Sommaire
- Pourquoi le yoga — ce que dit vraiment la science
- Les styles de yoga : trouver celui qui vous correspond
- 10 postures fondamentales pour débuter
- La respiration : le pilier invisible du yoga
- L'équipement essentiel (et ce qui ne l'est pas)
- Choisir son cours : studio, en ligne ou seule ?
- Les 8 erreurs de débutante et comment les éviter
- Votre première routine : 20 minutes pour commencer
- Intégrer le yoga dans un quotidien chargé
- FAQ — Yoga débutante
Le premier cours de yoga de Sophie, 29 ans, consultante en stratégie, s'était terminé par un fou rire nerveux dans les vestiaires. Pas de honte — d'incrédulité. Pendant une heure, dans un studio baigné de lumière rasante et d'encens qu'elle trouvait un peu envahissant, elle avait découvert que ses ischio-jambiers avaient la souplesse d'un câble en acier, que son équilibre sur un pied relevait du miracle statistique, et que la position du « chien tête en bas » — celle qui avait l'air si naturelle sur Instagram — lui avait fait trembler les bras comme si elle portait un réfrigérateur.
Trois ans plus tard, Sophie pratique quatre fois par semaine. Pas parce que le yoga l'a « transformée » — elle déteste ce mot. Mais parce qu'il a fait quelque chose de plus subtil et de plus durable : il lui a appris à habiter son corps. À sentir ses trapèzes se contracter quand elle ouvre ses emails le lundi matin. À respirer par le ventre quand l'anxiété monte. À dormir — vraiment dormir — pour la première fois depuis ses études.
Ce n'est pas du mysticisme. C'est de la neurophysiologie. Et c'est prouvé. Une méta-analyse publiée dans le Journal of Clinical Psychology (2023) portant sur 3 880 participants montre que le yoga réduit significativement l'anxiété (effet modéré à fort, d = 0.56), le stress perçu et les symptômes dépressifs. Harvard Medical School le place parmi les interventions non pharmacologiques les plus validées pour la gestion du stress.
Ce guide est pour vous si vous n'avez jamais posé un pied sur un tapis — ou si vous avez essayé une fois et abandonné en pensant que « le yoga, ce n'est pas pour moi ». Spoiler : c'est pour tout le monde. Littéralement.
Pourquoi le yoga — ce que dit vraiment la science
Avant de dérouler le tapis, démontons un malentendu : le yoga n'est pas un sport. Ce n'est pas non plus une religion, une secte, un régime ou un mode de vie réservé aux femmes minces en legging couleur sauge. Le yoga est une pratique psychocorporelle qui combine postures (asanas), respiration (pranayama) et concentration — et dont les effets sur la santé sont mesurés depuis plus de 40 ans par la recherche biomédicale.
Ce que les études prouvent
Sur le stress et l'anxiété. Le yoga active le système nerveux parasympathique (celui du « repos et digestion ») et réduit la production de cortisol. Une étude randomisée contrôlée (Pascoe et al., Psychoneuroendocrinology, 2017) montre une baisse de 25 % du cortisol salivaire après 12 semaines de pratique régulière.
Sur la douleur chronique. L'American College of Physicians recommande le yoga comme traitement de première intention pour les lombalgies chroniques — avant les médicaments. Les données sont sans ambiguïté : le yoga réduit la douleur et améliore la fonction physique de manière comparable à la kinésithérapie (Saper et al., Annals of Internal Medicine, 2017).
Sur le sommeil. Une méta-analyse de 19 essais contrôlés (Wang et al., 2020) conclut que le yoga améliore significativement la qualité du sommeil — avec un effet particulièrement marqué chez les femmes et les personnes souffrant d'insomnie.
Sur la santé cardiovasculaire. Le yoga réduit la tension artérielle systolique de 5 mmHg en moyenne (Cramer et al., Mayo Clinic Proceedings, 2014) et améliore le profil lipidique. Ce n'est pas un substitut à l'exercice aérobie, mais un complément efficace.
Sur la santé mentale. Au-delà de l'anxiété, le yoga montre des effets positifs sur les symptômes de dépression (taille d'effet comparable aux antidépresseurs à faible dose dans certaines études), le trouble de stress post-traumatique (van der Kolk et al., 2014) et même les troubles alimentaires (Neumark-Sztainer et al., 2018).
