Un homme et une femme se regardent en se parlant calmement, dehors, devant un mur de pierre

Troubles de l'érection : comprendre et accompagner son partenaire

« Il ne me désire plus. » C'est la première explication qui vient à l'esprit quand un partenaire perd son érection au milieu d'un rapport — puis la semaine suivante, puis le mois d'après. Elle a l'avantage d'être simple. Elle a le défaut d'être fausse dans la plupart des cas. Une érection n'est pas un thermomètre du désir. C'est d'abord un phénomène vasculaire, qui dépend d'artères, de nerfs et d'hormones. Votre lingerie et l'ancienneté de votre couple viennent loin derrière.

Selon la page de l'Assurance Maladie consacrée aux causes des troubles de l'érection, l'athérosclérose touche toutes les artères en présence de facteurs de risque cardiovasculaire. Celles des corps caverneux du pénis sont « généralement obstruées avant les artères coronaires ». La dysfonction érectile y est décrite comme un symptôme sentinelle, qui précède les problèmes cardiovasculaires — l'angine de poitrine notamment. Un trouble de l'érection mérite d'abord un regard médical : il peut annoncer un problème cardiovasculaire.

Vous n'êtes pas un cas à part. Dans une vaste enquête en ligne menée auprès de 13 617 femmes, jeunes pour la plupart, 79 % disaient avoir déjà vécu la perte d'érection d'un partenaire pendant un rapport. Environ une sur sept (14,7 %) s'en était vu attribuer la responsabilité. Dimanche 15 juin, jour de la fête des pères, se refermait aussi la semaine internationale de la santé des hommes (du 9 au 15 juin). L'occasion de regarder le sujet en face, depuis la place qu'on lui donne rarement — la vôtre. Causes, examens, traitements, mots à dire et à éviter : voici de quoi comprendre ce qui se passe et accompagner votre partenaire sans porter le problème à sa place.

Une femme debout près d'un canapé pose la main sur l'épaule de son compagnon assis, qui lève vers elle un regard inquiet
Les troubles de l'érection touchent les deux partenaires, et s'abordent mieux à deux.

Panne d'un soir ou trouble de l'érection : où passe la frontière ?

Une panne isolée n'est pas un trouble de l'érection. Selon la fiche patient du VIDAL sur les troubles de l'érection, on parle de trouble — ou de dysfonction érectile — quand les érections sont systématiquement instables ou absentes pendant les rapports. Et la situation doit durer depuis plus de trois mois. La même fiche rappelle que de très nombreux hommes — à tout âge — connaissent des « pannes » (fatigue, stress, préoccupations, tensions dans le couple). L'Assurance Maladie qualifie ce phénomène de « tout à fait banal ».

Le trouble installé touche un peu plus d'un homme sur dix au cours de sa vie, selon l'Assurance Maladie. Il devient beaucoup plus fréquent à partir de 50 ans — sans épargner les plus jeunes. Si votre partenaire a la quarantaine ou la cinquantaine, vous êtes exactement dans la tranche où le sujet cesse d'être théorique.

Un indice aide à s'orienter, sans remplacer un avis médical. Lorsque des érections surviennent encore la nuit, au réveil ou pendant la masturbation, l'origine est souvent psychologique ; lorsqu'aucune érection n'est plus possible, une cause physique est plus probable. Autre point que l'on oublie : même en cas de problèmes d'érection, il reste possible de ressentir du désir, d'avoir un orgasme et d'éjaculer. Le désir de votre partenaire peut rester intact alors que la mécanique ne suit plus.

Comment se produit une érection, et pourquoi elle se dérègle si facilement

Une érection se construit en trois temps, décrit l'Assurance Maladie. D'abord un désir sexuel, qui dépend de l'état psychologique et des mécanismes hormonaux de la libido. Ensuite une excitation — un signal transmis du cerveau au pénis par les nerfs. Enfin un afflux de sang dans les corps caverneux (les deux cylindres érectiles du pénis), qui fait gonfler et durcir la verge. Cet afflux ne se produit que si les nerfs et les vaisseaux fonctionnent bien.

Cette chaîne a une conséquence simple : il suffit qu'un maillon cède pour que tout s'arrête. Une artère rétrécie, un nerf abîmé par un diabète, un taux de testostérone trop bas, un médicament, une angoisse qui court-circuite l'excitation — chacun peut suffire. Et souvent, ils s'additionnent (l'Assurance Maladie parle d'une origine fréquemment multiple).

