« Seule, il me faut sept ou huit minutes. Avec lui, pendant la pénétration, jamais. Est-ce que mon corps est mal réglé ? »
Le message de Perrine est arrivé un dimanche de début mai, à 23 h 06. Perrine a 27 ans, elle est développeuse dans une agence web, et elle précisait entre parenthèses qu'elle aimait son compagnon (« et oui, il est attentionné, ce n'est pas le sujet »). Je lui ai répondu par une seule question : « Quand vous êtes seule, où sont vos mains ? » Sa réponse est tombée quelques minutes plus tard : « Sur le clitoris. Toujours. Je ne pense même pas à l'intérieur. »
Tout tenait dans cet échange. Le corps de Perrine faisait ce que font la plupart des corps féminins. Dans une enquête menée en 2015 auprès d'un échantillon représentatif de 1 055 Américaines de 18 à 94 ans, 18,4 % seulement déclaraient que la pénétration seule suffisait à leur orgasme. Son problème tenait à la géométrie : dans la plupart des positions, le clitoris reste à l'écart de l'action.
Ce guide classe donc les positions selon un seul critère — le contact qu'elles laissent au clitoris pendant la pénétration —, de la CAT à la levrette, avec ce que les études soutiennent et ce qu'elles ne soutiennent pas.
Pourquoi la pénétration seule mène-t-elle rarement à l'orgasme ?
La pénétration seule mène rarement à l'orgasme pour une raison anatomique. La partie la plus sensible du clitoris — son gland — se trouve à l'extérieur du vagin, au-dessus de son entrée (là où un va-et-vient ne frotte presque pas). L'enquête de Debby Herbenick et de son équipe, publiée en 2018 dans le Journal of Sex & Marital Therapy, le chiffre précisément. Pour 36,6 % des femmes interrogées, une stimulation du clitoris était nécessaire à l'orgasme pendant le rapport. Pour 36 % de plus, elle le rendait meilleur. Additionnées, ces deux réponses dépassent 70 %. La pénétration seule, elle, ne suffisait qu'à moins d'une femme sur cinq.
Le clitoris est aussi bien plus grand que la partie visible. La page de QuestionsSexualité (le site de Santé publique France) consacrée à la vulve rappelle qu'il possède plus de 8 000 terminaisons nerveuses, et ajoute : « En stimulant cette zone, vous augmentez vos chances d'avoir un orgasme. » Sa partie interne se trouve tout autour du vagin — on peut la stimuler par une pression sur le pubis ou par une pénétration. Le gland, la partie visible sous son capuchon, est justement ce que la plupart des positions oublient.
L'anatomie de chacune pèse aussi. En 2011, Kim Wallen et Elisabeth Lloyd ont réanalysé deux séries de mesures anciennes (Marie Bonaparte en 1924, Landis et ses collègues en 1940). Leur constat : plus la distance entre le gland du clitoris et l'orifice de l'urètre est courte, plus l'orgasme par la pénétration seule est probable, avec un seuil autour de 2,5 cm. Les auteurs jugent eux-mêmes limitée la valeur de cette mesure comme outil de diagnostic. Cette distance ne prédisait pas l'orgasme par la masturbation, et Wallen et Lloyd demandent que ces résultats soient vérifiés avec une mesure qui distingue clairement l'orgasme par la pénétration seule de celui obtenu avec une stimulation du clitoris. Votre anatomie ne se choisit pas. La position, l'angle et ce que font les mains, en revanche, se règlent.
L'écart se lit aussi à deux. Sur 52 588 adultes américains (Frederick et ses collègues, 2018), 95 % des hommes hétérosexuels disaient avoir habituellement ou toujours un orgasme pendant leurs rapports. Chez les femmes hétérosexuelles, c'était 65 % — et 86 % chez les lesbiennes. Quand le dernier rapport comprenait des baisers profonds, une stimulation manuelle ou du sexe oral (en plus de la pénétration), les femmes avaient plus souvent un orgasme.
Qu'est-ce qui fait qu'une position marche pour le clitoris ?
