Le 20 août 1922, 20 000 spectateurs se pressaient au stade Pershing, à Paris, pour regarder des femmes courir, sauter et lancer. Face à eux, une Nantaise de 38 ans prononçait une phrase, rapportée par Amnesty International, que le Comité international olympique (CIO) n'avait aucune envie d'entendre : « Je déclare ouverts les premiers Jeux olympiques féminins du monde. » On répète pourtant, chaque printemps avec Roland-Garros, que le sport féminin de haut niveau serait une conquête récente — née avec la télévision, les années 1970 et, pour finir, la parité des Jeux de Paris 2024. C'est faux, et de loin.
En 1919, trois ans avant ces Jeux féminins, une Française de 20 ans avait gagné Wimbledon sans corset ni jupons. En 1948, une pianiste sortie du Conservatoire de Paris rapportait deux médailles d'or olympiques de Londres. Ce qui est récent, ce n'est pas le sport des femmes — c'est l'habitude de s'en souvenir.
Je l'avoue : pendant longtemps, « Lenglen » n'a été pour moi qu'un nom de court, entendu entre deux jeux à la télévision. En préparant cet article, j'ai découvert des femmes qui se battaient sur trois fronts à la fois — contre leurs adversaires, contre les fédérations, contre une presse qui les trouvait déplacées. Voici ces pionnières françaises, ce que chacune a changé et où retrouver leurs traces. Que vous suiviez Roland-Garros depuis votre canapé ou que vous cherchiez l'élan pour vous remettre au sport, elles ont quelque chose à vous dire.
Pourquoi les pionnières du sport sont-elles si peu connues ?
Les pionnières du sport sont peu connues parce que les institutions qui ont écrit son histoire les ont d'abord exclues, puis oubliées. Le premier obstacle porte un nom célèbre : Pierre de Coubertin, le rénovateur des Jeux olympiques modernes. En 1912, dans un texte intitulé « Les femmes aux Jeux olympiques », il jugeait une olympiade féminine inintéressante, inesthétique et incorrecte. Le rôle des femmes aux Jeux, écrivait-il, devait être — comme le rappelle Radio-Canada dans son histoire des femmes aux Jeux olympiques — « de couronner les vainqueurs ».
Les femmes n'ont pas attendu sa permission. Elles étaient 22 aux Jeux de Paris en 1900 (certaines, selon la même source, ignoraient même qu'elles participaient aux Jeux olympiques). La Britannique Charlotte Cooper y a remporté le tournoi de tennis, devenant la première femme sacrée championne olympique dans une épreuve individuelle. La Suissesse Hélène de Pourtalès avait gagné avant elle, le 22 mai 1900, en voile, au sein d'un équipage : c'est elle que le Guinness World Records retient comme la première championne olympique. La place des femmes reste marginale pendant un quart de siècle. En 1924, toujours à Paris, 135 femmes figurent parmi les 3 089 athlètes — à peine plus de 4 %.
Le deuxième obstacle est plus discret : l'oubli. Les Jeux mondiaux féminins d'Alice Milliat ont été supprimés après son retrait, en 1935. Son œuvre, écrit Amnesty International, « disparaît des mémoires ». Le troisième obstacle tient à la presse de l'époque, qui préférait souvent le sarcasme au compte rendu. Le récit du 800 m olympique de 1928 — déformé de bout en bout par des journalistes — en reste l'exemple le plus lourd de conséquences.
Résultat : des noms qui survivent sur des courts, des stades et des plaques de rue, mais dont les histoires se sont perdues. Chacune de ces femmes a déplacé une frontière précise (un vêtement, un règlement, une distance, le droit de jouer sous licence). Et vous profitez de ces frontières-là chaque fois que vous enfilez une tenue de sport.
Suzanne Lenglen, première star mondiale du tennis
Suzanne Lenglen a été la première joueuse de tennis à remplir les tribunes sur son seul nom. D'après sa fiche à l'International Tennis Hall of Fame, elle a gagné le simple dames de Wimbledon six fois (1919, 1920, 1921, 1922, 1923 et 1925). Elle remporte aussi les deux premiers Championnats de France ouverts aux joueuses étrangères, en 1925 et en 1926, après y avoir gagné quatre titres en simple quand le tournoi était encore réservé aux Français. Le Hall of Fame la classe numéro un mondiale six années de suite, de 1921 à 1926.
