Des pertes blanches dans la culotte, ce serait le signe d'une toilette mal faite. L'idée pousse à frotter plus fort, à changer de gel lavant, à glisser un protège-slip dans sa culotte chaque matin. Elle est pourtant fausse — et la fiche de l'Assurance Maladie consacrée à la toilette intime le dit sans détour : « le vagin se nettoie naturellement seul, grâce à ces sécrétions vaginales naturelles ». Les pertes ne sont pas un défaut d'hygiène. Elles sont le système d'hygiène.
Ce qui doit vous alerter, ce n'est pas d'avoir des pertes. C'est qu'elles changent : une couleur qui n'est pas la vôtre, une odeur désagréable, des démangeaisons, du sang en dehors des règles. Ce guide vous dit quelles pertes peuvent attendre, lesquelles justifient un rendez-vous dans la journée, et où vous faire dépister sans ordonnance.
Pourquoi le vagin produit-il des pertes vaginales ?
Le vagin produit des pertes pour se nettoyer, rester humide et se protéger des infections. Une partie de ces sécrétions vient du col de l'utérus (la glaire cervicale), l'autre de la paroi du vagin, qui se renouvelle en permanence et évacue ses cellules (notre guide de l'anatomie de la vulve et du vagin situe chacun). Le tout forme les « pertes blanches » du langage courant — des sécrétions génitales naturelles.
Leur rôle protecteur passe par la flore vaginale — une population de bactéries utiles, surtout des lactobacilles. Cette flore, écrit la fiche de l'Assurance Maladie pour reconnaître une vaginite, « offre une protection contre la colonisation du vagin par des germes pathogènes ». Tant qu'elle reste en équilibre, les germes indésirables peinent à s'installer.
Jusqu'à la ménopause, avoir des pertes est la norme. Leur quantité varie d'une femme à l'autre — et, chez une même femme, d'une semaine à l'autre. Produites sous l'influence des hormones (estrogènes et progestérone), elles disparaissent après la ménopause — d'où la sécheresse vaginale qui peut alors s'installer.
La bonne question n'est donc jamais « est-ce que j'ai des pertes ? ». C'est « est-ce que mes pertes ont changé ? ».
Pertes vaginales et cycle menstruel : ce qui change d'une semaine à l'autre
Les pertes normales changent d'aspect au cours du cycle, et c'est souvent ce qui inquiète. Une glaire transparente un mardi, une trace laiteuse dix jours plus tard — les deux sont normales.
Au milieu du cycle, au moment de l'ovulation, apparaissent des sécrétions fluides, transparentes, glissantes et très abondantes. C'est la glaire issue du col de l'utérus — elle facilite le trajet des spermatozoïdes jusqu'à l'ovule. Cet épisode ne dure que quelques jours.
En dehors de l'ovulation, les sécrétions sont laiteuses et peu abondantes. Elles viennent du renouvellement de la muqueuse vaginale, et augmentent en deuxième partie de cycle et dans les jours qui précèdent les règles. D'un jour à l'autre, leur aspect varie (plus ou moins épaisses) et leur odeur change — « sans jamais être désagréable », précise l'Assurance Maladie.
| Moment | Aspect habituel | Quantité | Odeur |
|---|---|---|---|
| Hors règles, en général | Claires ou blanches, plus ou moins épaisses | Variable d'une femme à l'autre | Légère, jamais désagréable |
| Autour de l'ovulation (milieu du cycle) | Fluides, transparentes, glissantes | Très abondantes pendant quelques jours | Pas d'odeur désagréable |
| En dehors de l'ovulation | Laiteuses, blanches | Peu abondantes, en hausse en deuxième partie de cycle et avant les règles | Pas d'odeur désagréable |
| Grossesse, contraception, vie sexuelle active | Mêmes aspects | Souvent plus abondantes | Pas d'odeur désagréable |
| Après la ménopause | Les sécrétions hormonales disparaissent | Faible, parfois sécheresse | — |
Des pertes normales ne sentent pas mauvais, n'irritent pas et suivent votre propre rythme. La quantité augmente aussi à certains moments — pendant la grossesse, avec une vie sexuelle active ou sous contraception. Une hausse de volume à ces moments-là n'est pas un signal d'alarme.