Ce que le yoga ne fait pas : il ne « détoxifie » pas (vos reins et votre foie s'en chargent), il ne « brûle les toxines » (les toxines ne sont pas un concept médical), et il ne guérit pas le cancer. Méfiez-vous des allégations miraculeuses : les bienfaits réels du yoga sont déjà suffisamment impressionnants pour ne pas avoir besoin d'exagération.
Les styles de yoga : trouver celui qui vous correspond
Il existe des dizaines de styles de yoga — et choisir le mauvais pour débuter peut transformer une expérience positive en calvaire. Voici les styles les plus accessibles pour une débutante, classés par intensité.
Hatha Yoga — Le classique accessible
Intensité : ★★☆☆☆
Le hatha est le style fondateur dont la plupart des autres dérivent. Les postures sont tenues 30 secondes à 2 minutes, avec des transitions lentes et un accent sur l'alignement. C'est le style recommandé pour débuter : il laisse le temps de comprendre chaque posture, de corriger le placement, de respirer.
Vinyasa — Le yoga en mouvement
Intensité : ★★★☆☆ à ★★★★☆
Le vinyasa enchaîne les postures dans un flux continu, synchronisé avec la respiration. Plus dynamique que le hatha, il convient aux personnes qui s'ennuient dans la lenteur — mais il est exigeant pour une débutante absolue. Recommandation : commencer par un cours « vinyasa doux » ou « slow vinyasa ».
Yin Yoga — La profondeur passive
Intensité : ★☆☆☆☆ (physiquement), ★★★★☆ (mentalement)
Les postures sont tenues 3 à 5 minutes, souvent au sol, ciblant les tissus conjonctifs (fascias, ligaments, tendons). Physiquement doux mais mentalement exigeant — rester immobile 5 minutes en étirant ses hanches confronte à un inconfort que beaucoup trouvent difficile à supporter. Excellent en complément d'un sport intensif.
Ashtanga — La rigueur structurée
Intensité : ★★★★☆
Séries fixes de postures toujours dans le même ordre, toujours avec la même respiration. L'Ashtanga est exigeant, athlétique et progressif (on « débloque » les postures une par une). Pas recommandé pour une première approche, mais excellent après 6 mois de hatha ou vinyasa.
Yoga restauratif — L'abandon total
Intensité : ★☆☆☆☆
Utilise des supports (bolsters, couvertures, blocs) pour soutenir le corps dans des postures passives tenues 10 à 20 minutes. Zéro effort musculaire — l'objectif est la relaxation profonde du système nerveux. Parfait en période de stress intense, de récupération post-partum ou de fatigue chronique.
Power Yoga — Le yoga sportif
Intensité : ★★★★★
Dérivé du vinyasa avec un accent sur le renforcement musculaire. Proche du fitness, il fait transpirer et développe la force. Déconseillé en tout premier cours de yoga — mais envisageable après quelques mois de pratique régulière.
Conseil pour débutante absolue : commencez par 4 à 6 cours de hatha pour acquérir les bases (alignement, vocabulaire, respiration), puis explorez le vinyasa doux ou le yin selon vos affinités. L'essentiel est d'essayer au moins 3 styles différents avant de conclure que « le yoga n'est pas fait pour vous ».
10 postures fondamentales pour débuter
Ces 10 postures constituent le vocabulaire de base du yoga. Les maîtriser — c'est-à-dire les pratiquer avec un alignement correct et une respiration fluide — prend des semaines, pas des minutes. Et c'est normal.
1. Tadasana — La montagne
Debout, pieds joints ou écartés largeur hanches, bras le long du corps, regard droit devant. La posture semble banale — elle est fondamentale. Elle enseigne l'ancrage, l'alignement de la colonne et la conscience posturale. Répartissez le poids uniformément sur les quatre coins de chaque pied. Engagez légèrement les quadriceps. Allongez la colonne vers le ciel.
2. Adho Mukha Svanasana — Le chien tête en bas
La posture la plus emblématique. Mains au sol largeur épaules, pieds largeur hanches, corps en V inversé. L'erreur classique : forcer les talons au sol. Ils n'ont pas besoin de toucher — gardez les genoux légèrement fléchis si nécessaire. L'objectif est l'allongement de la colonne, pas l'étirement des mollets.