Aux Jeux d'Anvers, en 1920, elle rapporte deux médailles d'or — en simple, et en double mixte avec Max Decugis — ainsi qu'un bronze en double dames avec Élisabeth d'Ayen. Entre 1919 et 1926, elle ne perd qu'un seul match. C'est un abandon très discuté, face à Molla Mallory, aux Championnats des États-Unis de 1921. Le site de Roland-Garros additionne 81 titres en simple, 73 en double et 87 en double mixte. Il rappelle aussi qu'elle a été la première Française admise au Hall of Fame (en 1978, à titre posthume).
Ce qui change avec elle tient moins aux chiffres qu'au statut. Lenglen fait du tennis féminin un spectacle qu'on paie pour voir, puis un métier. Roland-Garros la présente comme « la première joueuse de tennis professionnelle de l'Histoire du sport ». En 1926, elle passe professionnelle et bat Mary K. Browne 38 fois de suite lors de la première tournée féminine (selon le Hall of Fame).
Cette liberté a un prix. À Wimbledon, en 1926, fatiguée et furieuse qu'on ait déplacé l'horaire de son match, elle refuse de jouer — alors que la reine Mary est venue exprès pour la voir. Le site anglophone du tournoi raconte que l'incident écourte sa carrière et que son adhésion à la Fédération française de tennis est annulée à vie. Suzanne Lenglen meurt le 4 juillet 1938, à 39 ans, d'une grave maladie du sang (une anémie pernicieuse).
La jupe plissée de Suzanne Lenglen, une question de liberté de mouvement
La tenue de Suzanne Lenglen n'était pas un caprice de mode, c'était un avantage sportif. Roland-Garros raconte qu'à tout juste 20 ans, elle entre sur le court maquillée, en manches courtes, avec une jupe plissée « juste au dessous du genou ». Pas de corset, pas de jupons. La jupe est dessinée par Jean Patou, dont elle devient l'égérie. Le Hall of Fame ajoute qu'elle a été la première joueuse à se débarrasser des sous-vêtements encombrants — robes de soie coupées au-dessus du mollet (un tabou à l'époque), bras nus, cheveux courts, rouge à lèvres vif.
Pourquoi est-ce si important ? Parce qu'on ne court pas après une amortie en corset. Le tournoi décrit un jeu « fondé sur la puissance, la vitesse et la danse ». Ce jeu exigeait des sauts, des fentes et des smashs que les tenues longues rendaient presque impossibles. En retirant des couches de tissu, Lenglen a montré ce que les femmes pouvaient faire sur un court quand on les laissait bouger. À ce moment-là, le corps des sportives cesse d'être un décor pour devenir un outil.
L'audace a laissé un héritage durable. La jupe plissée « s'impose encore de nos jours dans tous les vestiaires sportswear digne de ce nom », écrit Roland-Garros. L'architecte Dominique Perrault a même dessiné le toit du court Suzanne-Lenglen comme un grand plissé, en hommage à la championne. Une brassière ou un legging choisis parce qu'ils laissent bouger doivent encore quelque chose à cette bataille vieille d'un siècle.
Alice Milliat, l'organisatrice qui a forcé la porte des Jeux olympiques
Alice Milliat a fait entrer l'athlétisme féminin aux Jeux olympiques en organisant des Jeux rivaux, quand le CIO refusait de l'écouter. Née à Nantes en 1884, dans un milieu plutôt modeste, elle pratique l'aviron, la natation, le hockey et le football (rappelle la métropole de Nantes). En 1915, elle prend la présidence de Fémina Sport, un club omnisports féminin. Deux ans plus tard, elle cofonde la Fédération des sociétés féminines sportives de France. Quand elle demande au CIO des épreuves féminines d'athlétisme pour les Jeux d'Anvers de 1920, elle essuie un refus.