Une position favorise l'orgasme clitoridien quand elle réunit au moins l'un de quatre éléments. Un contact entre le pubis de votre partenaire (ou la base de son pénis) et votre clitoris. Un frottement continu plutôt qu'un va-et-vient ample. Un rythme que vous contrôlez. Ou une main libre — pour stimuler le clitoris directement.
Une enquête représentative menée en 2018 auprès de 3 017 Américaines (Hensel et ses collègues, PLOS ONE, 2021) a donné des noms à ces gestes. Le « rocking » — la base du pénis ou d'un jouet qui frotte en continu contre le clitoris, parce qu'on reste au fond au lieu d'aller et venir — concernait 76,4 % des femmes interrogées. Le « pairing », la stimulation du clitoris par la femme elle-même ou par son partenaire pendant la pénétration, 69,7 %. L'« angling » (tourner, lever ou abaisser le bassin pour changer l'endroit où la pénétration frotte), 87,5 %.
Ces trois gestes disent la même chose — ce n'est pas la profondeur qui fait l'orgasme clitoridien pendant un rapport, c'est la continuité du contact. Un va-et-vient ample éloigne le pubis de votre partenaire à chaque mouvement de recul. Une bascule lente, bassin contre bassin, le garde en place.
Reste le contrôle. Quand votre partenaire mène, il règle le rythme d'après ses sensations (rarement d'après les vôtres) — quand c'est vous, vous cherchez l'angle et la pression. L'enquête tchèque va dans ce sens : les positions où la femme mène y sortent en tête.
Quelles positions marchent le mieux pour l'orgasme clitoridien ?
Les positions qui gardent votre pubis contre celui de votre partenaire, ou qui libèrent une main, sont les plus favorables : l'Andromaque penchée, la position assise face à face et la CAT. Le tableau croise la logique anatomique (contact avec le gland, mains libres, rythme) et les résultats d'une grande enquête tchèque qui a comparé neuf positions coïtales. Les colonnes « contact » et « mains » relèvent du raisonnement anatomique ; seule la dernière s'appuie sur une mesure. Là où notre guide moderne des positions du Kamasutra les classe par niveau, du débutant à l'avancé, ce tableau ne retient qu'un critère : le contact avec le clitoris.
| Position | Contact avec le clitoris | Mains libres pour le clitoris | Qui règle le rythme | Ce qu'en dit l'étude tchèque (2020) |
|---|---|---|---|---|
| Andromaque penchée en avant | Fort (pubis contre pubis) | En partie | Vous | Plus d'orgasmes |
| Assise face à face | Fort (par bascule) | Peu | À deux | Plus d'orgasmes |
| CAT (missionnaire réaligné) | Fort (base du pénis) | Peu | À deux | Non étudiée (trois études spécifiques, résultats partagés) |
| Andromaque droite | Moyen | Oui, les vôtres et les siennes | Vous | Plus d'orgasmes |
| Cuillère | Faible sans les mains | Oui, les vôtres et les siennes | À deux | Non étudiée |
| À plat ventre, coussin sous le pubis | Moyen (par le coussin) | Une main glissée dessous | Lui | Pas d'association significative |
| Missionnaire classique | Faible à moyen | Peu | Lui | Pas d'association significative |
| Levrette à genoux | Faible sans les mains | Une main, poitrine basse | Lui | Moins d'orgasmes |
L'étude « Kamasutra in Practice », publiée en 2020 dans Sexual Medicine, a interrogé en ligne 9 813 femmes et 11 225 hommes tchèques entre 2015 et 2018. Les participantes indiquaient à quelle fréquence elles pratiquaient neuf positions coïtales (dessinées en silhouette). Elles estimaient aussi quelle part de leurs rapports avec leur partenaire actuel se terminait par un orgasme obtenu par les seuls mouvements du coït. Près d'un tiers (32,4 %) n'en avaient jamais eu de cette façon. Résultat : plus les femmes pratiquaient la femme au-dessus face à face et la position assise face à face, plus elles déclaraient d'orgasmes par la pénétration. À l'inverse, plus elles pratiquaient la levrette à genoux, moins elles en déclaraient. Le missionnaire, la position à plat ventre et les positions debout ne montraient aucune association significative.