3. Virabhadrasana I — Le guerrier I
Fente avant, pied arrière à 45°, bras levés, regard vers les mains. Renforce les cuisses, ouvre les hanches, travaille l'équilibre. L'erreur courante : laisser le genou avant dépasser la cheville. Alignez le genou au-dessus de la cheville, tibia perpendiculaire au sol.
4. Virabhadrasana II — Le guerrier II
Fente latérale, bras étendus à l'horizontale, regard vers la main avant. Renforce les jambes et les épaules, ouvre les hanches. Astuce : imaginez que vos bras tirent dans des directions opposées — l'énergie s'étend du bout des doigts gauches au bout des doigts droits.
5. Balasana — La posture de l'enfant
Genoux au sol, fesses sur les talons, buste penché vers l'avant, bras allongés devant ou le long du corps. C'est la posture de repos — celle que vous pouvez prendre à tout moment pendant un cours si vous avez besoin de reprendre votre souffle. Aucun prof de yoga digne de ce nom ne vous jugera pour cela.
6. Bhujangasana — Le cobra
Allongée sur le ventre, mains sous les épaules, soulevez le buste en gardant le bassin au sol. L'extension de la colonne vertébrale est douce — ne forcez pas la cambrure. Les coudes restent légèrement fléchis, les épaules éloignées des oreilles.
7. Trikonasana — Le triangle
Pieds écartés, une main vers le sol (ou la cheville), l'autre vers le ciel. Étire les flancs, renforce les jambes, travaille l'équilibre latéral. Utilisez un bloc sous la main basse si vous ne touchez pas le sol — c'est son utilité première.
8. Vrksasana — L'arbre
Debout sur un pied, l'autre posé contre la cuisse interne (jamais contre le genou). Mains en prière devant la poitrine ou bras levés. L'équilibre est difficile ? Fixez un point immobile devant vous (drishti) et gardez le pied d'appui fermement ancré. L'oscillation est normale — elle fait partie de la posture.
9. Supta Baddha Konasana — Le papillon allongé
Allongée sur le dos, plantes de pieds jointes, genoux ouverts vers l'extérieur. Posture d'ouverture des hanches et de relaxation profonde. Si la tension est trop forte dans les hanches, placez un coussin ou un bloc sous chaque genou.
10. Savasana — La posture du cadavre
Allongée sur le dos, bras et jambes détendus, yeux fermés. La posture la plus simple en apparence et la plus difficile en réalité — parce qu'elle demande d'arrêter de faire. C'est la posture de clôture de chaque séance, celle où le système nerveux intègre les bienfaits de la pratique. Ne la sautez jamais.
Alignement avant profondeur : une posture « moins profonde » mais correctement alignée est infiniment plus bénéfique qu'une posture « impressionnante » mais mal exécutée. Le yoga n'est pas un concours de souplesse. Si vous avez besoin d'un bloc, d'une sangle ou d'un genou plié — utilisez-les sans la moindre honte.
La respiration : le pilier invisible du yoga
Si vous ne devez retenir qu'une chose de ce guide, c'est celle-ci : le yoga sans respiration consciente n'est que de la gymnastique. Le pranayama (contrôle du souffle) est ce qui distingue le yoga de l'étirement — et c'est aussi ce qui produit la majorité des effets mesurables sur le stress et l'anxiété.
La respiration ujjayi — le souffle victorieux
La respiration de base en yoga : inspirez et expirez par le nez en contractant légèrement l'arrière de la gorge, créant un son doux et régulier — comme le bruit de l'océan dans un coquillage. Cette constriction ralentit le flux d'air, prolonge les échanges gazeux et active le nerf vague — le grand régulateur du système nerveux parasympathique.
En pratique : inspirez sur 4 temps, expirez sur 6 temps. L'expiration plus longue que l'inspiration est la clé de l'activation parasympathique — c'est prouvé par les données de variabilité cardiaque (Gerritsen & Band, 2018).
La respiration abdominale (diaphragmatique)
Allongée sur le dos, une main sur le ventre, l'autre sur la poitrine. Inspirez en gonflant le ventre (la main sur le ventre monte, celle sur la poitrine reste immobile). Expirez en laissant le ventre redescendre. Cet exercice réapprend au diaphragme à fonctionner correctement — la majorité des adultes respirent de manière superficielle (thoracique), ce qui maintient le système nerveux en état d'alerte chronique.