Sa conviction tient en une phrase, rapportée par la chronique qu'Amnesty International lui a consacrée en juillet 2024 : « le sport féminin a sa place dans la vie sociale au même titre que le sport masculin ». En octobre 1921, elle fonde la Fédération sportive féminine internationale (FSFI). Le 20 août 1922, au stade Pershing, elle ouvre les premiers Jeux olympiques féminins devant 20 000 spectateurs. Des sportives de cinq pays — Angleterre, États-Unis, France, Suisse et Tchécoslovaquie — s'y affrontent sur 11 épreuves.
Le succès populaire n'empêche ni les sarcasmes de la presse ni la colère des instances sportives, toutes dirigées par des hommes. Contrainte d'abandonner le mot « olympique », Alice Milliat rebaptise sa compétition « Jeux mondiaux féminins ». Elle la maintient en Suède (1926), à Prague (1930) et à Londres (1934). L'édition suédoise a tant de succès que le CIO, inquiet de perdre le contrôle, intègre cinq épreuves féminines aux Jeux d'Amsterdam de 1928 — avec Alice Milliat dans le jury. World Athletics le confirme dans ses archives : un accord entre la FSFI, le CIO et la fédération internationale d'athlétisme a ouvert ces premières épreuves aux femmes.
La suite est moins glorieuse. Le CIO refuse d'autres épreuves, les subventions sont supprimées, sa gestion est attaquée. Malade, Alice Milliat renonce en 1935. Elle meurt à Paris en 1957 et repose au cimetière Saint-Jacques de Nantes, dans une tombe où, à sa demande, aucun nom ne figure (selon la métropole). Il faudra attendre une fondation à son nom, créée en 2016, pour que sa mémoire soit de nouveau célébrée.
Pourquoi le 800 m féminin a-t-il disparu des Jeux pendant 32 ans ?
Le 800 m féminin a disparu des Jeux olympiques de 1928 à 1960 à cause d'un récit faux. Le 2 août 1928, à Amsterdam, neuf femmes prennent le départ de la première finale olympique de la distance. L'Allemande Lina Radke prend la tête à 300 m de l'arrivée. Elle gagne avec trois mètres d'avance sur la Japonaise Kinue Hitomi, en 2 min 16 s 8 — et améliore son propre record du monde. Selon la notice patrimoniale de World Athletics consacrée à Lina Radke, une seule coureuse s'est effondrée après la course.
Les journaux ont pourtant raconté une tout autre histoire. Colleen English, enseignante-chercheuse en kinésiologie à Penn State Berks, a recensé ces comptes rendus. Knute Rockne — entraîneur de football américain, envoyé à Amsterdam comme correspondant — affirmait que seules six femmes avaient terminé, et que cinq s'étaient effondrées. Le New York Times voyait six coureuses tomber de tout leur long sur la piste. Le Times de Londres jugeait la course dangereuse. En réalité, les neuf partantes ont franchi la ligne, et six ont couru plus vite que l'ancien record du monde.
Les conséquences, elles, ont été bien réelles. Quelques jours après la finale, la fédération internationale d'athlétisme vote la suppression du 800 m féminin. L'épreuve ne revient qu'à Rome, en 1960. Trente-deux ans. Des générations de coureuses ont été privées de la distance au nom d'une fragilité que la course venait de démentir.
Cette histoire dépasse l'athlétisme. Une croyance sur le corps des femmes (trop fragile, pas fait pour l'endurance) peut survivre aux faits pendant des décennies, portée par des témoins qui savaient d'avance ce qu'ils allaient voir. Un siècle plus tard, la fédération française d'athlétisme compte presque autant de femmes que d'hommes (48 % de licenciées en 2022, d'après l'Insee). La fragilité n'était pas dans les jambes des coureuses — elle était dans le regard porté sur elles.
Micheline Ostermeyer, deux titres olympiques et un premier prix de piano
Micheline Ostermeyer est la preuve qu'une sportive de haut niveau n'a pas à choisir une seule identité. Née en 1922, elle grandit à Tunis dans une famille de musiciens. Sa mère, pianiste et professeure de piano, lui fait découvrir l'instrument dès ses quatre ans ; elle donne ses premiers concerts à 12 ans. Sa famille l'envoie ensuite au Conservatoire de Paris, dont elle sort avec le premier prix de piano en 1946 — raconte le portrait que la RTBF lui a consacré en août 2024.