Voilà pourquoi opposer « physique » et « psychologique » a peu de sens. Un homme dont les artères commencent à se boucher rate une érection, s'en inquiète, puis rate la suivante parce qu'il s'en inquiète. La cause de départ est vasculaire — l'entretien, psychologique. Ce n'est pas une question de volonté, et encore moins d'amour.

Cœur, diabète, tabac : les causes physiques des troubles de l'érection

La première piste physique est cardiovasculaire. Les facteurs de risque qui abîment les artères du cœur — hypertension artérielle, diabète, cholestérol trop élevé, tabac, surpoids et obésité — abîment aussi, et souvent plus tôt, les artères du pénis. Pour le VIDAL, le diabète est même la première cause d'impuissance chez l'homme de plus de 50 ans.

Un homme aux cheveux blancs, un brassard de tensiomètre au bras, mesure sa tension chez lui
Le bilan d'un trouble de l'érection commence souvent par le cœur.

Le lien a été mesuré. Une méta-analyse publiée en 2011 dans le Journal of the American College of Cardiology a regroupé douze études de cohorte prospectives (36 744 participants). Par rapport aux autres, les hommes souffrant de dysfonction érectile avaient un risque de maladie cardiovasculaire multiplié par 1,48. Leur risque de maladie coronarienne était multiplié par 1,46, et celui d'accident vasculaire cérébral par 1,35. Selon les auteurs, cette hausse est probablement indépendante des facteurs de risque classiques (tabac, tension, cholestérol…). Le trouble de l'érection apparaît ainsi comme un indicateur de risque à part entière.

L'Assurance Maladie cite d'autres causes physiques :

  • les atteintes des nerfs : alcoolisme, maladie de Parkinson, sclérose en plaques, traumatisme de la moelle épinière ;
  • les troubles hormonaux : taux d'hormones masculines trop faible, hypothyroïdie ;
  • les séquelles de traitement : irradiation du petit bassin, chirurgie de la prostate ou de la vessie quand des nerfs du pénis ont été touchés ;
  • certaines maladies chroniques : insuffisance cardiaque, maladie rénale chronique, drépanocytose, apnées du sommeil.

Le mode de vie pèse lourd, et c'est une bonne nouvelle, parce qu'il se modifie. L'alcool perturbe parfois l'érection pendant plusieurs heures — et, à la longue, l'alcoolisme chronique peut endommager les nerfs. Le tabac peut obstruer les artères du pénis — et l'arrêt du tabac suffit parfois à résoudre les troubles, écrit l'Assurance Maladie. Même le vélo intensif compte : plusieurs heures de selle par semaine compriment le périnée, ses nerfs et ses vaisseaux (d'où l'intérêt d'une selle adaptée).

Les médicaments qui peuvent perturber l'érection

Un trouble de l'érection peut être l'effet secondaire d'un traitement pris pour tout autre chose. L'Assurance Maladie cite les médicaments de l'hypertension artérielle (bêtabloquants, diurétiques), ceux de l'excès de cholestérol (fibrates), les traitements de l'anxiété ou de la dépression, ceux des troubles psychotiques et certains traitements hormonaux (les antiandrogènes, par exemple). Le VIDAL y ajoute des médicaments de la maladie de Parkinson et des troubles de la prostate.

Plusieurs plaquettes de comprimés et de gélules de couleurs différentes
Certains traitements de la tension ou de la dépression peuvent perturber l'érection.

Le calendrier est un bon indice. Si les difficultés sont apparues quelques jours ou quelques semaines après le début d'un nouveau traitement, c'est un élément à signaler au médecin. Celui-ci peut ajuster la dose, proposer une autre molécule sans effet sur l'érection, ou prescrire un traitement de l'érection pour compenser. Les drogues (opiacés, héroïne, cocaïne) font partie des facteurs favorisants.

Une règle ne souffre aucune exception, et l'Assurance Maladie comme le VIDAL la rappellent : on n'arrête jamais un traitement de soi-même pour « retrouver de la vigueur ». Le bon réflexe est d'en parler — au médecin traitant, ou au pharmacien pour une première question.