Nadi Shodhana — La respiration alternée
Bouchez la narine droite avec le pouce, inspirez par la narine gauche. Bouchez la narine gauche avec l'annulaire, expirez par la narine droite. Inspirez par la droite. Bouchez la droite, expirez par la gauche. Un cycle. Recommandation : 5 cycles pour commencer.
L'effet est documenté : la respiration alternée réduit la fréquence cardiaque et la pression artérielle en quelques minutes (Telles et al., International Journal of Yoga, 2017). C'est un outil de gestion du stress immédiat — utilisable partout, y compris dans les transports ou avant une réunion.
Le test du quotidien : pratiquez la respiration abdominale pendant 5 minutes chaque matin, avant même de sortir du lit. En deux semaines, vous constaterez une différence mesurable dans votre gestion du stress — c'est l'un des « retours sur investissement » les plus rapides du yoga.
L'équipement essentiel (et ce qui ne l'est pas)
Ce dont vous avez besoin
Un tapis. C'est le seul investissement réellement nécessaire. Un bon tapis offre adhérence (pieds et mains ne glissent pas), amortissement (genoux protégés) et délimite votre espace. Budget : 25 à 50 € pour un tapis correct, 70 à 120 € pour un tapis durable et éco-responsable. Épaisseur recommandée : 4 à 6 mm.
Deux blocs en liège ou mousse. Les blocs « rapprochent le sol » de vous. Trop raide pour toucher le sol dans le triangle ? Posez la main sur le bloc. Hanches tendues en papillon ? Placez un bloc sous chaque genou. Ils ne sont pas un signe de faiblesse — ils sont un signe d'intelligence posturale. Budget : 10 à 20 € la paire.
Une sangle. Utile pour les postures d'étirement quand les mains ne se rejoignent pas — par exemple, attraper vos pieds dans une flexion avant assise. Budget : 5 à 10 €.
Ce dont vous n'avez PAS besoin
- Un legging à 90 € — un pantalon confortable dans lequel vous pouvez bouger suffit
- Des chaussettes de yoga — on pratique pieds nus (l'adhérence du pied sur le tapis est essentielle)
- Un bolster (sauf si vous pratiquez le yoga restauratif régulièrement — un oreiller ferme fait l'affaire au début)
- Une roue de yoga — gadget pour pratiquantes avancées, inutile avant des mois de pratique
- De l'encens, des cristaux ou un bol tibétain — si ça vous plaît, pourquoi pas, mais ce n'est pas du yoga, c'est de la décoration
Choisir son cours : studio, en ligne ou seule ?
Le studio : l'idéal pour débuter
Un bon prof corrige votre alignement en temps réel — et c'est inestimable quand on débute. Un mauvais alignement répété pendant des semaines peut créer des compensations qui mènent à la blessure. Le studio offre aussi un cadre social (même silencieux) qui renforce la motivation.
Comment choisir un studio :
- Le prof est-il certifié ? (minimum 200h de formation, idéalement 500h)
- Propose-t-il des cours « débutant » ou « fondations » ? (évitez les studios qui mélangent tous les niveaux)
- L'atmosphère est-elle accueillante et non-jugeante ?
- Le prix est-il transparent ? (méfiez-vous des engagements longs sans possibilité d'essai)
Le yoga en ligne : flexibilité et autonomie
Les plateformes de yoga en ligne (Yoga With Adriene sur YouTube — gratuit et excellent — ou des plateformes payantes comme Glo, Alo Moves) offrent une flexibilité incomparable. L'inconvénient : pas de correction d'alignement. Solution : combiner 1 à 2 cours en studio par semaine (pour les corrections) avec 2 à 3 séances en ligne (pour la régularité).
Seule chez soi : après les bases
Une fois les postures de base acquises et l'alignement intégré, pratiquer seule est tout à fait possible — et même souhaitable pour développer l'écoute de son propre corps. Mais pas en tout premier : les premières semaines méritent un regard extérieur.
Attention aux « formations » en ligne : le marché du yoga est peu régulé. Des « formations de prof de yoga en 50 heures en ligne » pullulent — elles ne valent rien. Une formation sérieuse : minimum 200 heures en présentiel, certifiée Yoga Alliance ou équivalent. Si vous prenez un cours en ligne, vérifiez les credentials du prof.