Trois limites comptent. L'échantillon, recruté par Facebook et par les médias, n'est pas représentatif (les auteurs l'écrivent eux-mêmes), et les effets mesurés sont faibles. Surtout, l'enquête ne mesurait pas l'orgasme position par position : elle croise la fréquence de chaque position avec la part globale des rapports terminés par un orgasme, et ne demandait pas si une main stimulait le clitoris dans telle ou telle position. Elle montre une association, sans isoler l'effet propre d'une position.
La CAT : le missionnaire réaligné sur le clitoris
La technique d'alignement coïtal (CAT, pour coital alignment technique) est un missionnaire modifié pour que la base du pénis reste au contact du clitoris pendant tout le rapport. Décrite en 1988 par Edward Eichel et ses collègues, elle combine deux changements. D'abord, une position plus haute du partenaire (la variante que l'étude appelle « riding high »). Ensuite, un mouvement de pression et contre-pression coordonné — à la place du va-et-vient.
Voici comment la mettre en place, pas à pas :
- Partir du missionnaire, la pénétration déjà engagée.
- Remonter de quelques centimètres. Il glisse son corps vers votre tête — jusqu'à ce que son pubis arrive au niveau du vôtre. Le pénis entre alors moins profondément, avec un angle plus plat — et sa base appuie sur le haut de la vulve, là où se trouve le clitoris.
- Déposer son poids. Il repose sa poitrine près de la vôtre et répartit son poids sur ses avant-bras — plutôt que de rester en appui sur ses bras tendus (ce qui ferait perdre l'alignement).
- Remplacer le va-et-vient par une bascule. Vous poussez votre bassin vers le haut, il répond en appuyant vers le bas, puis l'inverse — sans jamais rompre le contact entre vos deux pubis. Le mouvement est court et régulier — presque un balancement.
- Garder le rythme lent. L'accélération réflexe de la fin fait perdre l'alignement.
Que valent les études ? Le bilan est plus nuancé que les articles enthousiastes ne le laissent croire. L'étude fondatrice de 1988 comparait par questionnaire 43 personnes formées à la technique à 43 personnes qui ne la connaissaient pas : les femmes formées rapportaient plus d'orgasmes pendant le coït et plus d'orgasmes simultanés. Ce n'était pas un essai contrôlé. En 1992, une équipe du New York Hospital-Cornell (rapport signé H. S. Kaplan) n'a pas réussi à reproduire ces résultats — tout en jugeant la technique intéressante dans certaines situations cliniques.
L'essai de Hurlbert et Apt, publié en 1995 dans le Journal of Sex & Marital Therapy, apporte un éclairage plus solide. Trente-six femmes mariées ont été réparties au hasard, avec leur conjoint, entre un atelier consacré à la CAT (19 femmes) et un atelier de masturbation dirigée (17 femmes). Les deux groupes ont nettement progressé (régularité et intensité de l'orgasme, nombre d'orgasmes à deux), la CAT faisant un peu mieux sur l'orgasme pendant le coït.
En 2021, une revue des traitements psychologiques du trouble de l'orgasme féminin (Erica Marchand, Sexual Medicine Reviews) a jugé l'apprentissage de la CAT peu étayé comme traitement principal. Elle place loin devant la masturbation dirigée, le sensate focus (des exercices de toucher progressif, à deux) et la psychothérapie. La CAT reste une option simple, qui corrige le défaut principal du missionnaire et mérite plusieurs essais avant d'être jugée.
L'Andromaque : pourquoi la femme au-dessus arrive-t-elle en tête ?
L'Andromaque — vous au-dessus, face à votre partenaire — vous donne le plus de contrôle sur le contact clitoridien. C'est aussi la position que l'étude tchèque associe le plus nettement à l'orgasme par la pénétration. Ses auteurs y voient une explication simple — ces positions permettent aux femmes de prendre un rôle actif et de contrôler la profondeur et le rythme. Ses deux variantes offrent un contact très différent.
Penchée en avant, pubis contre pubis
Vous vous penchez vers votre partenaire, les mains ou les avant-bras en appui de part et d'autre de ses épaules. Votre pubis vient contre le sien, et le pénis entre avec un angle plus plat. Le geste qui change tout : au lieu de monter et descendre, vous glissez d'avant en arrière — ou vous dessinez de petits cercles — en gardant le pénis au fond. Votre clitoris frotte alors contre son pubis à chaque mouvement. C'est le « rocking » de l'enquête de Hensel — mais c'est vous qui réglez la pression.