Stress et anxiété de performance : un cercle qui s'entretient tout seul

Les facteurs psychologiques sont souvent présents — y compris quand la cause de départ est physique — et ils peuvent aggraver les troubles. Le premier d'entre eux porte un nom : l'anxiété de performance. L'Assurance Maladie la décrit comme la première cause psychologique des problèmes d'érection. L'homme craint de ne pas avoir d'érection et de ne pas satisfaire sa partenaire, et ces peurs anticipées empêchent justement l'érection de se produire.

Un homme assis au bord d'un lit, les coudes sur les genoux, le regard baissé dans une chambre en pénombre
L'anxiété de performance transforme chaque rapport en examen.

L'anxiété de performance s'auto-alimente. Un échec crée une appréhension, l'appréhension crée l'échec suivant. Il arrive alors que l'homme se mette à éviter les situations intimes pour ne pas revivre ce moment. Vu de votre côté, cela ressemble à un désintérêt : il se couche plus tard, il esquive les câlins qui pourraient « mener à quelque chose ». Ce n'est pas de l'indifférence — c'est de l'évitement.

D'autres facteurs psychologiques entrent en jeu (dépression, problèmes relationnels, baisse du désir, difficultés vécues dans des relations précédentes). Les recommandations résumées par le VIDAL demandent aux médecins de rechercher des causes psychosociales : stress professionnel, départ à la retraite, conflit au sein du couple ou de la famille, décès d'un proche, difficultés financières.

Après un infarctus, certains hommes craignent que l'excitation sexuelle ne déclenche une nouvelle crise, et cette peur peut à elle seule provoquer une impuissance. Le VIDAL se veut rassurant — si l'activité physique est compatible avec l'état du cœur, l'activité sexuelle ne constitue pas un risque supplémentaire.

« Est-ce ma faute ? » Ce que vivent les partenaires d'un homme qui a des troubles de l'érection

Non. Dans la grande majorité des cas, la cause d'un trouble de l'érection est vasculaire, nerveuse, hormonale ou médicamenteuse. La fiche patient de l'association britannique des chirurgiens urologues (BAUS) indique que les causes purement psychologiques concernent moins d'un homme sur dix. Et lorsque l'anxiété s'en mêle, c'est sa propre peur de l'échec qui entretient le trouble.

Bénédicte (47 ans, responsable des achats dans une entreprise de logistique) a accepté de raconter pour cet article les huit mois qui ont précédé la consultation de son compagnon. « J'avais fait le tour de toutes les explications, et elles me ramenaient toutes à moi : j'avais pris du poids, il voyait quelqu'un d'autre, je ne lui plaisais plus. » Elle a acheté de la lingerie, puis elle a cessé de prendre l'initiative — pour ne plus l'exposer à un échec. Le jour où il a enfin vu son médecin, celui-ci a commencé par lui prendre la tension. Son histoire ne prouve rien ; elle en rappelle simplement beaucoup d'autres.

La recherche confirme que le trouble ne reste pas du côté de l'homme. Dans l'étude FEMALES (publiée en 2005), 293 compagnes d'hommes souffrant de dysfonction érectile ont décrit leur vie sexuelle avant et après l'apparition du trouble. Elles avaient des rapports moins souvent. Et elles étaient moins nombreuses à ressentir du désir, de l'excitation ou un orgasme presque toujours ou la plupart du temps. La baisse de satisfaction suivait la sévérité du trouble. Chez celles dont le partenaire prenait un comprimé de la famille du sildénafil (un inhibiteur de la PDE5), ces indicateurs étaient meilleurs.

Il y a aussi ce qu'on se dit à soi-même — et ce qu'on s'entend dire. L'enquête internationale menée auprès de 13 617 femmes, publiée en 2021 dans la revue Sexual Medicine, montre qu'environ une femme sur sept a déjà été rendue responsable de la perte d'érection de son partenaire. Ces femmes-là mettaient plus souvent fin au rapport, étaient moins satisfaites sexuellement et quittaient plus souvent la relation. Une limite à garder en tête : les participantes ont été recrutées en ligne (courriel, Facebook, Reddit, Amazon Mechanical Turk). L'échantillon n'est donc pas représentatif, et près de trois répondantes sur quatre avaient entre 18 et 29 ans.

Votre propre désir peut aussi s'éroder, par lassitude ou par peur de mettre votre partenaire en difficulté. C'est une réaction fréquente, qui mérite d'être regardée pour elle-même. Les causes d'une baisse de libido chez la femme et les solutions possibles ne se résument pas au contexte du couple. Vous n'avez pas provoqué ce trouble. Vous faites, en revanche, partie de la solution.