Le goût du sport lui vient de son père. Elle commence par le basket, puis s'impose en athlétisme dans des disciplines que presque tout oppose : saut en hauteur, sprint, disque, poids, pentathlon. La RTBF lui attribue 134 titres nationaux. Concilier les deux passions n'avait rien d'évident. Au lancer du poids, elle devait protéger ses mains et ses doigts de pianiste.
Aux Jeux de Londres, en 1948, elle a 26 ans et se présente dans trois épreuves. Elle en revient avec trois médailles — l'or au disque, l'or au poids, le bronze en hauteur —, soit trois des 29 médailles françaises de ces Jeux. Le soir de son titre au poids, elle improvise un concert pour la délégation française. Au programme : du Beethoven. La RTBF la présente comme la première femme médaillée au lancer du poids olympique (l'épreuve venait de s'ouvrir aux femmes).
Elle arrête le sport au début des années 1950 pour se consacrer au piano, puis à l'enseignement. En 1999, elle enregistre son premier album (Fauré, Debussy, Brahms, Scriabine, Rachmaninov). Elle meurt deux ans plus tard, à 78 ans. Ce qu'elle a changé est plus subtil qu'un record : elle a montré, sans discours, qu'on pouvait être lanceuse de poids et pianiste concertiste — puissante et raffinée — sans que l'un efface l'autre.
Le football a-t-il vraiment été interdit aux Françaises ?
Oui : le football féminin a été interdit en France en 1941, près de trente ans après ses premiers matchs, et la fédération ne l'a reconnu qu'en 1970. Le rapport d'information du Sénat publié avant la Coupe du monde 2019 fait remonter sa pratique à 1912 en France. Il rappelle qu'un véritable engouement s'est manifesté pendant la guerre de 1914-1918 — avec des matchs féminins qui attiraient un public nombreux des deux côtés de la Manche.
Les critiques sont arrivées aussi vite que le public. Le même rapport cite ces propos d'un journaliste sportif, publiés en 1925 : « Que les jeunes filles fassent du sport entre elles, dans un terrain rigoureusement clos, inaccessible au public : oui, d'accord. Mais qu'elles se donnent en spectacle, à certains jours de fête, où sera convié le public, qu'elles osent même courir après un ballon dans une prairie qui n'est pas entourée de murs épais, voilà qui est intolérable ! » S'y ajoutait une crainte tenace : celle d'un risque de stérilité.
La pratique décline dès les années 1920, jusqu'à l'interdiction pure et simple. Le 27 mars 1941, le régime de Vichy interdit le football aux femmes « au nom de la protection de la maternité ». La mesure vise aussi les sports de combat, le rugby et le cyclisme de compétition. Le renouveau vient des années 1960, et la Fédération française de football ne reconnaît le football féminin qu'en mars 1970. La première compétition européenne féminine date de 1982 ; la première Coupe du monde féminine de la FIFA, de 1991.
Ces footballeuses ont gagné le droit de jouer sous licence de la fédération. Il reste du chemin. Selon l'Insee, la part des femmes n'excède pas 15 % des licences dans les fédérations de football, de cyclisme et de tennis de table. Hasard ou héritage ? Deux des sports interdits aux femmes en 1941 figurent encore parmi les moins féminisés du pays.