Droite, les mains libres
Assise bien droite sur lui, le contact clitoridien diminue — mais vos mains et les siennes sont libres. C'est la variante la plus simple pour ajouter une stimulation directe : votre main, son pouce posé sur le haut de la vulve, ou un petit vibromasseur tenu entre vous deux. Vous pouvez aussi vous pencher légèrement en arrière, les mains sur ses cuisses : l'angle change, et la pression se déplace vers la paroi antérieure du vagin — celle que visent les huit positions pour stimuler le point G.
Assise face à face : la position lente qui frotte
La position assise face à face est l'autre position que l'étude tchèque associe à davantage d'orgasmes par la pénétration. Votre partenaire est assis (au bord du lit, adossé à la tête de lit ou en tailleur), vous sur ses cuisses, face à lui. Elle se prête mal aux grands mouvements — et c'est précisément sa force : on y bascule plus qu'on n'y va et vient, ce qui garde les deux pubis en contact.
Enroulez vos jambes autour de sa taille ou posez vos pieds à plat derrière lui. Ses mains sur vos hanches peuvent accompagner la bascule — sans la diriger. Poitrine contre poitrine, le contact clitoridien se fait à chaque retour.
Ses défauts : elle sollicite les cuisses et le dos (une tête de lit ou un mur soulagent beaucoup) et laisse peu de place aux mains. Si vous avez mal au dos ou des genoux fragiles, notre guide des positions confortables en cas de douleurs de dos ou de mobilité réduite propose des variantes avec appui.
La cuillère : la position des mains libres
La cuillère offre peu de contact clitoridien par elle-même. Elle figure dans ce classement parce qu'elle laisse le clitoris accessible aux mains, aux vôtres comme aux siennes. Allongés sur le côté, lui derrière vous, la pénétration est peu profonde, le rythme lent, et personne ne porte le poids de l'autre.
La cuillère est la position idéale pour le « pairing », cette stimulation du clitoris pendant la pénétration que 69,7 % des Américaines interrogées par l'équipe de Hensel avaient déjà pratiquée. Deux options :
- Sa main. Son bras passe par-dessus votre hanche et ses doigts arrivent sur le haut de votre vulve, avec le même angle que le vôtre quand vous vous touchez.
- La vôtre. Vous gardez la main qui connaît le chemin, et vous réglez la pression pendant qu'il règle la pénétration.
Pour ajuster l'angle, remontez votre jambe du dessus et posez-la sur la sienne, ou pliez légèrement les deux genoux vers votre poitrine. Sans appui à tenir, c'est aussi la position de repli des soirs de fatigue.
Levrette : comment rendre les positions par derrière compatibles avec le clitoris ?
Les positions par derrière sont les moins favorables à l'orgasme clitoridien. Le pubis de votre partenaire est loin de votre clitoris, et rien ne frotte le gland. L'étude tchèque va dans ce sens : plus la levrette à genoux était pratiquée, moins les femmes déclaraient d'orgasmes par les seuls mouvements du coït. Le mot important reste « seuls » — avec une main ou un jouet, ces positions peuvent tout à fait fonctionner.
La levrette poitrine basse est la plus simple à adapter. Au lieu de rester en appui sur vos mains, posez vos avant-bras ou votre poitrine sur un oreiller — une de vos mains se libère et passe sous vous jusqu'au clitoris.
À plat ventre, un coussin ou une serviette roulée sous le pubis fait le travail à votre place — à chaque mouvement de votre partenaire, votre pubis appuie contre le coussin. Certaines y glissent un petit vibromasseur.
Mains, jouets et lubrifiant : ce qui compte plus que la position
Le moyen le plus fiable d'atteindre l'orgasme pendant un rapport ? Ajouter une stimulation directe du clitoris — bien plus que choisir la bonne position. Les chiffres de l'équipe de Herbenick le disent à leur façon : pour plus d'un tiers des femmes interrogées, cette stimulation était une condition de l'orgasme.