Une femme en pull sombre à col roulé, une tasse entre les mains, tournée vers une fenêtre
Se croire responsable est l'une des réactions les plus fréquentes chez les partenaires.

Parler des troubles de l'érection sans blesser ni se taire

Le silence est la réponse la plus courante, et la plus coûteuse. Il laisse chacun dans son scénario — lui dans la honte, vous dans le doute. Le VIDAL le formule sobrement : le dialogue avec sa partenaire, avec son médecin, un psychothérapeute ou un sexologue peut aider à débloquer la situation. Et ce que pense la partenaire compte vraiment. Une analyse de 2009 tirée de l'étude FEMALES a montré que les perceptions et les attitudes des compagnes étaient liées à la décision des hommes de consulter et de se traiter. Les auteurs plaident pour intégrer la partenaire à la prise en charge.

Le moment compte autant que les mots. Évitez la chambre, et plus encore les minutes qui suivent un rapport interrompu, quand la gêne est à son maximum. Une marche, un trajet en voiture, une soirée tranquille sans enjeu conviennent mieux : on peut parler sans se regarder dans les yeux (ce qui en soulage plus d'un). Commencez par ce que vous ressentez, pas par ce qui ne marche pas chez lui.

Quelques phrases qui ouvrent la porte plutôt que de la claquer :

  • « J'ai l'impression que quelque chose te pèse, et je n'ai pas envie que tu restes seul avec ça. »
  • « Ce n'est pas un reproche. J'aimerais qu'on en parle à un médecin, ensemble si tu veux. »
  • « Pour moi, ça ne change rien à l'envie que j'ai de toi. »

Quelques pièges, aussi. Minimiser (« ce n'est rien, ça arrive à tout le monde ») ferme la discussion si le problème dure depuis des mois. Surinvestir — trois articles lus par jour, des soirées « de rattrapage » — ajoute de la pression. L'humour détend, à condition de ne jamais porter sur lui.

Si la routine, la fatigue ou les années ont installé une distance, les pistes pour raviver le désir dans un couple installé depuis longtemps valent la peine d'être explorées en parallèle.

Troubles de l'érection : qui consulter et comment se passe le bilan

Votre partenaire peut commencer par son médecin traitant. L'Assurance Maladie recommande de consulter si les troubles durent depuis plus de trois mois, en présence de facteurs de risque cardiovasculaire ou d'une maladie chronique (diabète, maladie rénale, sclérose en plaques…), en cas de prise quotidienne de médicaments, ou si la situation engendre une souffrance. Elle rassure aussi sur la gêne : les médecins ont l'habitude du sujet, qui est un motif fréquent de consultation — et mieux vaut choisir un médecin avec lequel on parle facilement.

Un couple assis côte à côte face à une médecin qui prend des notes à son bureau
La partenaire peut être associée à la décision de traitement, si l'homme le souhaite.

Selon la page de l'Assurance Maladie sur la consultation et le traitement des troubles de l'érection, le bilan suit un déroulé assez précis :

  • des questions sur le début des troubles (brutal ou progressif), leur caractère permanent ou situationnel, la rigidité de l'érection, les érections nocturnes et la libido — mais aussi sur les médicaments, la vie sexuelle et la relation de couple ;
  • un examen des organes génitaux et, par toucher rectal, de la prostate ;
  • un examen cardiovasculaire et neurologique : prise de tension, auscultation, recherche de troubles de la sensibilité ;
  • une prise de sang pour rechercher un diabète, une maladie rénale ou un cholestérol trop élevé, et parfois un dosage hormonal.

Selon les résultats, le médecin peut orienter vers un spécialiste, un psychologue ou un sexologue. Chez ce dernier, les consultations se déroulent seul ou en couple, et elles peuvent suffire à améliorer les troubles, écrit l'Assurance Maladie. Les recommandations résumées par le VIDAL dans sa synthèse sur la dysfonction érectile vont plus loin. La participation active du patient et de sa partenaire à la décision thérapeutique y est jugée « très souhaitable », et cette décision « peut être prise en couple ».