Les 8 erreurs de débutante et comment les éviter
1. Se comparer aux autres
La personne à côté de vous qui touche ses orteils pratique peut-être depuis 10 ans — ou elle est naturellement hyperlaxe (ce qui, soit dit en passant, est un facteur de risque de blessure, pas un avantage). Votre pratique est la vôtre. Point.
2. Retenir sa respiration
Quand une posture est difficile, le réflexe est de bloquer le souffle. C'est exactement le contraire de ce qu'il faut faire : la respiration continue est ce qui permet au corps de se détendre dans l'effort. Si vous ne respirez plus, vous forcez trop.
3. Forcer la souplesse
Le yoga développe la souplesse — il ne la requiert pas. Forcer une posture au-delà de votre amplitude actuelle est le chemin le plus court vers la blessure. Travaillez à 70-80 % de votre capacité maximale — jamais à 100 %.
4. Négliger l'échauffement
Même en yoga « doux », le corps a besoin d'être préparé. Quelques minutes de mouvements articulaires (rotations de poignets, chevilles, cou, hanches) avant les postures protègent les articulations.
5. Sauter Savasana
Partir avant la relaxation finale, c'est comme arrêter un repas avant le dessert — sauf que le « dessert » est la partie où le système nerveux intègre tous les bienfaits de la séance. Restez. Même si ça vous semble « ne rien faire ». Surtout si ça vous semble « ne rien faire ».
6. Pratiquer avec douleur
Inconfort ≠ douleur. L'étirement crée un inconfort supportable. La douleur aiguë, brûlante ou en coup de poignard est un signal d'alarme. Si une posture fait mal, sortez-en immédiatement.
7. Vouloir progresser trop vite
Le yoga n'est pas un sport de compétition. Il n'y a pas de « niveau » à atteindre, pas de posture à « débloquer » dans un délai donné. La progression vient avec la régularité — pas avec l'intensité. Deux séances de 20 minutes par semaine valent mieux qu'un marathon d'une heure tous les quinze jours.
8. Choisir le mauvais cours
Un cours de power yoga quand on n'a jamais fait de yoga, c'est comme courir un semi-marathon sans avoir jamais joggé. Commencez par le bon niveau — l'ego s'en remettra, les ligaments moins.
Votre première routine : 20 minutes pour commencer
Voici une séquence de 20 minutes que vous pouvez pratiquer chez vous, le matin ou le soir, avec un simple tapis.
- Respiration abdominale assise — 2 minutes. Assise en tailleur ou sur une chaise, les yeux fermés. 4 temps d'inspiration, 6 temps d'expiration
- Chat-vache (Marjaryasana-Bitilasana) — 1 minute. À quatre pattes, alternez entre dos creux (inspiration) et dos rond (expiration). Mobilise la colonne en douceur
- Chien tête en bas — 5 respirations. Poussez les hanches vers le ciel, allongez la colonne. Genoux fléchis si nécessaire
- Guerrier I (côté droit) — 5 respirations. Fente avant, bras levés
- Guerrier II (côté droit) — 5 respirations. Ouvrez les bras à l'horizontale
- Chien tête en bas — 3 respirations (transition)
- Guerrier I (côté gauche) — 5 respirations
- Guerrier II (côté gauche) — 5 respirations
- Triangle (côté droit puis gauche) — 5 respirations chaque côté
- Arbre (côté droit puis gauche) — 5 respirations chaque côté
- Cobra — 3 respirations, 2 répétitions
- Posture de l'enfant — 1 minute de repos
- Papillon allongé — 2 minutes
- Savasana — 3 minutes minimum. Les yeux fermés. Ne faites rien
Fréquence recommandée : 3 à 4 fois par semaine. La régularité prime sur la durée — 20 minutes quotidiennes sont plus efficaces que 90 minutes hebdomadaires. Le corps apprend par la répétition, pas par l'intensité ponctuelle.
Intégrer le yoga dans un quotidien chargé
Le principal obstacle au yoga n'est pas la souplesse — c'est le temps. Voici des stratégies concrètes pour intégrer la pratique dans un emploi du temps chargé.
Le yoga du matin : 10 minutes qui changent la journée
Réglez votre réveil 15 minutes plus tôt. Déroulez votre tapis (laissez-le sorti la veille — la friction de devoir le chercher suffit à saboter la motivation). 5 minutes de salutations au soleil + 5 minutes de respiration. C'est court, c'est efficace, et l'effet sur le cortisol matinal est mesurable dès la deuxième semaine.