Couleur, odeur, texture : le tableau pour décoder vos pertes
Quand les pertes changent, leur aspect oriente vers une cause — c'est sur la texture, la couleur et l'odeur que la cause d'une vulvovaginite est le plus souvent identifiée. Le tableau ci-dessous croise les descriptions des autorités de santé française et britannique pour les causes les plus fréquentes — pertes rosées ou brunâtres comprises.
| Ce que vous observez | Cause évoquée | Signes associés fréquents | Que faire |
|---|---|---|---|
| Claires ou blanches, sans odeur désagréable, sans gêne | Sécrétions normales | Aucun | Rien de particulier |
| Blanchâtres, épaisses, « lait caillé », sans odeur marquée | Mycose vaginale (candidose) | Démangeaisons, brûlures, vulve rouge et gonflée | Pharmacien si une mycose vous a déjà été diagnostiquée ; sinon médecin, gynécologue ou sage-femme |
| Fluides, grisâtres ou jaunâtres, odeur de poisson | Vaginose bactérienne | Odeur plus forte après un rapport, peu ou pas de démangeaisons | Rendez-vous dans les jours qui viennent |
| Mousseuses, abondantes, malodorantes, parfois jaune-vert | Trichomonase (IST parasitaire) | Démangeaisons, brûlures en urinant, douleurs pendant les rapports | Médecin ou centre de santé sexuelle ; partenaire à traiter |
| Inhabituelles, parfois jaunes ou verdâtres, avec des douleurs du bas-ventre | Chlamydia ou gonocoque (IST bactériennes) | Brûlures en urinant, petits saignements entre les règles ou après un rapport | Consulter dans la journée et se faire dépister |
| Rosées, brunâtres ou teintées de sang, entre les règles ou après un rapport | Petit saignement mêlé aux pertes (spotting) : une IST comme la chlamydia, ou une autre cause gynécologique | Parfois douleurs du bas-ventre | Rendez-vous chez votre médecin traitant, gynécologue ou sage-femme ; en urgence avec de la fièvre, ou un saignement abondant avec malaise |
| Tout saignement après la ménopause, même minime, même une trace rosée ou brune | Saignement post-ménopausique : cause souvent bénigne, parfois un cancer de l'endomètre | Souvent aucun | Médecin ou gynécologue, toujours, même pour un seul épisode |
| Vésicules ou petites plaies douloureuses sur la vulve | Herpès génital | Pas d'écoulement particulier | Médecin ou centre de santé sexuelle |
| Inhabituelles après un tampon oublié | Corps étranger, qui favorise les germes | Irritation | Consulter votre médecin |
Ces descriptions sont des tendances — pas des empreintes digitales. Une même infection ne se présente pas toujours de la même façon, et deux causes peuvent se superposer (une vaginose et une IST, par exemple). Le tableau oriente ; il ne diagnostique pas.
Les pertes brunâtres méritent qu'on s'y arrête — ce sont souvent elles qui inquiètent. Un saignement de faible abondance, « souvent brunâtre », porte un nom : le spotting, d'après la fiche de l'Assurance Maladie sur les saignements gynécologiques anormaux. En dehors des règles, c'est un saignement anormal (une métrorragie) — il se signale à un professionnel de santé. Après la ménopause, la règle est encore plus simple : tout saignement se fait vérifier, même une seule fois, même une trace. Sa cause n'est souvent pas grave — mais un cancer de l'endomètre fait partie des possibilités, et un cancer se soigne souvent plus facilement quand on le découvre tôt.
Mycose vaginale : des pertes épaisses qui démangent
La mycose est la plus fréquente des vaginites infectieuses : d'après l'Assurance Maladie, environ deux vaginites sur trois sont infectieuses, et la moitié de ces infections sont des mycoses, dues presque toujours au champignon Candida albicans. Elle associe des pertes blanchâtres et épaisses, comme du lait caillé, qui ne sentent généralement pas mauvais, à des démangeaisons d'une vulve souvent rouge et gonflée. Un traitement antibiotique récent, des sous-vêtements synthétiques ou un excès de toilette intime la favorisent.
Si une mycose vous a déjà été diagnostiquée et que vous en reconnaissez les symptômes, le pharmacien peut vous conseiller un traitement sans ordonnance. La première fois — ou en cas de doute, ou si vous êtes enceinte — consultez. À partir de quatre épisodes par an, on parle de mycose récidivante : un traitement adapté et plus prolongé est alors nécessaire, sur avis médical (ameli).
Vaginose bactérienne : quand l'odeur change
La vaginose bactérienne est la cause la plus souvent confondue avec une mycose, alors qu'elle se soigne tout autrement : ce n'est pas un champignon, c'est un déséquilibre de la flore, où des bactéries comme Gardnerella vaginalis prennent la place des lactobacilles. Son signe le plus net est l'odeur — des pertes fluides, grisâtres ou jaunâtres, qui sentent le poisson, souvent plus fort après un rapport, en général sans démangeaisons.