Les traitements des troubles de l'érection, du comprimé à l'implant

La prise en charge commence par la cause. Si un diabète, un déficit en testostérone, une maladie rénale ou une hypothyroïdie est découvert, le traiter — avec une meilleure hygiène de vie — peut suffire à réduire les troubles. Les traitements spécifiques de l'érection viennent ensuite, ou en parallèle.

Les comprimés sont le traitement de référence. Le sildénafil, le tadalafil, l'avanafil et le vardénafil (des « inhibiteurs de la PDE5 ») augmentent l'afflux de sang dans le pénis en cas de stimulation sexuelle. D'après l'Assurance Maladie, ils se prennent au moins trente minutes avant le rapport. Ils restent efficaces de 8 heures (sildénafil, vardénafil) à 36 heures (tadalafil). Un repas riche en graisses peut retarder leur action. La prise est limitée à un comprimé par jour (sauf le tadalafil 5 mg, qui peut se prendre quotidiennement). Maux de tête, nausées, rougeurs du visage et douleurs musculaires font partie des effets indésirables possibles.

Aucun de ces comprimés ne déclenche d'érection à la demande. Le VIDAL le résume en une phrase — « Aucun des traitements de la dysfonction érectile ne crée le désir sexuel, mais ils permettent de le concrétiser. » Sans caresses, sans excitation, le comprimé ne fait rien. Les préliminaires ne deviennent donc pas superflus, au contraire : des idées de préliminaires à explorer à deux trouvent ici une utilité très concrète.

Ces médicaments sont contre-indiqués avec les dérivés nitrés prescrits contre l'angine de poitrine, et déconseillés en cas de problème cardiaque. Le VIDAL ajoute à la liste le nitrite d'amyle (les « poppers ») : l'association peut provoquer une chute brutale de la tension, potentiellement mortelle. Le médecin évalue l'état du cœur avant de prescrire ; en cas de doute, un bilan cardiovasculaire est nécessaire, précise le VIDAL. Côté budget, les traitements oraux ne sont pas pris en charge par l'Assurance Maladie.

Quand les comprimés ne suffisent pas ou sont contre-indiqués, d'autres options existent :

TraitementPrincipeEn pratique
Injection dans la verge (alprostadil)Dilate les vaisseaux du pénis, sans besoin de stimulation sexuelleÉrection en moins de 15 minutes ; remboursée dans des situations précises (paraplégie, séquelles de prostatectomie, neuropathie diabétique, sclérose en plaques…)
Traitement par l'urètre (alprostadil)Petite quantité de crème ou bâtonnet introduits dans l'urètreAgit en 5 à 30 minutes, pour 1 à 2 heures ; non remboursé, selon l'Assurance Maladie
Pompe à videL'aspiration attire le sang, un anneau placé à la base du pénis le retientEfficace et peu coûteuse ; l'anneau ne doit pas rester plus de 30 minutes
Implant pénienCylindres semi-rigides ou gonflables posés chirurgicalementSolution définitive, proposée quand les autres ont échoué ou sont contre-indiquées

Deux détails vous concernent directement. Le traitement par l'urètre peut provoquer une sensation de brûlure vaginale chez la partenaire. Avec la forme crème, le VIDAL recommande l'usage de préservatifs. Les injections, elles, demandent un apprentissage médicalisé — la première est réalisée au cabinet, pour ajuster la dose.

Comprimés en ligne et miels « aphrodisiaques » : les pièges à connaître

En France, les comprimés de l'érection doivent être prescrits par un médecin après un examen médical complet, rappelle le VIDAL. Un site qui vend du sildénafil ou du tadalafil sans ordonnance est donc hors la loi : la vente en ligne des médicaments sur ordonnance y est interdite. La honte pousse pourtant certains hommes à contourner le médecin, et le VIDAL note que le patient a souvent honte d'aller chercher son traitement à la pharmacie.

Méfiez-vous du mot « naturel ». En juillet 2021, l'ANSM, la DGCCRF et les douanes ont alerté sur des miels, confitures et gelées vendus comme aphrodisiaques (Black Horse Honey, Jaguar Power…). Ils circulent illégalement en France, « notamment via internet ou les réseaux sociaux », précise l'ANSM. Présentés comme à base de plantes, ils contenaient en réalité du sildénafil ou du tadalafil non déclarés. Les centres antipoison avaient recensé de nombreux effets indésirables graves — convulsions répétées, hémorragies pulmonaires, œdèmes cérébraux, insuffisances rénales aiguës — dont certains ayant conduit à des hospitalisations.