Le yoga de bureau : micro-pauses posturales
Toutes les 90 minutes, 3 gestes de 30 secondes : rotation du cou, étirement des épaules (bras croisé devant la poitrine), torsion assise (main sur le genou opposé). Ce n'est pas du yoga au sens strict — c'est de la maintenance posturale. Et ça prévient les douleurs cervicales et lombaires que 8 heures d'écran créent.
Le yoga du soir : 5 minutes pour dormir
Posture de l'enfant (1 min) + papillon allongé (2 min) + jambes au mur (2 min). Cette micro-séquence active le parasympathique et prépare le corps au sommeil. Pas de posture dynamique le soir — le cortisol remonterait.
La règle des 2 minutes
Si vous n'avez « pas le temps » : posez-vous et faites 2 minutes de respiration abdominale. Deux minutes. C'est mieux que zéro. Et souvent, les 2 minutes se transforment en 10 — parce que le corps demande la suite.
FAQ — Yoga débutante
Je ne suis pas souple du tout. Puis-je faire du yoga ?
Oui. Dire « je ne suis pas assez souple pour le yoga » revient à dire « je suis trop sale pour prendre une douche ». Le yoga développe la souplesse — il ne la requiert pas. Utilisez des blocs et des sangles pour adapter chaque posture à votre corps actuel. La souplesse viendra avec la pratique.
Le yoga fait-il maigrir ?
Le yoga n'est pas un exercice de haute intensité calorique (sauf le power yoga). Cependant, des études montrent que les pratiquantes régulières de yoga ont un IMC plus bas — non pas parce que le yoga « brûle des calories », mais parce qu'il développe la conscience corporelle et réduit l'alimentation émotionnelle (Neumark-Sztainer et al., 2018). L'effet est indirect mais réel.
Peut-on faire du yoga enceinte ?
Oui, avec des adaptations. Le yoga prénatal est spécifiquement conçu pour chaque trimestre. Évitez les torsions profondes, les postures sur le ventre et les inversions après le premier trimestre. Choisissez un cours labellisé « prénatal » avec un prof formé — pas un cours standard adapté « à l'oral ».
Le yoga est-il une religion ?
Non. Le yoga a des racines philosophiques dans les traditions indiennes, mais sa pratique moderne en Occident est séculière. Vous n'avez pas besoin d'adhérer à une croyance spirituelle pour bénéficier du yoga. Si un cours vous met mal à l'aise avec des injonctions spirituelles, changez de cours — pas de yoga.
Combien de fois par semaine faut-il pratiquer ?
Pour des résultats mesurables : 3 fois par semaine minimum, 20 à 45 minutes par séance. Mais même une séance hebdomadaire produit des effets positifs sur le stress et la souplesse. La meilleure fréquence est celle que vous maintiendrez durablement.
Peut-on se blesser en yoga ?
Oui, si l'on force au-delà de ses limites ou si l'alignement est incorrect. Les blessures les plus fréquentes en yoga : poignets (chien tête en bas mal exécuté), genoux (postures assises avec rotation forcée), bas du dos (flexions avant avec dos rond). La prévention : écouter son corps, utiliser des accessoires, et ne jamais forcer une posture douloureuse.
Quel est le meilleur moment de la journée pour pratiquer ?
Le matin à jeun (ou après un léger en-cas) est traditionnellement recommandé — le corps est reposé, l'estomac vide, et la pratique donne le ton de la journée. Le soir convient aussi, avec des postures plus douces (yin, restauratif). Évitez de pratiquer dans les 2 heures suivant un repas copieux.
Sources et références
- INSERM – Évaluation des pratiques complémentaires : yoga
- OMS – Recommandations mondiales sur l'activité physique, 2020
- Harvard Medical School – Yoga: Benefits Beyond the Mat
- Journal of Clinical Psychology – Yoga for Anxiety and Depression: Meta-Analysis, 2023
- Pascoe et al. – Yoga, Stress and Cortisol, Psychoneuroendocrinology, 2017
- Saper et al. – Yoga vs Physical Therapy for Chronic Low Back Pain, Annals of Internal Medicine, 2017
- Gerritsen & Band – Breath of Life: Respiratory Vagal Stimulation, 2018
- Cramer et al. – Yoga for Hypertension, Mayo Clinic Proceedings, 2014