Ce n'est pas une IST, mais elle augmente le risque d'en attraper une, peut-être parce qu'elle rend le vagin moins acide. Elle se traite par antibiotiques sur ordonnance — prenez rendez-vous dans les jours qui viennent avec votre médecin traitant, votre gynécologue ou votre sage-femme, et dans la journée si vous êtes enceinte. Le port d'un stérilet fait partie des situations où elle est plus probable ; si les vaginoses se répètent avec un DIU, signalez-le, et notre comparatif entre stérilet au cuivre et stérilet hormonal détaille leurs effets au quotidien.
Chlamydia, gonocoque, trichomonase : quand les pertes signalent une IST
Certaines pertes inhabituelles signalent une infection sexuellement transmissible (IST) : chlamydia, gonocoque, trichomonase, mais aussi mycoplasmes ou herpès génital. Le piège, c'est que ces infections sont souvent discrètes — voire silencieuses.
La chlamydia en est le meilleur exemple : près de la moitié des personnes infectées n'ont aucun symptôme, selon l'Assurance Maladie. Quand il y en a, ils sont discrets et durent : pertes blanchâtres, brûlures en urinant, douleurs pendant les rapports, petits saignements après un rapport ou entre les règles, douleurs du bas-ventre. Non traitée, l'infection peut atteindre les trompes (salpingite) et exposer à une infertilité, à des douleurs pelviennes chroniques ou à une grossesse extra-utérine.
Le gonocoque donne plutôt des pertes jaunes ou verdâtres — avec des brûlures en urinant et des douleurs du bas-ventre. La trichomonase, due à un parasite, provoque des pertes mousseuses, aérées, abondantes et malodorantes, parfois jaune-vert. Là encore, jusqu'à la moitié des personnes infectées n'ont aucun symptôme — et peuvent quand même transmettre le parasite.
Ces infections n'ont rien de marginal. Le bilan 2023 de Santé publique France sur le VIH et les IST bactériennes estime à 55 500 le nombre de diagnostics d'infection à Chlamydia trachomatis en 2023, et à 23 000 celui des infections à gonocoque — deux chiffres en hausse ces dernières années, surtout la gonococcie. La même année, 3 millions de personnes ont eu au moins un dépistage remboursé de la chlamydia.
Parce qu'elle est souvent silencieuse, la chlamydia fait l'objet d'une recommandation de dépistage. La Haute Autorité de santé, dans sa réévaluation de 2018, recommande un dépistage systématique des femmes sexuellement actives de 15 à 25 ans inclus, proposé à l'occasion d'une consultation (on parle de dépistage opportuniste). Au-delà de 25 ans, il est proposé en cas de facteurs de risque : au moins deux partenaires dans l'année, un changement récent de partenaire, un antécédent d'IST, ou une autre IST diagnostiquée chez soi ou chez un partenaire. Après un test négatif, il se répète chaque année en cas de rapports non protégés avec un nouveau partenaire.
Si les pertes changent après un rapport non protégé, l'infection n'est pas le seul risque à envisager. Les délais de la pilule du lendemain et les endroits où l'obtenir concernent la grossesse ; le dépistage, lui, concerne les infections. L'un ne remplace pas l'autre.
Hygiène intime : les gestes qui protègent, ceux qui irritent
Laver plus souvent n'arrête pas les pertes, et l'excès d'hygiène intime fait même partie des facteurs qui favorisent les vaginites. Les toilettes trop fréquentes, les produits irritants et les douches vaginales peuvent déséquilibrer la flore vaginale ; ce déséquilibre favorise les irritations et les infections — et une infection, elle, modifie les pertes. Environ une vaginite sur trois n'est pas infectieuse : irritation par un savon, un gel douche, un lubrifiant ou un spermicide, sous-vêtements serrés, maladie de peau. Elle démange ou brûle, mais ne donne pas d'écoulement particulier. Les gestes que recommande l'Assurance Maladie :
- une toilette par jour, avec les mains, à l'extérieur seulement — jamais de douche vaginale ;
- un savon doux, sans parfum, au pH neutre — ni gel parfumé, ni lingettes parfumées, ni déodorant intime ;
- des sous-vêtements en coton, changés chaque jour et dès qu'ils sont humides ;
- pas de protège-slip au quotidien : ils entretiennent l'humidité et favorisent les irritations et les infections.