Les mains : qui touche, et comment
Vous toucher pendant un rapport est souvent la solution la plus précise : votre main connaît déjà le chemin. S'il préfère le faire, montrez-lui : doigts à plat plutôt que du bout de l'ongle, pression régulière, à travers le capuchon si le gland est trop sensible au contact direct.
Les jouets : entre deux corps plutôt qu'à la place de l'un
Un petit vibromasseur tenu contre le clitoris fonctionne dans l'Andromaque droite, dans la cuillère ou à plat ventre. Un anneau vibrant, porté à la base du pénis, peut prolonger la logique de la CAT — la vibration arrive à l'endroit même où les deux pubis se rencontrent.
Le lubrifiant : moins de frottement, plus de sensations
Le frottement répété, quand on reste collés, irrite vite une muqueuse trop sèche. Le lubrifiant est un accessoire de confort, qui se choisit selon la contraception. La page de QuestionsSexualité sur le préservatif externe recommande un gel à base d'eau ou de silicone, et met en garde contre les corps gras.
Comment dire ce qui marche sans casser l'élan ?
La meilleure position du monde ne sert à rien si votre partenaire ne sait pas qu'elle vous convient. Dans l'enquête de Frederick et de ses collègues, les femmes qui avaient le plus souvent un orgasme étaient aussi celles qui demandaient ce qu'elles voulaient au lit. Elles complimentaient plus souvent leur partenaire pour un geste réussi, et essayaient plus volontiers de nouvelles positions.
Dire que vous avez besoin d'autre chose que la pénétration, c'est suivre une évolution de fond. Les premiers résultats de l'enquête Contexte des sexualités en France 2023 (Inserm-ANRS-MIE), menée auprès de 31 518 personnes de 15 à 89 ans, décrivent « une sexualité beaucoup plus diversifiée et de moins en moins restreinte aux rapports avec une pénétration vaginale ».
Pendant l'acte, les consignes courtes passent mieux que les explications. Quelques formules, à adapter à votre façon de parler :
- Pour garder un contact : « Reste là, ne bouge plus que le bassin. »
- Pour changer le mouvement : « Moins loin, plus collé. »
- Pour reprendre la main : « Laisse-moi faire, je vais au-dessus. »
- Pour ajouter une stimulation : « Je vais me toucher en même temps. »
Les conversations plus longues se tiennent mieux hors du lit. Pour reprendre les bases de l'orgasme, notre guide du plaisir féminin et de l'orgasme va du corps aux blocages les plus courants.
Quand consulter si l'orgasme ne vient pas, ou si la pénétration fait mal ?
Ne pas avoir d'orgasme pendant la pénétration est courant. Il vaut la peine d'en parler à un professionnel si vous n'avez jamais eu d'orgasme, même seule, si vous en aviez et n'en avez plus, si la situation vous pèse ou si la pénétration fait mal.
Pour l'orgasme, des traitements ont fait leurs preuves : la revue d'Erica Marchand (2021) retient la masturbation dirigée, le sensate focus et la psychothérapie. Et la connaissance de son corps progresse — selon l'enquête CSF-2023, 72,9 % des femmes de 18 à 69 ans déclaraient s'être déjà masturbées, contre 42,4 % en 1992. Ce que vous apprenez seule, vous le transposerez à deux. Notre article sur l'anatomie de la vulve et du vagin peut vous aider à mettre des mots sur ce que vous ressentez.
Pour la douleur, QuestionsSexualité donne une définition claire : « Les dyspareunies désignent toutes les douleurs aiguës ou chroniques liées à une pénétration ou à une tentative de pénétration. » Elles touchent 7,5 % des femmes de 16 à 74 ans sexuellement actives, selon une enquête britannique que cite le site. Parmi les causes physiques, le site cite une lubrification insuffisante, une mycose, une IST, une sécheresse vaginale ou l'endométriose. Parmi les recours : médecin généraliste, gynécologue, sage-femme, kinésithérapeute ou sexologue.
