en consommer régulièrement.

Deux gestes améliorent nettement l'absorption. Le premier : associer une source de vitamine C au repas — agrumes, kiwi, poivron. Le second : éloigner le thé et le café des repas, car leurs tanins réduisent l'absorption du fer (toujours selon l'EFS). Un café juste après un plat de lentilles, c'est une partie du fer qui repart sans avoir servi.

Assiette composée de légumineuses, de noix, de saumon et de fruits et légumes variés
Légumineuses, fruits à coque et poisson : des sources de fer à associer à un fruit riche en vitamine C.

Végétarienne ou végane ? Le don reste possible — soignez simplement l'association fer et vitamine C, et appuyez-vous sur notre guide pour devenir végétarienne sans carences, qui détaille les sources de fer végétales. Et si la mesure d'hémoglobine se révèle basse à plusieurs reprises, parlez-en à votre médecin.

Que devient votre sang après le don ?

Une poche de sang n'est jamais transfusée telle quelle. Le guide du donneur de l'EFS décrit le trajet. Les tubes prélevés en même temps que la poche partent au laboratoire pour des analyses (virologie, sérologie, immunologie, numération sanguine). Le sang est ensuite filtré pour réduire le nombre de globules blancs (la « déleucocytation »), puis séparé en trois composants — globules rouges, plaquettes et plasma. Chaque patient reçoit uniquement celui dont il a besoin. Si une anomalie est détectée dans les analyses, la poche est écartée et le donneur est averti par courrier.

Chaque composant a sa propre durée de vie : 42 jours pour les globules rouges, 7 jours seulement pour les plaquettes, de un à trois ans pour le plasma congelé. C'est pour cela que les stocks ne peuvent pas se constituer longtemps à l'avance, et que les vacances scolaires, les ponts de mai et les épidémies saisonnières peuvent faire baisser nettement le nombre de dons, comme le souligne l'EFS. Les produits sanguins préparés sont ensuite délivrés à près de 1 500 hôpitaux et cliniques.

Technicienne de laboratoire en blouse manipulant des tubes d'échantillons sanguins sur un portoir
Chaque don est testé avant d'être séparé en globules rouges, plaquettes et plasma.

Qui reçoit ce sang ? En 2023, 524 196 patients ont été transfusés en France, selon l'ANSM. Le guide de l'EFS cite des exemples concrets : une femme qui a perdu beaucoup de sang en accouchant, un homme atteint d'un cancer sous chimiothérapie, une personne accidentée de la route, un enfant atteint d'une maladie chronique comme la drépanocytose.

Plasma, plaquettes, moelle osseuse : les autres façons de donner

Le don de sang total n'est pas le seul possible. Le don de plasma et le don de plaquettes se font par aphérèse — une machine prélève votre sang, en retient un seul composant et vous restitue le reste. Ils ne se font que sur rendez-vous, dans une maison du don (l'EFS en compte plus de 115), et sont ouverts de 18 à 65 ans.

Type de donDurée sur placeIntervalle et limite annuelleÀ qui il sert
Sang total1 h (prélèvement : 10 min)8 semaines ; 4 par an pour une femme, 6 pour un hommeHémorragies, chirurgie, accouchement, maladies du sang
Plasma1 h 30 (prélèvement : 45 min à 1 h)15 jours ; 24 par an au maximumHémophilie, déficits immunitaires, polytraumatisés
Plaquettes2 h (prélèvement : 1 h en moyenne)4 semaines ; 12 par an au maximumLeucémies, lymphomes, greffes de moelle, chimiothérapies

Votre groupe sanguin peut orienter votre choix. Les donneurs de groupe O sont dits « donneurs universels » pour les globules rouges, qui peuvent être transfusés à un grand nombre de patients. Pour le plasma, c'est l'inverse — le groupe AB est donneur universel, et il ne concerne que 4 % des Français, d'après le guide de l'EFS. Quant aux plaquettes, tous les groupes sont recherchés : il suffit d'un taux de plaquettes suffisamment élevé. L'EFS en a besoin de 500 dons par jour.

Le don de moelle osseuse, enfin, suit un circuit à part. Il faut avoir entre 18 et 35 ans pour s'inscrire sur le registre France Greffe de Moelle (le don reste ensuite possible jusqu'à 60 ans), et accepter de rester joignable pendant des années — la probabilité d'être compatible avec un inconnu est faible, mais elle existe.

Six idées reçues sur le don du sang

« Avec un tatouage, je ne pourrai jamais donner. » Faux. Un tatouage ou un piercing impose quatre mois d'attente, pas une exclusion à vie. Passé ce délai, il ne change plus rien à votre aptitude.