Quand consulter pour des pertes vaginales, et dans quel délai
Le bon délai dépend moins des pertes elles-mêmes que des symptômes qui les accompagnent. Une vaginite, même très gênante, ne relève pas d'un appel d'urgence. Certains saignements, si.
| Votre situation | Délai conseillé |
|---|---|
| Vous reconnaissez une mycose déjà diagnostiquée (pertes blanches épaisses et démangeaisons) | Automédication avec l'aide du pharmacien, puis surveillance ; consultation en cas de doute |
| C'est la première fois ; les pertes sont malodorantes, jaunes ou vertes ; les symptômes persistent ou reviennent après un traitement ; les mycoses récidivent souvent ; vous avez une maladie chronique (diabète) | Médecin traitant, gynécologue ou sage-femme dans les jours qui viennent |
| Les pertes s'accompagnent de douleurs du ventre ou de brûlures en urinant ; vous êtes enceinte, ou pensez l'être | Consultation dans la journée |
| Des saignements ou des pertes rosées ou brunâtres entre les règles ou après un rapport, sans fièvre ni malaise | Rendez-vous chez votre médecin traitant, gynécologue ou sage-femme |
| Un saignement avec de la fièvre ; un saignement abondant avec un malaise ; un saignement et des douleurs du bas-ventre après un retard de règles | Urgence : gynécologue en urgence, ou le 15 |
| Tout saignement après la ménopause, même une seule fois | Médecin ou gynécologue, sans attendre qu'il se répète |
Pour les saignements, la page de l'Assurance Maladie sur les saignements entre les règles réserve l'urgence à trois cas : la fièvre, un saignement abondant avec malaise, et un saignement avec des douleurs du bas-ventre après un retard de règles, qui peut faire craindre une grossesse extra-utérine ou une fausse couche. Dans les autres cas, un rendez-vous avec votre médecin traitant ou la sage-femme qui vous suit suffit.
Fièvre, douleurs du bas-ventre et saignements entre les règles peuvent aussi traduire une forme aiguë, rare, d'infection à chlamydia, qui associe justement ces trois signes. Dans ce cas, consultez en urgence, le jour même.
Chez une femme enceinte, une infection vaginale peut avoir des répercussions sur le fœtus, entraîner un risque d'accouchement prématuré ou contaminer le bébé lors de l'accouchement. Des pertes un peu plus abondantes pendant la grossesse sont habituelles ; des pertes qui changent de couleur, d'odeur, ou qui démangent, ne le sont pas.
Consultation pour des pertes vaginales : ce qui se passe
La consultation pour des pertes vaginales est souvent plus simple qu'on ne l'imagine. Le médecin pratique un examen gynécologique pour confirmer le diagnostic — et prescrit parfois un prélèvement vaginal pour identifier le germe. Ce prélèvement peut être fait par le médecin, au laboratoire ou par vous-même (autoprélèvement).
Un conseil très concret : évitez de faire votre toilette intime juste avant le rendez-vous. Les sécrétions sont ainsi conservées — et c'est leur aspect qui permet le plus souvent de poser le diagnostic. Arriver « trop propre » complique la tâche du médecin.
Le traitement dépend de la cause :
- mycose : un traitement antifongique, le plus souvent local ;
- infection bactérienne : des antibiotiques adaptés au germe ;
- trichomonase : un antiparasitaire ;
- herpès génital : des antiviraux ;
- irritation non infectieuse : supprimer la cause (produit d'hygiène, sous-vêtements, spermicide, préservatif mal toléré).
Les spermicides — et même certains préservatifs — font partie des produits capables d'irriter la muqueuse vaginale. Si vos irritations semblent liées à votre contraception, parlez-en : notre guide complet des méthodes de contraception passe en revue les alternatives, avec leurs avantages et leurs contraintes.
Se faire dépister sans ordonnance : Mon test IST, CeGIDD, centres de santé sexuelle
Se faire dépister est devenu simple. Selon la page d'ameli consacrée au dépistage des IST, le dispositif « Mon test IST » permet depuis le 1er septembre 2024 de se faire dépister directement en laboratoire, sans ordonnance et sans rendez-vous. Il couvre le VIH, l'hépatite B, la syphilis, la gonorrhée et la chlamydiose.
Sur place, un autoquestionnaire détermine les infections à rechercher — en cas de résultat positif, le biologiste vous prévient et vous oriente. La prise en charge dépend de l'âge :
- avant 26 ans, le dépistage des cinq IST est pris en charge à 100 %, sans avance de frais ;
- à partir de 26 ans, seul le dépistage du VIH l'est à 100 % ; celui des quatre autres IST est remboursé à 60 % par l'Assurance Maladie et à 40 % par la complémentaire santé.