Perrine m'a réécrit trois semaines après son premier message. Une seule ligne : « L'Andromaque penchée, et ma main. » Son histoire ne prouve rien — chaque corps a sa géométrie et son rythme. Mais elle résume ce guide mieux qu'un tableau : trouvez la position qui laisse votre clitoris dans le mouvement, puis ajoutez ce que la position ne fait pas seule.
Questions fréquentes
Quelle est la meilleure position pour l'orgasme clitoridien ?
Aucune ne marche pour tout le monde. Dans l'étude tchèque de 2020 (près de 10 000 femmes), la femme au-dessus face à face et la position assise face à face étaient associées à davantage d'orgasmes par la pénétration. Pour le contact clitoridien, l'Andromaque penchée en avant et la CAT sont les plus logiques.
Est-ce normal de ne pas jouir pendant la pénétration ?
Oui. Dans l'enquête américaine de Herbenick et de ses collègues, 18,4 % seulement des femmes déclaraient que la pénétration seule suffisait à leur orgasme, et 36,6 % avaient besoin d'une stimulation du clitoris pendant le rapport. C'est la configuration la plus fréquente.
La CAT marche-t-elle vraiment ?
Les résultats sont partagés. L'étude de 1988 et l'essai de 1995 sont encourageants, mais une équipe new-yorkaise n'a pas réussi à reproduire les premiers résultats en 1992, et une revue de 2021 la juge peu étayée comme traitement principal. Elle reste une option simple à essayer, surtout si le missionnaire est votre position habituelle.
Utiliser un vibromasseur pendant la pénétration, est-ce que ça peut vexer mon partenaire ?
Tout dépend de la façon de le présenter. Un vibromasseur ajoute ce que la position ne fournit pas. Parlez-en à froid, hors du lit, plutôt que de le sortir sans prévenir.
Pourquoi j'arrive à l'orgasme seule mais pas à deux ?
Seule, vous stimulez directement le clitoris, avec la pression et le rythme exacts qui vous conviennent. Pendant un rapport, la plupart des positions l'éloignent du mouvement. Transposer vos gestes (votre main, une position où vous menez, un jouet) comble souvent l'écart.
Orgasme clitoridien et orgasme vaginal, est-ce vraiment différent ?
La frontière est moins nette que le vocabulaire ne le suggère. La partie interne du clitoris entoure le vagin, et QuestionsSexualité rappelle qu'une pénétration peut aussi la stimuler. On parle donc plutôt de chemins différents vers l'orgasme — par l'extérieur, par l'intérieur, ou les deux à la fois.
Quand faut-il consulter ?
Si vous n'avez jamais eu d'orgasme, si vous n'en avez plus, si la situation vous pèse, ou si la pénétration fait mal de façon répétée. Médecin généraliste, gynécologue, sage-femme ou sexologue peuvent chercher une cause.
Sources
- Herbenick D. et al. — Women's Experiences With Genital Touching, Sexual Pleasure, and Orgasm (2018)
- Krejčová L. et al. — Kamasutra in Practice, Sexual Medicine (2020)
- Eichel E. W. et al. — The technique of coital alignment and its relation to female orgasmic response (1988)
- Kaplan H. S. — Does the CAT technique enhance female orgasm? (1992)
- Hurlbert D. F., Apt C. — The coital alignment technique and directed masturbation (1995)
- Marchand E. — Psychological and Behavioral Treatment of Female Orgasmic Disorder (2021)
- Wallen K., Lloyd E. A. — Female sexual arousal: genital anatomy and orgasm in intercourse (2011)
- Frederick D. A. et al. — Differences in Orgasm Frequency Among Gay, Lesbian, Bisexual, and Heterosexual Men and Women (2018)
- Hensel D. J. et al. — Women's techniques for making vaginal penetration more pleasurable, PLOS ONE (2021)
- Syarif S. et al. — What is the most dangerous sexual position that caused the penile fracture? (2024)
- QuestionsSexualité (Santé publique France) — Zoom sur la vulve
- QuestionsSexualité (Santé publique France) — Le préservatif externe ou « masculin » : comment ça marche
- QuestionsSexualité (Santé publique France) — Dyspareunies : douleurs pendant les rapports sexuels
- Inserm-ANRS-MIE — Contexte des sexualités en France 2023, premiers résultats (novembre 2024)