Ce que chacune de ces pionnières a changé pour le sport féminin
Chaque pionnière de cet article a déplacé une frontière précise. Le tableau les résume, avec la date clé et ce qu'il en reste aujourd'hui.
| Pionnière | Date clé | Frontière déplacée | Ce qu'il en reste |
|---|---|---|---|
| Suzanne Lenglen | 1919 à 1926 | Le tennis féminin devient un spectacle, puis un métier ; la tenue libère le mouvement. | Un court et la coupe du simple dames à son nom à Roland-Garros. |
| Alice Milliat | 1922, puis 1928 | Des Jeux féminins organisés par des femmes, puis l'athlétisme féminin aux Jeux olympiques. | Des épreuves féminines d'athlétisme à chaque olympiade. |
| Les finalistes du 800 m | 1928 | La preuve que les femmes courent le demi-fond. | Le 800 m féminin, rétabli à Rome en 1960. |
| Micheline Ostermeyer | 1948 | Deux titres olympiques en lancers, menés de front avec le piano. | L'idée qu'une sportive n'a pas à choisir une seule identité. |
| Les footballeuses | 1912 à 1970 | Le droit de jouer sous licence de la fédération. | Un football féminin reconnu par la fédération depuis 1970. |
Aucune de ces avancées n'a été offerte : chacune a été obtenue de haute lutte, parfois au prix d'une carrière écourtée ou d'une œuvre oubliée. Ces histoires prouvent que les règles du sport ont toujours été discutables — et discutées. Pour replacer ces combats dans l'histoire plus large des droits des femmes, notre état des lieux du féminisme aujourd'hui fait le point sur ce qui reste à obtenir.
Où en est l'égalité entre femmes et hommes dans le sport aujourd'hui ?
L'égalité entre femmes et hommes dans le sport a beaucoup progressé au sommet, et nettement moins à la base. Au sommet, les symboles sont là. Les Jeux de Paris 2024 ont réuni 10 500 athlètes, pour la première fois à parité (selon le premier bilan du ministère des Sports). À Roland-Garros, la parité des gains est acquise depuis 2007. Le 16 mars de cette année-là, le président de la Fédération française de tennis, Christian Bîmes, annonçait : « En 2007, la parité sera totale. » Le tournoi devenait le dernier Grand Chelem à franchir le pas — 34 ans après l'US Open, rapporte Tennis Majors.
À la base, le tableau est plus nuancé. L'étude de l'Insee sur les licences des fédérations olympiques montre qu'en 2022, une licence sur trois seulement est détenue par une femme. La part des femmes dépasse 80 % en danse, en équitation et en gymnastique. Elle frôle la parité en athlétisme (48 %), mais n'excède pas 15 % en football, en cyclisme et en tennis de table. La tendance est encourageante : depuis 2017, les licences féminines ont augmenté de 5 %, quand celles des hommes et des garçons reculaient de 2 %.
Le même écart se mesure à l'échelle mondiale. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) estime que les femmes sont moins actives que les hommes de 5 points en moyenne — un écart qui n'a pas bougé depuis 2000. Chez les 11-17 ans, 84 % des adolescentes ne suivent pas les recommandations d'activité physique (contre 78 % des garçons). Les pionnières ont ouvert les portes des stades ; il reste à faire entrer les filles et les femmes dans les clubs, les piscines et sur les pistes.
La parité des gains à Roland-Garros ne dit rien, en revanche, des autres sports ni des autres métiers. Pour la question plus large, les vrais chiffres de l'écart salarial entre femmes et hommes montrent que l'écart se prolonge bien au-delà des terrains.
Sur les traces des pionnières du sport français
Les traces des pionnières du sport français se trouvent d'abord à Roland-Garros. Le deuxième plus grand court du stade porte le nom de Suzanne Lenglen. Le trophée remis chaque année à la gagnante du simple dames s'appelle la Coupe Suzanne-Lenglen. Si vous suivez la quinzaine à la télévision, le nom revient à chaque match programmé sur ce court — une bonne occasion de raconter à qui regarde avec vous qui était « la Divine ».
Alice Milliat a retrouvé une place dans l'espace public, non sans détours. Les dix statues de femmes présentées lors de la cérémonie d'ouverture des Jeux de Paris 2024 (dont la sienne) ont été exposées à l'Assemblée nationale du 23 septembre au 5 octobre 2024, selon ici, l'ex-France Bleu. À Nantes, une résidence universitaire porte son nom depuis 2005, la Maison des sports de Loire-Atlantique depuis 2020. L'hommage parisien, lui, a tourné court. L'Arena de la porte de la Chapelle devait porter son nom ; elle a été rebaptisée Adidas Arena, et le nom de la pionnière a été donné à une simple esplanade (souligne Amnesty International).