Pour un homme qui a un problème cardiaque, ce genre de produit est particulièrement dangereux. Il ignore ce qu'il avale, alors que le sildénafil et le tadalafil peuvent lui être contre-indiqués. Les autorités demandent de ne pas les consommer, de les détruire et de consulter en cas d'effets indésirables (la liste des produits rappelés est publiée sur RappelConso, le site public des rappels).

Garder une vie sexuelle : l'érection n'est pas toute la sexualité

L'intimité ne s'arrête pas le temps d'un bilan ou d'un traitement. Rappelez-vous ce que dit l'Assurance Maladie : même en cas de troubles de l'érection, le désir, l'orgasme et l'éjaculation restent possibles. Caresses, massages, sexe oral, jouets : la palette est large, et elle ne dépend pas d'un pénis en érection. Certains couples découvrent à cette occasion une sexualité moins centrée sur la pénétration — et pas forcément moins satisfaisante.

Un couple allongé dans un lit aux draps clairs, tendrement enlacé, elle blottie contre lui
Tendresse, caresses, complicité : la sexualité ne se réduit pas à la pénétration.

Une piste simple consiste à décider ensemble, pour quelques semaines, que la pénétration n'est pas au programme. L'enjeu disparaît, et avec lui une partie de l'anxiété de performance. Si une érection survient, tant mieux ; si elle ne survient pas, rien n'a « échoué ». Votre plaisir a sa place dans cette période — il n'est pas un bonus à reporter à plus tard. Le guide du plaisir féminin et de l'orgasme sans complexe peut nourrir cette exploration à deux.

Si votre partenaire a un problème cardiaque et que vous craignez l'effort, un repère aide à relativiser. D'après la synthèse du VIDAL, l'effort fourni pendant un rapport équivaut à une marche de 30 minutes en terrain plat, suivie d'une montée d'escaliers. C'est au médecin d'évaluer si cet effort est possible — la question mérite d'être posée franchement en consultation, à deux si besoin.

Questions fréquentes

Un homme jeune peut-il avoir des troubles de l'érection ?

Oui. Selon l'Assurance Maladie, les troubles de l'érection peuvent survenir à tout âge, même s'ils sont beaucoup plus fréquents à partir de 50 ans. Les causes physiques concernent surtout les hommes de plus de 50 ans. Un bilan reste utile à tout âge, notamment en cas de tabac, de surpoids ou de diabète.

Le Viagra fonctionne-t-il sans désir ?

Non. Le sildénafil (Viagra) et les autres comprimés du même type augmentent l'afflux de sang dans le pénis en cas de stimulation sexuelle. Ils ne créent ni le désir ni l'excitation : sans caresses ni envie, ils ne produisent pas d'érection.

Mon partenaire prend un traitement pour le cœur : peut-il prendre un comprimé pour l'érection ?

Seul son médecin peut répondre. Ces comprimés sont contre-indiqués avec les dérivés nitrés (prescrits contre l'angine de poitrine) et déconseillés en cas de problème cardiaque. Le médecin évalue l'état du cœur avant de prescrire ; en cas de doute, un bilan cardiovasculaire est nécessaire, précise le VIDAL.

Les troubles de l'érection peuvent-ils disparaître définitivement ?

Cela dépend de la cause. L'arrêt du tabac suffit parfois à les résoudre, selon l'Assurance Maladie. Le changement d'un médicament en cause ou le traitement d'une maladie sous-jacente peuvent les faire diminuer. Lorsque la cause persiste (séquelles de chirurgie, maladie neurologique), les traitements permettent des érections sans guérir la cause : le VIDAL les qualifie de symptomatiques.

Faut-il consulter un sexologue seul ou en couple ?

Les deux sont possibles. L'Assurance Maladie précise que les consultations de sexologie se déroulent seul ou en couple. Venir à deux peut aider à sortir des malentendus, en particulier quand la partenaire s'est crue responsable.

Mon partenaire refuse d'en parler : que faire ?

Évitez d'en faire un bras de fer. Dites une fois, calmement, que vous vous inquiétez pour sa santé et que vous êtes prête à l'accompagner, puis laissez-lui du temps. Vous pouvez aussi consulter de votre côté un sexologue ou un thérapeute de couple : ce que vous vivez mérite d'être entendu, même s'il n'est pas encore prêt.

Sources