« Il faut venir à jeun, comme pour une prise de sang. » Faux, et c'est même l'inverse. L'EFS insiste : il est important de manger et de boire avant de donner.

« Donner son sang, ça fatigue pendant des semaines. » Ce n'est pas le scénario attendu. Le volume de liquide se reconstitue vite si vous buvez bien ; le fer, lui, demande plus de temps, et c'est pour protéger ces réserves que les femmes donnent moins souvent. Une fatigue qui dure mérite d'en parler à un médecin, parce qu'elle peut signaler des réserves de fer déjà basses avant le don.

« Je suis trop mince pour donner. » Tout dépend du chiffre sur la balance. Le seuil réglementaire est de 50 kg, pour tout type de don. En dessous, le don n'est pas possible — non parce que votre sang aurait moins de valeur, mais parce que le volume prélevé représenterait une part trop importante de votre volume sanguin.

« On est payé, ou au moins remboursé. » Le don est gratuit. Le Code de la santé publique, dans sa section consacrée au bénévolat du don du sang, pose le principe sans ambiguïté : « Le don de sang ou de composants du sang ne peut donner lieu à aucune rémunération, directe ou indirecte. » Trois exceptions encadrées : les marques de reconnaissance prévues par la réglementation, la collation offerte après le don, et le remboursement des frais de transport réellement engagés (jamais au forfait).

« Mon employeur doit me libérer pour aller donner. » Pas tout à fait. Le même Code autorise l'employeur à maintenir votre salaire pendant le temps consacré au don (trajet, entretien, prélèvement, repos et collation), sans que cela soit considéré comme un paiement. Ce texte parle de la rémunération — pas d'un droit à s'absenter. Le créneau se discute avec votre employeur ; le plus simple reste souvent de viser une pause déjeuner allongée, ou un samedi.

Main d'un donneur serrant une balle en mousse jaune pendant un don de sang, un tube le long de l'avant-bras
Pendant le prélèvement, l'équipe propose de petits exercices de contraction musculaire pour favoriser la circulation.

Une femme en bonne santé de 50 kg ou plus, entre 18 et 70 ans, peut en règle générale donner son sang, et la plupart des contre-indications ne sont que temporaires. Choisissez un créneau cette semaine. Mangez avant de partir, emportez une bouteille d'eau — et prévoyez une heure.

Questions fréquentes

Peut-on donner son sang pendant ses règles ?

Les règles ne figurent pas parmi les délais d'attente listés dans le guide du donneur de l'EFS. Ce qui est vérifié, c'est votre taux d'hémoglobine et votre état général. Si vos règles sont abondantes ou si vous vous sentez fatiguée ce jour-là, signalez-le lors de l'entretien, ou décalez votre rendez-vous de quelques jours.

Combien de sang prélève-t-on lors d'un don ?

Le volume est fixé par l'arrêté sur les critères de sélection des donneurs : il ne peut pas dépasser 13 % de votre volume sanguin estimé, ni 500 ml au total, sans compter les tubes d'échantillons. Le prélèvement dure environ dix minutes.

Combien de temps attendre après un tatouage pour donner son sang ?

Quatre mois, selon le guide du donneur de l'EFS. Le même délai s'applique aux piercings, oreilles comprises. Il ne s'agit pas d'une exclusion définitive : passé ce délai, vous pouvez donner normalement.

Combien de fois par an une femme peut-elle donner son sang ?

Quatre fois par an au maximum pour un don de sang total, avec au moins huit semaines entre deux dons. En cas de réserves de fer basses, l'EFS conseille d'espacer les dons de quatre mois pour une femme. Le don de plasma suit d'autres règles : jusqu'à 24 dons par an, avec 15 jours d'intervalle.

Peut-on donner son sang après un voyage ?

Oui, dans la plupart des cas. Après un séjour dans un pays où sévit le paludisme, il faut attendre quatre mois avant un don de sang, mais le don de plasma reste possible. Pour d'autres virus comme la dengue ou le chikungunya, le délai est plus court. La rubrique voyages de l'EFS indique les contre-indications pays par pays.

Reçoit-on les résultats des analyses de son sang ?

Chaque don est analysé. Si une anomalie est détectée, la poche est écartée et vous êtes averti par courrier, précise le guide du donneur de l'EFS. Le don n'est pas un moyen de se faire dépister. Si vous pensez avoir été exposée à une infection, faites un test dans un centre de dépistage plutôt que de venir donner.

Sources