Pour Micheline Ostermeyer, la trace la plus vivante reste sa musique : l'album de 1999 fait entendre la pianiste derrière la lanceuse. Quant aux footballeuses, leur héritage se voit chaque week-end — dans chaque équipe féminine inscrite dans un championnat de la Fédération française de football, une reconnaissance que la fédération refusait aux joueuses avant 1970.
Questions fréquentes
Qui a été la première femme championne olympique ?
La Suissesse Hélène de Pourtalès, sacrée en voile le 22 mai 1900 avec son équipage, selon le Guinness World Records. La première championne dans une épreuve individuelle est la Britannique Charlotte Cooper, victorieuse du tournoi de tennis le 11 juillet 1900.
Suzanne Lenglen a-t-elle été championne olympique ?
Oui. Aux Jeux d'Anvers, en 1920, elle a remporté l'or en simple et en double mixte (avec Max Decugis), ainsi que le bronze en double dames, selon l'International Tennis Hall of Fame.
Pourquoi le trophée féminin de Roland-Garros s'appelle-t-il la Coupe Suzanne-Lenglen ?
Il rend hommage à Suzanne Lenglen, six fois gagnante de Wimbledon, victorieuse des Championnats de France internationaux de 1925 et 1926, et première joueuse professionnelle de l'histoire selon le tournoi. Le deuxième plus grand court du stade porte aussi son nom.
Qui était Alice Milliat ?
Une sportive et dirigeante nantaise (1884-1957). Elle a fondé la Fédération sportive féminine internationale en 1921, organisé les premiers Jeux olympiques féminins à Paris en 1922, et obtenu cinq épreuves féminines aux Jeux d'Amsterdam de 1928.
Pourquoi le 800 m féminin a-t-il été retiré des Jeux olympiques ?
Après la finale de 1928, des journaux ont décrit à tort des coureuses effondrées. Les neuf partantes avaient terminé, et une seule s'est effondrée après la ligne selon World Athletics. L'épreuve a quand même été supprimée jusqu'en 1960.
Le football a-t-il vraiment été interdit aux femmes en France ?
Oui. Le 27 mars 1941, le régime de Vichy l'a interdit aux femmes au nom de la protection de la maternité, comme les sports de combat, le rugby et le cyclisme de compétition. La Fédération française de football ne l'a reconnu qu'en mars 1970.
Les joueuses gagnent-elles autant que les joueurs à Roland-Garros ?
Oui, depuis 2007. Roland-Garros a été le dernier tournoi du Grand Chelem à adopter l'égalité des gains, 34 ans après l'US Open.
Combien de temps d'activité physique faut-il par semaine pour sa santé ?
L'OMS recommande aux adultes au moins 150 minutes d'activité physique d'intensité modérée par semaine. Elle estime qu'environ 31 % des adultes dans le monde n'atteignent pas ce niveau.
Sources
- Guinness World Records — First Olympic champion (female)
- Radio-Canada — Les femmes, ces « indésirables » aux Jeux olympiques (2024)
- International Tennis Hall of Fame — Suzanne Lenglen
- Roland-Garros — Suzanne Lenglen : vous avez dit icône ? (2021)
- Roland-Garros — Suzanne Lenglen, the first diva of tennis (2018)
- Nantes Métropole — Alice Milliat, pionnière du sport féminin (2024)
- Amnesty International France — Alice Milliat (2024)
- World Athletics — Heritage Plaque : Lina Radke
- Colleen English, Sport in American History — le 800 m féminin de 1928 (2015)
- RTBF — Micheline Ostermeyer, athlète et pianiste concertiste (2024)
- Sénat — Mondial 2019 : Vive les footballeuses ! (2019)
- Insee Première n° 1992 — Licences sportives des fédérations olympiques (2024)
- Ministère des Sports — Premier bilan des Jeux de Paris 2024 (2024)
- Tennis Majors — Roland-Garros et l'égalité des prix (2025)
- ici — Les dix statues exposées à l'Assemblée nationale (2024)
- OMS — Activité physique, principaux repères (2024)