Votre médecin traitant, votre gynécologue ou votre sage-femme peut aussi vous prescrire un test de dépistage, à vous et à votre partenaire. Pour un dépistage gratuit et anonyme, quel que soit l'âge, il existe les CeGIDD (centres gratuits d'information, de dépistage et de diagnostic), et les centres de santé sexuelle (ex-centres de planification) dépistent aussi gratuitement les IST. Pour trouver le plus proche, Sida Info Service répond au 0 800 840 800 — un appel confidentiel, anonyme et gratuit.
Le dépistage est recommandé en cas de symptômes gynécologiques ou urinaires, avant d'arrêter le préservatif avec un nouveau partenaire, ou après un rapport non protégé. Des pertes qui changent après un nouveau partenaire cochent déjà la première case.
Questions fréquentes
Est-ce normal d'avoir des pertes vaginales tous les jours ?
Oui. Avant la ménopause, le vagin produit des sécrétions en continu : elles le nettoient, l'humidifient et le protègent des infections. Leur quantité et leur aspect varient au fil du cycle, avec un pic de pertes fluides et transparentes autour de l'ovulation. Ce qui doit alerter, c'est un changement inhabituel de couleur, d'odeur ou de texture, en particulier avec des démangeaisons ou des douleurs.
Des pertes blanches, est-ce forcément une mycose ?
Non. Des sécrétions laiteuses et peu abondantes sont normales en dehors de l'ovulation ; elles augmentent en deuxième partie de cycle et avant les règles. Une mycose associe des pertes blanchâtres épaisses, comme du lait caillé, à des démangeaisons de la vulve. Sans démangeaisons ni irritation, des pertes blanches sont le plus souvent normales.
Des pertes marron, faut-il s'inquiéter ?
Un saignement de faible abondance est souvent brunâtre : c'est ce qu'on appelle un spotting. Des pertes marron en dehors des règles se traitent donc comme un petit saignement : prenez rendez-vous chez votre médecin traitant, votre gynécologue ou votre sage-femme, et consultez en urgence en cas de fièvre, de malaise, ou de douleurs du bas-ventre après un retard de règles. Après la ménopause, toute trace brune ou rosée se fait vérifier, même une seule fois.
Pourquoi mes pertes sentent-elles plus fort après un rapport ?
Une odeur de poisson plus marquée après un rapport est typique de la vaginose bactérienne. Les pertes sont alors souvent fluides et grisâtres, sans démangeaisons. La vaginose se soigne avec des antibiotiques sur ordonnance : consultez dans les jours qui viennent, et dans la journée si vous êtes enceinte.
La vaginose bactérienne est-elle une infection sexuellement transmissible ?
Non. C'est un déséquilibre de la flore vaginale, même si les rapports peuvent la favoriser, et elle peut se transmettre entre deux femmes. Elle augmente en revanche le risque d'attraper une IST, peut-être parce qu'elle rend le vagin moins acide. Un dépistage peut donc être utile si vous avez changé de partenaire.
Faut-il traiter son partenaire en cas de pertes anormales ?
Cela dépend de la cause. Pour une trichomonase ou une chlamydia, le ou les partenaires doivent parfois être traités en même temps pour éviter une recontamination. Pour une mycose, il n'est pas nécessaire de traiter un partenaire qui n'a pas de symptômes. Dans tous les cas, pas de rapport sans préservatif tant que le traitement n'a pas agi.
Des pertes plus abondantes pendant la grossesse, faut-il s'inquiéter ?
Pas en soi : les pertes sont généralement plus abondantes pendant la grossesse. En revanche, des pertes qui changent de couleur ou d'odeur, qui démangent ou qui s'accompagnent de douleurs justifient de consulter dans la journée. Enceinte, ne prenez aucun traitement contre une mycose sans avis médical.
Sources
- Assurance Maladie — Reconnaître une vaginite
- Assurance Maladie — Mycose vaginale et autres vaginites : que faire ?
- Assurance Maladie — Les vaginites : consultation et traitement
- Assurance Maladie — Faire sa toilette intime
- Assurance Maladie — Saignements gynécologiques anormaux : définition
- Assurance Maladie — Saignements entre les règles : quand consulter ?
- Assurance Maladie — Saignements entre les règles : les causes
- Assurance Maladie — Dépister les IST
- Assurance Maladie — Infection à chlamydia
- Haute Autorité de santé — Dépistage de Chlamydia trachomatis (2018)
- Santé publique France — VIH et IST bactériennes en France, bilan 2023
- NHS — Vaginal discharge
- NHS — Postmenopausal bleeding
- NHS — Bacterial vaginosis
- NHS — Thrush in men and women
- NHS — Trichomoniasis
- NHS — Gonorrhoea